Le FMI invite le Burkina Faso à doper son plan de mobilisation des ressources intérieures et de la maîtrise rigoureuse des dépenses publiques

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(CROISSANCE AFRIQUE)-Au Burkina Faso, la situation économique est particulièrement préoccupante, surtout dans un contexte international où l’endettement des nations, les tensions géopolitiques croissantes et le recul significatif de l’aide au développement se font sentir. Dans ce cadre difficile, le Fonds monétaire international (FMI) souligne l’importance cruciale de la mobilisation des ressources intérieures et de la maîtrise rigoureuse des dépenses publiques.

Ce constat est d’autant plus alarmant que la pression sur les finances publiques s’intensifie, un des principaux enseignements du rapport annuel 2026 du FMI, qui se penche sur un monde de plus en plus exposé à des chocs économiques et sociaux fréquents et déstabilisants. Le rapport indique que la dette publique mondiale est en train de remonter, après une période de recul temporaire observée suite à la pandémie de COVID-19. Cette remontée s’accompagne d’une hausse des coûts de financement, d’une augmentation des dépenses liées à la sécurité, ainsi que de perturbations dans le commerce international, qui ensemble, réduisent considérablement les marges de manœuvre budgétaires des États.

Pour les pays à faible revenu, comme le Burkina Faso, la situation est d’autant plus délicate. En effet, la contraction de l’aide au développement se produit à un moment où les besoins de financement restent cruciaux pour soutenir les infrastructures, la santé, et l’éducation, des secteurs essentiels pour le développement durable et la stabilité sociale. Le FMI estime que l’augmentation de l’endettement dans ces pays pourrait avoir des conséquences dramatiques sur leur capacité à répondre aux défis économiques et sociaux, aggravant ainsi les inégalités et freinant le progrès vers un avenir plus prospère.

Face à cette situation complexe et pressante, l’institution préconise une hiérarchisation stricte des priorités budgétaires, soulignant ainsi la nécessité d’une approche méthodique et réfléchie dans la gestion des ressources financières. Elle encourage les États à mobiliser davantage leurs recettes, ce qui implique non seulement une augmentation des impôts et des taxes, mais aussi une optimisation des systèmes de collecte existants. Cela permettrait de dégager des marges financières substantielles pour financer des investissements structurants, qui sont cruciaux pour le développement durable des nations. Parmi ces investissements, on trouve des domaines essentiels tels que les infrastructures numériques, qui sont devenues le socle de l’économie moderne, l’éducation, qui façonne l’avenir des générations à venir, et les dispositifs de protection sociale, qui garantissent un filet de sécurité pour les populations vulnérables.

Cette recommandation revêt un intérêt particulier pour le Burkina Faso, un pays en pleine mutation, et plus largement pour les économies ouest-africaines qui se trouvent confrontées à la nécessité de financer leur développement dans un environnement extérieur incertain et souvent instable. Dans ce contexte, le renforcement des recettes intérieures apparaît comme une stratégie clé pour réduire la dépendance aux financements extérieurs, qui peuvent être volatils et imprévisibles. En augmentant leur autonomie financière, les États peuvent accroître leur capacité à répondre aux crises économiques, sanitaires ou environnementales, tout en soutenant une croissance inclusive et durable.

Le FMI souligne d’ailleurs que, dans les pays à faible revenu, son expertise en matière de mobilisation des recettes a joué un rôle déterminant pour compenser la baisse de l’aide au développement, qui a été particulièrement marquée ces dernières années. L’institution insiste également sur l’importance d’une meilleure efficacité dans la gestion des ressources publiques, afin de garantir que chaque euro dépensé contribue réellement à des résultats tangibles pour les citoyens. En somme, cette approche proactive et stratégique en matière de gestion budgétaire pourrait transformer les défis en opportunités, permettant ainsi aux pays de la région de bâtir un avenir plus résilient et prospère.

Au-delà des simples considérations liées aux finances publiques, le rapport du Fonds Monétaire International (FMI) met également en lumière l’importance cruciale du développement des capacités institutionnelles au sein des pays membres. Pour l’exercice 2026, le FMI a alloué une somme significative de 400 millions de dollars spécifiquement dédiée à l’assistance technique et à la formation, touchant divers domaines essentiels tels que les finances publiques, les statistiques, les systèmes financiers et les politiques économiques. Cette initiative vise à renforcer les compétences et les infrastructures nécessaires pour une gestion efficace des ressources. Notamment, l’Afrique subsaharienne se distingue en représentant 36 % de ces activités de développement des capacités, soulignant ainsi l’engagement du FMI envers cette région.

Pour le Burkina Faso, ainsi que pour ses voisins ouest-africains, le message véhiculé par le FMI est d’une clarté frappante : dans un contexte où les financements extérieurs deviennent de plus en plus difficiles à mobiliser, la résilience économique et sociale des nations passera inévitablement par leur capacité à mobiliser efficacement les ressources nationales. Cela implique non seulement une gestion rigoureuse des finances publiques, mais également une orientation stratégique des dépenses vers des secteurs qui favoriseront le développement durable et la croissance. Notons que le rapport souligne que la clé de la prospérité future réside dans la capacité des pays à s’appuyer sur leurs propres ressources et à développer des institutions solides qui peuvent soutenir cette transition.

Korotoumou Sylla

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