(CROISSANCE AFRIQUE)-Au Mali, le conflit entre le gouvernement et le canadien Barrick Gold, propriétaire de la mine d’or de Loulo-Gounkoto, représente une escalade significative dans les relations entre le Mali et les acteurs étrangers de l’exploitation minière.
La situation est marquée par des accusations de malversations financières et des tentatives du gouvernement malien de récupérer des sommes considérables, estimées entre 300 et 600 milliards de FCFA, pour des manquements à ses obligations fiscales.
Ainsi, le gouvernement malien accuse Barrick, et en particulier son PDG Mark Bristow, de diverses malversations qui auraient entraîné un manque à gagner pour les finances publiques.Quatre employés de Barrick ont été arrêtés, et un mandat d’arrêt a été émis contre Bristow, amplifiant les tensions entre la société et le gouvernement.
Selon Barrick, les exportations d’or de la mine de Loulo-Gounkoto sont bloquées par l’État malien, ce qui pourrait forcer l’entreprise à suspendre ses opérations. À ce jour, le gouvernement n’a pas confirmé ce blocage, marquant un flou sur l’évolution du conflit.
Il faut signaler que le Mali a récemment adopté un nouveau code minier qui augmente la participation de l’État dans les mines. Cela devrait théoriquement générer des revenus miniers supplémentaires importants. Cependant, cette politique de renforcement des droits de l’État semble créer des frictions avec les compagnies déjà présentes sur le territoire.
Barrick a qualifié les accusations portées contre ses dirigeants d’infondées et exprime son inquiétude face à une série d’actions gouvernementales perçues comme des menaces financières injustifiées. Malgré des tentatives précédentes d’arrangement, l’entreprise signale que les discussions avec le gouvernement ne semblent pas progresser, laissant entendre que la situation pourrait se détériorer davantage.
Aussi, le bras de fer entre le Mali et Barrick Gold souligne des enjeux importants en matière de réglementation minière, de droits des investisseurs et de la nécessité pour les gouvernements de protéger leurs intérêts économiques sans décourager les investissements étrangers.
Si le conflit se pérennise, il pourrait affecter non seulement Barrick, mais également d’autres entreprises opérant dans le secteur minier. Les acteurs déjà en place pourraient craindre des exigences similaires ou des mesures coercitives du gouvernement.
Notons que la résolution de ce conflit nécessitera probablement des négociations de bonne foi entre Barrick et le gouvernement malien, et une clarification des attentes et des obligations de chaque partie.
Pour rappel, ce conflit mérite une attention particulière, car il illustre les défis auxquels sont confrontés les pays riches en ressources naturelles et les multinationales, dans un contexte où les intérêts économiques et la souveraineté nationale peuvent entrer en collision.
Zangouna KONÉ