Avec un investissement de 4,5 milliards de FCFA, le Burkina Faso aspire à transformer son potentiel de production de piment localement

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(CROISSANCE AFRIQUE)-Au Burkina Faso, l’usine représente un des projets agro-industriels d’envergure intermédiaire les plus prometteurs, qui ont le potentiel de structurer et de dynamiser de manière significative une filière locale, tout en demeurant accessibles à un financement hybride, alliant à la fois des ressources publiques et privées. 

En effet, cette initiative s’inscrit parfaitement dans la vision économique dynamique et inclusive que prônent les autorités burkinabè, qui voient en elle une opportunité de développement durable et d’autonomisation des acteurs locaux. Ainsi, la réalisation de ce projet novateur reposera sur un modèle d’actionnariat populaire, qui vise à associer directement la population à cette aventure entrepreneuriale. Les citoyens, et en particulier les producteurs de piment – qui jouent un rôle crucial dans cette filière – ainsi que les forces vives de la région, sont concrètement appelés à mobiliser au moins 50% du financement nécessaire, renforçant ainsi leur engagement et leur responsabilité envers le succès de cet important projet économique.

L’État interviendra en complément à travers des mécanismes publics et variés, notamment en s’appuyant sur le Fonds burkinabè de développement économique et social (FBDES) « Tõogo », qui jouera un rôle essentiel dans l’accompagnement et le financement de la phase de réalisation de projets significatifs dès que le seuil de souscription, qui est une étape cruciale, sera atteint avec succès. 

Cette initiative vise non seulement à dynamiser l’économie locale, mais aussi à apporter une véritable amélioration des conditions de vie des citoyens burkinabè. Il est important de noter que la rapidité de mise en œuvre du projet dépendra donc directement du rythme de mobilisation des souscripteurs, qui sont des acteurs clés dans ce processus de développement. 

En effet, « Dès que le seuil des 50% sera atteint, les travaux pourront démarrer », a assuré le directeur général de l’APEC, soulignant ainsi l’importance d’un engagement collectif pour faire avancer cette initiative vers le succès et permettre au Burkina Faso de progresser vers ses objectifs économiques et sociaux.

Il est important de souligner que le Burkina Faso se pose comme l’un des principaux producteurs de piment en Afrique de l’Ouest, avec une production annuelle qui, selon les estimations de la FAO, atteignait environ 150 000 tonnes en 2022. Cette réussite n’est pas le fruit du hasard, mais plutôt le résultat d’un engagement soutenu des agriculteurs burkinabés dans la culture de cette épice prisée. Le choix de se concentrer sur le piment n’est pas anodin et illustre des réponses concrètes aux doléances exprimées en 2024 par les populations locales lors des échanges fructueux avec le Chef de l’État, Ibrahim Traoré, à Banfora. 

Cette région, reconnue pour son potentiel agricole important, fait face à des défis considérables que rencontrent les producteurs, notamment des difficultés récurrentes liées à l’écoulement du piment frais sur le marché. Ce dernier est souvent exposé à des pertes post-récolte significatives, en raison de la perishable nature de la récolte, ainsi qu’à des fluctuations de prix qui rendent la rentabilité précaire pour de nombreux agriculteurs.

Dans ce contexte, la mise en place de solutions telles que la transformation industrielle du piment, incluant le séchage, le broyage, le conditionnement ou même la production de dérivés, pourrait jouer un rôle crucial. Cela permettrait non seulement de stabiliser les revenus des producteurs, mais également de réduire de manière significative les pertes agricoles subies. De plus, en favorisant la création de valeur ajoutée locale, ces initiatives pourraient contribuer à stimuler l’emploi et à améliorer les conditions de vie au sein des communautés agricoles de la région, renforçant ainsi la durabilité du secteur.

Au-delà de la seule filière piment, qui est déjà d’une importance significative, le projet s’inscrit dans une stratégie beaucoup plus large et ambitieuse de transformation locale des produits agricoles, visant non seulement à améliorer les conditions de vie des agriculteurs locaux, mais aussi à réduire la dépendance aux importations de denrées alimentaires. 

Notons sue cette initiative cherche à diversifier les cultures et à encourager les pratiques agricoles durables, tout en favorisant le développement d’une économie locale forte. En mettant l’accent sur la transformation des produits sur place, le projet aspire à créer de la valeur ajoutée à travers des processus innovants qui contribuent à la sécurité alimentaire et à l’autonomie économique de la communauté.

Abdoulaye KONÉ 

croissanceafrik
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