(CROISSANCE AFRIQUE)-Le Fonds monétaire international (FMI) a annoncé, mercredi 8 avril, un accord de principe pour le décaissement de 183 millions de dollars en faveur de Madagascar, « sous réserve d’un accord avec les autorités […] et de l’approbation ultérieure par le conseil d’administration du FMI », indique l’institution.
Cette décision s’inscrit dans le cadre des troisième et quatrième revues de l’accord au titre de la Facilité élargie de crédit (FEC) et de la Facilité pour la résilience et la durabilité (FRD). En juin 2024, le FMI avait approuvé ces deux instruments de financement pour un montant cumulé de 658 millions. Ces fonds visent à stimuler la productivité agricole, à améliorer l’accès à l’électricité, à renforcer les infrastructures routières et à consolider la gouvernance. Ces discussions interviennent dans un contexte économique tendu, marqué par le passage dévastateur du cyclone Gezani, qui a laissé de nombreuses communautés dans le besoin, et par les répercussions de la guerre au Moyen-Orient, qui ont perturbé l’activité économique et réduit les marges de manœuvre budgétaires du pays.
Les autorités malgaches, conscientes de l’urgence de la situation, travaillent sans relâche pour mettre en œuvre des réformes structurelles nécessaires afin de maximiser l’impact de ces financements. Les enjeux sont considérables, car ils pourraient non seulement aider à la reconstruction des infrastructures endommagées, mais aussi à la création d’emplois et à l’amélioration des conditions de vie des populations vulnérables. Dans ce climat d’incertitude, la coopération entre Madagascar et le FMI revêt une importance cruciale, car elle pourrait ouvrir la voie à un développement durable et à une résilience accrue face aux défis futurs.
Cette décision pourrait être perçue comme un signe de confiance de la part des partenaires internationaux, renforçant ainsi les liens diplomatiques et économiques qui sont cruciaux pour Madagascar. En effet, cette confiance est essentielle pour soutenir les efforts visant à attirer les investisseurs étrangers, qui sont indispensables pour relancer l’économie nationale, particulièrement après les défis récents auxquels le pays a été confronté. Les autorités malgaches, conscientes de l’importance d’un cadre économique stable, prévoient de soumettre début mai un budget rectificatif, conçu non seulement pour soutenir la reprise économique, mais aussi pour consolider les finances publiques, un aspect vital dans un environnement économique incertain.
Dans ce contexte d’incertitude accrue, le Fonds Monétaire International (FMI) insiste sur la nécessité de renforcer la planification d’urgence, un processus qui vise à anticiper et à gérer les crises économiques tout en préservant la crédibilité budgétaire du pays. Cette approche proactive est essentielle pour rassurer les investisseurs et maintenir la confiance des marchés. L’institution recommande également le maintien d’une politique monétaire restrictive, un choix stratégique destiné à contenir les pressions inflationnistes qui pourraient nuire à la stabilité économique. Parallèlement, l’utilisation du taux de change comme amortisseur face aux chocs externes est une mesure prudente qui permet de protéger l’économie nationale des fluctuations imprévues des marchés mondiaux.
De plus, le FMI appelle à rétablir le mécanisme automatique de fixation des prix des carburants, une initiative qui vise à limiter l’impact de la hausse des cours internationaux sur le budget national. Cette mesure est cruciale pour garantir que les ressources financières du pays ne soient pas trop sollicitées par des coûts énergétiques fluctuants, ce qui pourrait autrement compromettre les investissements dans d’autres secteurs clés.
Notons que le gouvernement, dans sa vision à long terme, table sur une croissance de 4,8 % pour 2026, centrée sur cinq priorités stratégiques, dont la transformation agricole, qui est perçue comme un levier essentiel pour dynamiser l’économie et améliorer la sécurité alimentaire.
Korotoumou Sylla

