(CROISSANCE AFRIQUE)-En Égypte, un lot impressionnant d’équipements de manutention a récemment été livré pour le terminal polyvalent en cours de construction au port de Safaga, situé dans le sud du pays, une région stratégique qui joue un rôle crucial dans le commerce maritime.
Ce lot comprend trois grues de quai (STS), des machines majestueuses capables de soulever des conteneurs lourds avec une précision remarquable, ainsi que six portiques sur pneus (RTG), qui offrent une flexibilité inégalée pour le déplacement des conteneurs à l’intérieur du terminal. Cette information a été confirmée par Noatum Ports, une filiale d’AD Ports Group, reconnue pour son expertise dans l’exploitation de plateformes portuaires internationales. La livraison de ces équipements marque une étape significative dans le développement du terminal, qui se prépare à entrer en exploitation commerciale, une phase tant attendue prévue pour au plus tard cette année.
Positionné comme l’une des principales portes d’entrée du pays sur la mer Rouge, le terminal s’étendra sur une vaste superficie d’environ 810 000 m², offrant ainsi un espace considérable pour les opérations portuaires. Sa capacité annuelle prévue est impressionnante, avec la possibilité de traiter jusqu’à 450 000 EVP pour les conteneurs, ce qui témoigne de son potentiel à devenir un hub logistique majeur dans la région.
En outre, le terminal sera capable de gérer 5 millions de tonnes de vrac sec et de fret général, ainsi que 1 million de tonnes pour le vrac liquide, ce qui le rendra essentiel pour le commerce maritime. Des installations Ro-Ro (roulier) seront également mises en place, permettant de traiter jusqu’à 50 000 unités, facilitant ainsi le transport de véhicules et d’autres marchandises roulantes. Pour compléter cette infrastructure moderne, des espaces logistiques communs seront intégrés, offrant des solutions de stockage et de distribution efficaces, renforçant ainsi la compétitivité du port de Safaga sur la scène internationale.
Selon les autorités égyptiennes, ce terminal renforcera la connectivité du pays avec le Moyen-Orient, l’Afrique et les principales routes maritimes mondiales, tout en soutenant les flux commerciaux régionaux et internationaux, et en augmentant la productivité portuaire. Le projet entre dans le cadre d’une stratégie nationale visant à moderniser et développer plusieurs ports sur la mer Rouge, dont ceux de Hurghada et Sharm El Sheikh, afin de mieux capter le trafic maritime transitant par le canal de Suez.
Les ambitions de réseau portuaire intégré autour du canal de Suez, qui avaient suscité de grands espoirs pour le développement économique et commercial de la région, se trouvent cependant freinées par les tensions persistantes au Moyen-Orient. Ces tensions, exacerbées depuis 2023 par le conflit actuel entre Israël, les États-Unis et l’Iran, brident considérablement le potentiel de ce couloir stratégique, qui est vital pour le commerce maritime international. En conséquence, plusieurs armateurs mondiaux de renom, tels que Maersk, Hapag-Lloyd ou CMA CGM, ont pris la décision prudente de rediriger leurs navires via l’Afrique du Sud, évitant ainsi le canal de Suez et le détroit de Bab el-Mandeb, des voies maritimes pourtant essentielles pour le transport de marchandises entre l’Europe et l’Asie. Cette situation a des répercussions significatives sur le commerce mondial, entraînant des retards, des coûts supplémentaires et une réévaluation des routes maritimes. Selon les données officielles, le trafic du canal a baissé de près de 54 % entre 2023 et 2025, un chiffre alarmant qui souligne l’impact des conflits géopolitiques sur les échanges commerciaux.
Notons que les ports de la région, autrefois en pleine expansion, voient désormais leur activité stagner, et les investissements dans les infrastructures portuaires intégrées sont mis en suspens, laissant planer un doute sur l’avenir économique de cette zone stratégique.
Mariam KONE

