(CROISSANCE AFRIQUE)-Au Bénin, un événement financier marquant a eu lieu lorsque la Direction Générale du Trésor et de la Comptabilité Publique a brillamment mobilisé une somme impressionnante de 60 milliards FCFA, ce qui correspond à environ 91,46 millions d’euros, sur le marché régional des titres publics de l’UMOA.
Cette opération stratégique, réalisée le jeudi 8 janvier 2026, a été conçue pour soutenir et financer les divers besoins budgétaires de l’État béninois, reflétant ainsi une planification financière rigoureuse et proactive. L’émission a été orchestrée sous la forme d’une émission simultanée de Bons Assimilables du Trésor (BAT) et d’Obligations Assimilables du Trésor (OAT), des outils précieux pour lever des fonds sur le marché. L’objectif initial de cette opération a été fixé à un montant significatif de 60 milliards FCFA, soulignant l’importance de cette manœuvre dans le cadre de la gestion des finances publiques du pays, qui vise à renforcer sa stabilité économique et à répondre efficacement à ses engagements financiers.
Cependant, l’opération a suscité un intérêt bien supérieur aux attentes initialement fixées, avec des soumissions globales s’élevant à un impressionnant montant de 78,24 milliards FCFA, ce qui représente un taux de couverture confortable de 130,41%, dépassant largement les prévisions. Face à un tel engouement et à la demande manifestement forte des investisseurs, les autorités béninoises ont fait le choix judicieux d’adopter une approche prudente en respectant strictement l’enveloppe budgétaire recherchée pour éviter tout risque d’endettement excessif. Cette décision témoigne non seulement d’une gestion avisée de l’endettement public, mais aussi d’une volonté manifeste de maîtriser les conditions de financement afin de garantir la stabilité économique du pays. Ainsi, le taux d’absorption des fonds s’est établi de manière notable à 76,68%, illustrant l’efficacité avec laquelle les ressources ouvertes ont été mobilisées et intégrées dans l’économie nationale.
Dans le détail, l’émission de court terme, qui se compose d’un Bon de Trésor (BAT) d’une maturité de 91 jours, a été particulièrement efficace, permettant de lever un montant impressionnant de 22,36 milliards de FCFA, tout cela à un taux de rendement moyen pondéré de 5,01%, ce qui illustre des conditions de financement toujours très attractives et compétitives sur le segment à court terme. En ce qui concerne les maturités plus longues, le pays du Bénin a su capter un montant notable de 22,18 milliards de FCFA à travers l’Obligation Assimilable du Trésor (OAT) de 3 ans, assortie d’un rendement moyen pondéré s’élevant à 6,34%.
La collecte a également inclus 8,15 milliards de FCFA sur l’OAT de 5 ans, avec un taux de 6,38%, témoignant d’un intérêt solide des investisseurs pour des placements à moyen terme. L’OAT de 7 ans, quant à elle, a mobilisé un montant de 7,3 milliards de FCFA, avec un rendement moyen pondéré de 6,87%, confirmant ainsi l’intérêt croissant des investisseurs pour des horizons d’investissement plus longs, malgré un contexte régional qui est marqué par des besoins de financement élevés et pressants.
Notons que les offres retenues, qui proviennent de quatre pays membres de l’Union Monétaire Ouest Africaine (UMOA), illustrent non seulement le caractère intégré et cohérent de la région, mais aussi la profondeur grandissante de son marché financier. Les investisseurs béninois, en particulier, se distinguent en arrivant en tête de liste avec un investissement de 28,6 milliards de FCFA, suivis par ceux de la Côte d’Ivoire, qui ont contribué avec 25,45 milliards de FCFA, tandis que le Sénégal et le Burkina Faso ont respectivement levé 5,85 milliards de FCFA et un montant non précisé, reflétant ainsi une dynamique régionale qui favorise des efforts communs et une meilleure intégration économique entre ces nations.
Moussa KONÉ

