Tchad: 37,9 millions d’euros pour la construction de deux Centrales Solaires photovoltaïque

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(CROISSANCE AFRIQUE)-Au Tchad, le groupe français Qair a franchi une étape significative en obtenant le premier décaissement d’un financement impressionnant de 37,9 millions d’euros, ce qui équivaut à près de 25 milliards FCFA.

Ce montant est destiné à soutenir la construction de deux centrales solaires à N’Djamena, la capitale tchadienne, un projet qui vise à renforcer l’approvisionnement énergétique du pays tout en promouvant des sources d’énergie renouvelable. Les travaux des centrales de Gassi et de Lamadji, qui sont au cœur de cette initiative, ont été officiellement lancés en mai 2025, marquant ainsi le début d’une nouvelle ère pour la production d’énergie au Tchad.

Ainsi, le montage financier de ce projet ambitieux repose sur une collaboration étroite entre plusieurs institutions internationales. La Banque africaine de développement (BAD) et Proparco, une filiale de l’Agence française de développement, apportent chacune 15,2 millions d’euros sous forme de prêts, témoignant de l’engagement des partenaires à soutenir le développement durable en Afrique. De plus, le Fonds pour l’énergie durable en Afrique (SEFA), un mécanisme administré par la BAD, contribue à hauteur de 6 millions d’euros sous forme de subventions remboursables, facilitant ainsi l’accès à des financements adaptés pour des projets d’énergie renouvelable.

Pour compléter ce dispositif financier, Proparco et l’Agence française de développement (AFD) ajoutent également 1,5 million d’euros, renforçant ainsi les ressources nécessaires à la réalisation de ces centrales solaires. À cette enveloppe s’ajoute une garantie partielle de risque de 8 millions d’euros, soutenue par le Fonds africain de développement et le Fonds vert pour le climat. Ce mécanisme est conçu pour sécuriser les investissements et encourager davantage de projets similaires, garantissant ainsi que les initiatives en faveur des énergies renouvelables au Tchad puissent se développer en toute confiance et contribuer à un avenir énergétique plus durable pour le pays.

Aussi, les installations de Gassi, situées dans le 7e arrondissement de N’Djamena, et celles de Lamadji, dans le 10e arrondissement, sont des projets ambitieux qui vont chacune bénéficier d’une capacité photovoltaïque impressionnante de 15 MWc. Ces centrales solaires, conçues pour répondre aux besoins croissants en énergie de la région, seront également dotées de systèmes de stockage par batteries d’une capacité de 4 MW/4 MWh. Cela signifie qu’elles disposeront d’une capacité cumulée de stockage de 8 MWh, permettant de garantir une fourniture d’énergie stable même en cas d’interruptions de la production solaire.

Ces deux centrales seront intégrées au réseau électrique de N’Djamena, un pas significatif vers l’amélioration de l’infrastructure énergétique de la capitale tchadienne. Avec une production estimée à environ 65 GWh par an, ce projet répondra aux besoins énergétiques d’environ 260 000 personnes, ce qui représente une avancée majeure pour l’accès à l’électricité dans la région. En outre, cette initiative permettra d’éviter l’émission d’environ 51 000 tonnes de CO2 chaque année, contribuant ainsi à la lutte contre le changement climatique et à la protection de l’environnement.

Ce projet s’inscrit dans le cadre d’un accord stratégique entre Qair et l’État tchadien, soulignant l’engagement des deux parties à promouvoir des solutions énergétiques durables. Il repose sur un contrat d’achat d’électricité d’une durée de 20 ans avec Tchadelec, garantissant ainsi la viabilité économique de ces installations. Au-delà de l’augmentation de la capacité énergétique de la capitale, ces centrales sont également conçues pour diversifier le mix électrique du Tchad, qui reste encore fortement dépendant des sources thermiques. Cette diversification est essentielle pour assurer une transition énergétique réussie et durable, tout en soutenant le développement économique du pays.

L’enjeu de l’accès à l’électricité est particulièrement crucial pour le Tchad, un pays qui se trouve parmi ceux affichant les taux d’accès les plus faibles au monde. En effet, le Pacte national de l’énergie, élaboré dans le cadre de la Mission 300, révèle un taux d’accès à l’électricité alarmant de seulement 11%. Ce chiffre devient encore plus préoccupant lorsqu’on considère que dans les zones rurales, ce taux chute à moins de 1%, tandis qu’en milieu urbain, il atteint à peine 20%. Cette situation met en lumière l’ampleur du défi auquel le pays doit faire face pour améliorer les conditions de vie de sa population.

Pour pallier ce déficit énergétique, le gouvernement tchadien a lancé un programme ambitieux qui combine le développement de nouvelles infrastructures d’électrification, l’extension des capacités de production d’électricité, ainsi que la mise en place de réseaux et le déploiement de solutions hors réseau. Dans cette stratégie globale, l’énergie solaire joue un rôle central, soutenue par le potentiel d’ensoleillement exceptionnel du pays et par l’urgence d’étendre l’accès à l’électricité au-delà des grands centres urbains, où la demande est croissante.

À l’échelle nationale, plusieurs initiatives ont été mises en place pour répondre à cette crise énergétique. Parmi elles, le projet d’accès à l’énergie soutenu par la Banque mondiale, qui prévoit la distribution de 145 000 kits solaires subventionnés dans les 23 provinces du Tchad. Ce projet vise non seulement à fournir une source d’énergie renouvelable et durable aux ménages, mais également à stimuler l’économie locale en créant des emplois liés à l’installation et à la maintenance de ces systèmes solaires.

Notons que le plan Tchad Connect, qui accompagne ces efforts, cherche à renforcer les infrastructures de communication et à intégrer l’accès à l’énergie dans un cadre plus large de développement socio-économique, assurant ainsi que les bénéfices de l’électrification soient ressentis par tous les Tchadiens, en particulier les plus vulnérables.

Abdoulaye KONÉ

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