(CROISSANCE AFRIQUE)- En Egypte, les autorités conscientes des enjeux économiques et stratégiques, proposent une solution prometteuse : l’utilisation du pipeline SUMED pour faciliter efficacement l’acheminement de pétrole saoudien vers l’Europe.
Cette décision intervient face aux perturbations majeures et préoccupantes engendrées par la nouvelle guerre qui se déroule actuellement au Moyen-Orient, une région déjà marquée par des conflits complexes et des tensions géopolitiques persistantes,
Selon des informations précieuses et récemment relayées le 3 mars par Pipeline Journal, Le Caire met en avant cette infrastructure comme une voie de transit incontournable et potentiellement avantageuse pour du brut expédié depuis l’Arabie saoudite. L’oléoduc SUMED, qui joue un rôle crucial dans le transport de pétrole à travers la région, traverse l’Égypte entre le terminal d’Ain Sokhna, situé sur la mer Rouge, et celui de Sidi Kerir, qui se trouve sur la côte méditerranéenne, témoignant ainsi de l’importance stratégique de cette route.
Dans la configuration envisagée par les experts et les décideurs impliqués dans ce projet, le pétrole chargé au port saoudien de Yanbu, situé sur la côte ouest du royaume, serait tout d’abord transporté par de grands pétroliers jusqu’au terminal d’Ain Sokhna. Une fois arrivé dans ce terminal clé, le brut serait ensuite transféré dans le pipeline avant d’être pompé vers la Méditerranée sur une distance impressionnante d’environ 320 kilomètres, jusqu’à atteindre Sidi Kerir, près de la ville d’Alexandrie, renforçant ainsi le rôle significatif de l’Égypte en tant que plaque tournante énergétique dans cette partie du monde.
Selon les données techniques disponibles et les informations émanant de sources industrielles fiables, l’infrastructure sophistiquée exploitée par l’Arab Petroleum Pipelines Company possède une impressionnante capacité de traitement, évaluée à environ 2,5 millions de barils par jour, faisant ainsi de cette entreprise un acteur clé dans le domaine du transport de pétrole. Cette société est détenue par un consortium diversifié et international, réunissant des partenaires influents et stratégiques tels que l’Égypte, l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis, le Koweït et le Qatar, démontrant ainsi l’importance de la coopération régionale dans le secteur énergétique.
D’après les informations rapportées par le journal économique Asharq Al-Awsat, l’oléoduc en question est déjà en activité et joue un rôle crucial dans le transfert de brut depuis la région du Golfe vers la Méditerranée, particulièrement lorsque certains pétroliers dépassent la capacité limite du canal de Suez, ce qui souligne la nécessité d’itinéraires alternatifs pour assurer la continuité des échanges commerciaux. Cette proposition intervient dans un contexte géopolitique tendu et complexe, où des tensions persistantes perturbent considérablement le transport maritime dans la mer Rouge, une voie stratégique et essentielle pour les échanges énergétiques entre le Moyen-Orient et l’Europe, reliant ainsi des régions vitales de consommation et de production d’énergie.
Depuis la fin de l’année 2023, plusieurs navires marchands ont été pris pour cible dans cette zone par les rebelles houthis du Yémen, ajoutant une dimension de danger supplémentaire pour les opérations maritimes. Ces attaques audacieuses ont spécifiquement visé des bâtiments transitant près du détroit de Bab el-Mandeb, un passage stratégique et crucial qui relie l’océan Indien au canal de Suez, soulignant ainsi les risques significatifs associés à la navigation dans cette région instable. Selon des rapports d’actualités publiés par Reuters, ces incidents préoccupants ont conduit à une série d’alertes et à des répercussions majeures sur le transport maritime, ajoutant un niveau d’incertitude qui pourrait influencer les décisions stratégiques des pays impliqués dans le commerce de l’énergie.
Certaines entreprises ont ainsi choisi de détourner leurs navires autour du cap de Bonne-Espérance, au sud de l’Afrique, une décision qui s’inscrit dans un contexte géopolitique complexe et en constante évolution. Cette option, bien qu’elle puisse sembler une solution logique face à des perturbations maritimes, rallonge de plusieurs milliers de kilomètres les trajets reliant l’Asie et le Moyen-Orient aux marchés européens. Cela a pour effet d’augmenter considérablement non seulement les coûts de transport, en raison du carburant supplémentaire nécessaire pour parcourir cette distance prolongée, mais aussi les délais d’acheminement, ce qui peut perturber les chaînes d’approvisionnement déjà fragiles.
Notons que cette alternative maritime, bien que potentiellement plus sûre dans un climat d’incertitude, impose aux entreprises de repenser leurs stratégies logistiques tout en tenant compte des attentes de leurs clients en matière de rapidité et d’efficacité.
Mariam KONE

