(CROISSANCE AFRIQUE)-Aux Nations Unies, le premier ministre du Niger, Ali Mahaman Lamine Zeine, a pris la parole avec une intensité palpable, vendredi, pour aborder la situation préoccupante qui prévaut au Sahel.
À la tribune de la 81ème Assemblée générale des Nations Unies, qui se déroule dans le cadre prestigieux de New York, il a souligné l’urgence et la gravité de la lutte que mène sa nation. « Notre Sahel est en guerre de libération contre une conspiration visant sa recolonisation », a-t-il fustigé, exprimant ainsi une profonde indignation face aux défis auxquels la région est confrontée.
Ainsi, le chef du gouvernement du Nigerien a insisté sur le fait que « ce qui se passe au Sahel n’est ni une simple rébellion armée, ni une guerre de religion, ni une fatalité issue de nos faiblesses ». Ses mots résonnaient avec une clarté et une force qui visaient à éveiller les consciences internationales. Il a expliqué que « ce que d’aucuns appellent terrorisme dans notre région est une ingénierie cynique de recolonisation, habillée des oripeaux de l’extrémisme, mais dont la motivation réelle se trouve ailleurs dans la convoitise d’importantes ressources qu’Allah (S.W.A) a mises dans notre sous-sol ». Cette déclaration a mis en lumière les enjeux géopolitiques et économiques qui sous-tendent les conflits dans cette partie du monde.
Poursuivant son propos, il a estimé que « l’uranium du Niger, l’or du Mali et du Burkina, le lithium, le gaz, le pétrole et tant d’autres richesses continuent de faire saliver les anciennes puissances coloniales ». Son discours a ainsi révélé une réalité troublante : la richesse naturelle du Sahel est à la fois une bénédiction et une malédiction, attirant des convoitises qui exacerbent les tensions et alimentent les conflits. En appelant à une prise de conscience collective, Ali Mahaman Lamine Zeine a plaidé pour une solidarité internationale et un soutien véritable à la lutte de son pays pour sa souveraineté et son intégrité.
« Cette déstabilisation perfide du Sahel menée par la France, avec la complicité active de l’Ukraine, est désormais documentée », a dénoncé le premier nigerien. Il souligne que « cette entreprise criminelle est démasquée dès lors que les élites politico-militaires et médiatiques qui la justifient au nom des intérêts de leurs propres pays ont elles-mêmes levé le voile ». Dans un discours passionné, il martèle que « le Sahel est déterminé à défendre sa liberté, ses ressources et sa dignité, quels qu’en soient les prix ».
En s’adressant à l’assemblée de l’ONU, il a averti que « à nos frontières du Nord-est, se trouvent des proxys dirigés par cette France appuyée par l’Ukraine et deux autres pays, sur le point d’attaquer nos positions militaires et nos installations de pétrole », sans toutefois citer les noms des deux pays indexés, laissant planer une ombre d’incertitude et de tension. Depuis plus d’une décennie, les pays du Sahel, notamment le Burkina Faso, le Mali et le Niger, tous anciennes colonies françaises, semblent les plus touchés par des attaques terroristes incessantes. Ces nations, déjà fragilisées par des crises politiques et économiques, se retrouvent en première ligne d’un conflit qui dépasse leurs frontières.
Notons que les populations, épuisées par la violence et l’instabilité, aspirent à la paix et à la sécurité, mais se heurtent à des forces extérieures qui semblent avoir des intérêts contraires. Dans ce contexte, le discours du premier ministre résonne comme un cri de ralliement, un appel à l’unité et à la résistance face à ce qu’il considère comme une ingérence inacceptable, tout en mettant en lumière la complexité des relations internationales et les enjeux géopolitiques qui se jouent dans cette région stratégique.
Abdoulaye KONÉ

