Marché Financier de l’UMOA : le trésor public du Sénégal obtient près de 126 milliards de FCFA 

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(CROISSANCE AFRIQUE)-Au Sénégal, le trésor public confirme une nouvelle fois sa capacité, déjà bien établie, à mobiliser des ressources financières substantielles sur le marché régional des titres publics de l’Union Monétaire Ouest Africaine (UMOA). En effet, en clôturant la série d’adjudications qui a eu lieu au cours de la semaine écoulée, la ville de Dakar a réussi à boucler, ce 30 janvier, avec succès, une émission simultanée de Bons et d’Obligations Assimilables du Trésor (BAT/OAT). 

Cette opération a permis de lever un montant impressionnant de 125,72 milliards de FCFA, ce qui représente un surplus de 5,72 milliards de FCFA au-delà de l’objectif initial fixé à 120 milliards de FCFA, montrant ainsi une réelle dynamique sur le marché.

Cette performance remarquable témoigne non seulement de la confiance persistante et croissante des investisseurs régionaux dans la signature souveraine sénégalaise, mais elle s’inscrit également dans un contexte économique marqué par des besoins de financement croissants des États et un environnement monétaire qui reste éternellement contraint. Structurée de manière réfléchie autour de quatre instruments financiers, comprenant un BAT d’une durée de 364 jours ainsi que trois OAT de maturités respectives de 3, 5 et 7 ans, l’opération a suscité un vif intérêt, avec une demande globale atteignant 142,09 milliards de FCFA. Cela traduit un taux de couverture exceptionnel de 118,41%, ce qui est un indicateur fort de l’appétit soutenu que les investisseurs ont pour ces titres. Face à cet engouement manifeste, les autorités sénégalaises peuvent se sentir renforcées dans leurs efforts de financement et de développement économique, tout en améliorant la confiance du marché dans leurs capacités à gérer efficacement les ressources publiques.

Dans le détail de l’opération récente sur le marché financier, il est remarquable de constater que les investisseurs ont très largement privilégié les placements à court terme. En effet, le Bon à Taux (BAT) à 364 jours a rassemblé l’essentiel des sommes levées, atteignant un montant impressionnant de 113,31 milliards FCFA mobilisés, accompagné d’un rendement moyen pondéré (RMP) de 7,16%. Cette prédominance du court terme ne fait pas seulement écho à la tendance actuelle des investisseurs, qui semblent favoriser les horizons de placement plus courts, mais elle témoigne également de la capacité remarquable du Trésor à se financer à des conditions maîtrisées et avantageuses sur ce segment, dans un environnement économique qui demeure volatile.

En revanche, les maturités plus longues ont enregistré des volumes de financement sensiblement plus modestes, ce qui soulève des questions sur la confiance des investisseurs dans les engagements à long terme. Par exemple, l’Obligation Assimilable du Trésor (OAT) de 3 ans a permis de lever 8,16 milliards FCFA, avec un RMP affichant 7,82%, tandis que l’OAT de 5 ans a capté seulement 4,24 milliards FCFA à un RMP légèrement inférieur de 7,75%. À noter que l’OAT de 7 ans, quant à elle, n’a enregistré aucune levée, ce qui semble indiquer une prudence accrue de la part des investisseurs concernant les engagements à long terme, surtout dans le contexte actuel des marchés régionaux, où l’incertitude économique plane de manière préoccupante.

Fait notable, cette émission se distingue non seulement par la participation d’investisseurs diversifiés provenant de l’ensemble des 8 pays membres de l’Union Monétaire Ouest-Africaine (UMOA), mais également par le fait qu’elle représente une configuration relativement rare qui illustre de manière frappante l’attractivité régionale considérable de l’opération en question. Ce phénomène est d’autant plus significatif qu’il met en lumière la confiance croissante des investisseurs dans le potentiel économique de la région ouest-africaine. Dans ce contexte, le Bénin se démarque en arrivant en tête des souscriptions avec un impressionnant montant de 22,92 milliards FCFA, témoignant ainsi de la vitalité de son marché financier. Juste derrière, la Côte d’Ivoire, avec un montant de 16,23 milliards FCFA, et le Sénégal, son pays d’origine, qui suit de près avec 12,54 milliards FCFA, démontrent également un intérêt marqué pour cette opération collective, renforçant l’idée que la région s’affirme comme un pôle d’investissement de plus en plus attractif sur le plan international.

Ensuite, de façon notable, le Mali s’est distingué en levant un montant impressionnant de 6,5 milliards de FCFA, suivi de près par le Burkina Faso, qui a réussi à collecter 6 milliards de FCFA, illustrant l’engagement de ces nations dans les initiatives de financement. Toutefois, le Niger se place avec 1 milliard de FCFA, illustrant également sa volonté de participer activement à ce marché. Puis, la Guinée-Bissau, bien qu’avec un montant plus modeste de 0,5 milliard de FCFA, participe néanmoins à cette dynamique régionale, tandis que le Togo, avec 0,06 milliard de FCFA, complète cette liste des États engagés dans ce processus de levée de fonds.

Au-delà des montants levés, il est essentiel de noter que cette adjudication réussie renforce considérablement la position du Sénégal parmi les signatures les plus actives et les plus suivies du marché UMOA-Titres, ce qui est un coup de pouce indéniable pour son image financière. Elle confirme également le rôle central et tournant que joue ce marché régional dans la stratégie de financement des États africains, surtout à une époque où la diversification des sources de financement devient une nécessité critique, ainsi que la gestion précise des maturités financières, des enjeux qui demeurent d’une importance capitale pour garantir la soutenabilité et la santé des finances publiques de chaque nation impliquée.

Abdoulaye KONÉ 

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