(CROISSANCE AFRIQUE)-Au Sénégal, les données officielles fournies par l’Agence nationale de la statistique et de la démographie (Ansd), une institution clé dans la collecte et l’analyse des données économiques, indiquent que l’économie nationale a enregistré une croissance modérée au cours du troisième trimestre de l’année 2025.
Ainsi, es chiffres ont été publiés le 21 janvier 2026, marquant ainsi une période d’évaluation importante pour les acteurs économiques et les investisseurs intéressés par la dynamique du pays.
Le Produit intérieur brut (Pib) réel, qui est un indicateur fondamental mesurant la valeur totale des biens et des services produits dans le pays tout en tenant compte des variations saisonnières grâce aux méthodes de correction saisonnière (Cvs), a affiché une hausse de 0,8 % par rapport au deuxième trimestre de la même année. Cette progression, bien que modeste, est principalement soutenue par les performances encourageantes et remarquables du secteur secondaire, qui englobe les industries manufacturières et de transformation, ainsi que, dans une moindre mesure, par les contributions du secteur primaire, qui inclut l’agriculture, la pêche et l’exploitation minière. Ces résultats mettent en lumière l’évolution continue de l’économie sénégalaise, qui, malgré ses défis, montre des signes de résilience et d’adaptabilité face aux fluctuations économiques globales.
Cette progression économique repose essentiellement sur l’augmentation significative de la valeur ajoutée du secteur secondaire, qui a connu une amélioration notable de 3,0 % sur la période sous revue. Cette dynamique industrielle est particulièrement tirée par des segments spécifiques, notamment la fabrication de produits chimiques de base, qui a enregistré une impressive augmentation de 25,0 %, soulignant l’importance croissante de cette industrie pour l’économie. De plus, les activités liées au raffinage du pétrole et à la cokéfaction ont également connu un essor avec une hausse de 7,1 %, suivies par les activités extractives, qui ont progressé de 4,2 %. L’industrie agroalimentaire, quant à elle, a observé une hausse de 3,4 %, mettant en évidence l’importance de ce secteur dans la sécurité alimentaire et l’approvisionnement. Enfin, les segments du ciment et des matériaux de construction montrent une hausse stable de 3,3 %, reflétant les investissements continus dans les infrastructures. Cependant, cette belle croissance du secteur secondaire est partiellement atténuée par le recul observé des activités de construction, qui affichent une légère baisse de 0,3 %, une tendance préoccupante qui pourrait signaler des déséquilibres dans les investissements.
En parallèle, le secteur primaire contribue également à la croissance économique générale, affichant une hausse modeste mais significative de 0,1 % de sa valeur ajoutée réelle. Cette évolution est principalement portée par la pêche, dont l’activité a bondi de manière spectaculaire de 16,3 %, une indication claire de la vitalité de ce secteur et de sa capacité à répondre à la demande croissante. Les activités d’élevage, bien que moins dynamiques, affichent une croissance de 0,5 %, tandis que la sylviculture a enregistré une légère augmentation de 0,2 %. Cependant, il est crucial de noter que la baisse significative des activités agricoles, qui a chuté de 1,2 %, limite l’ampleur de cette progression globale et soulève des préoccupations quant à la résilience et à la durabilité du secteur face aux défis environnementaux et économiques actuels.À l’inverse, le secteur tertiaire affiche une performance nettement inférieure aux attentes, se traduisant par une contraction de 0,1 % de sa valeur ajoutée, ce qui soulève des inquiétudes quant à la dynamique économique actuelle. Ce repli est principalement imputable à une diminution significative des activités de transport, qui souffrent d’une baisse alarmante de 10,7 %, ce qui est préoccupant pour un secteur essentiel à la connectivité et au commerce. De plus, les services de santé, qui sont souvent considérés comme un indicateur clé du bien-être de la population, enregistrent également une chute de 5,6 %, reflétant peut-être des défis structurels et des contraintes budgétaires au sein du système. Les secteurs de l’information et de la communication, bien que jugés cruciaux pour l’innovation et le développement technologique, affichent également une baisse de 1,5 %. Toutefois, il est important de noter que certaines branches parviennent à atténuer cette tendance négative. Parmi celles-ci, le commerce se distingue avec une croissance de 2,3 %, témoignant d’une adaptation aux nouvelles exigences du marché, tandis que les activités artistiques, culturelles et sportives, qui enrichissent la vie communautaire, enregistrent une augmentation de 1,5 %. De même, le secteur de l’hébergement et de la restauration, essentiel pour le tourisme et l’accueil, progresse également de 1,3 %, indiquant une reprise potentielle dans ces domaines.
Du côté de la demande, une contraction des échanges extérieurs se fait ressentir durant cette période. En effet, tant les exportations que les importations de biens et services en volume subissent un recul respectif de 8,0 % et 6,9 % par rapport au trimestre précédent, ce qui pourrait nuire à la balance commerciale et à la compétitivité internationale. En revanche, il est rassurant de constater que la demande intérieure montre des signes de raffermissement, un aspect crucial pour soutenir l’économie nationale. Ainsi, la formation brute de capital fixe, un indicateur vital des investissements, progresse de 1,5 %, tandis que la consommation finale globale, reflet des comportements des consommateurs, s’accroît de 1,6 %. Ces signaux positifs pourraient suggérer une résilience et une capacité d’adaptation face à des défis économiques croissants.
En ce qui concerne les secteurs hors hydrocarbures, il est à noter que le produit intérieur brut (PIB) réel démontre une progression modeste de 0,5 %, ce qui, bien qu’insuffisant pour parler d’un véritable essor, illustre un certain dynamisme et une résilience caractéristiques de l’économie non extractive. Parallèlement, le PIB hors hydrocarbures et agriculture affiche une hausse légèrement meilleure de 0,6 %, ce qui traduit non seulement une certaine capacité d’adaptation, mais également une performance encourageante face à des défis structurels.
Au total, pour le troisième trimestre de l’année 2025, le PIB nominal s’établit sur une somme impressionnante de 4 963,1 milliards de francs CFA, chiffres qui viennent confirmer qu’il existe une croissance économique propulsée principalement par le secteur industriel. Cependant, il est essentiel de reconnaître que cette expansion est encore entravée par des défis notables, tels que la faiblesse persistante du secteur tertiaire et un repli préoccupant des échanges extérieurs, qui ensemble soulèvent des questions sur la durabilité et la robustesse de cette croissance à long terme.
Abdoulaye KONÉ

