(CROISSANCE AFRIQUE)-Au Mali, le président Assimi Goïta a promulgué un décret le 19 janvier 2026, nommant Hilaire Bebian Diarra au poste de commissaire chargé des Activités minières, avec le rang de ministre. Cette nomination constitue une avancée pour l’ancien directeur de la mine ivoirienne de Tongon, qui a quitté Barrick l’année précédente pour devenir conseiller spécial du chef de l’État malien.
Le ministre Diarra, spécialiste en sciences de la Terre, a dirigé pendant plusieurs années la mine de Tongon, alors propriété de Barrick. Peu avant la cession de cet actif à l’Ivoirien Atlantic Group au dernier trimestre de 2025, le ressortissant malien a intégré le poste de conseiller à la présidence malienne, en pleine controverse entre le groupe minier canadien et les autorités locales concernant Loulo-Gounkoto, la plus grande mine d’or du pays.
Conformément au décret régissant le fonctionnement du commissariat chargé des Activités minières, cette nouvelle entité veillera à l’application rigoureuse des dispositions du Code minier, analysera les rapports d’activités des détenteurs de titres miniers et proposera des stratégies de développement du secteur ainsi que des mesures pour renforcer la transparence. Directement rattachée à la présidence de la République, la création de ce commissariat témoigne d’une certaine emprise de l’actuel chef de l’État malien sur la gestion du secteur minier, étant donné que certaines des attributions de cette nouvelle structure relevaient auparavant du ministère des Mines. Les négociations menées ces derniers mois avec les compagnies minières, portant notamment sur la mise en œuvre du nouveau code minier ou les conséquences d’un audit révélant un manque à gagner de 300 à 600 milliards FCFA (plus de 1 milliard de dollars) pour l’État, ont ainsi été orchestrées depuis le Palais de Koulouba. Notons qu’en décembre 2025, les autorités ont annoncé que ces initiatives ont permis de recouvrer 761 milliards FCFA auprès des entreprises. Entre le ministère des Mines, le commissariat chargé des Activités minières et la présidence, la régulation du secteur minier malien englobe un nombre croissant d’acteurs, une situation potentiellement source de confusion pour les investisseurs. Les mois à venir permettront d’évaluer l’efficacité de cette nouvelle répartition des responsabilités.
Daouda Bakary KONÉ

