(CROISSANCE AFRIQUE)-Au Burkina Faso, un événement marquant s’est produit aujourd’hui, lorsque le Conseil supérieur de la communication (CSC) a annoncé, par le biais d’un communiqué officiel n°2026-002/CSC, une décision sans précédent interdisant la diffusion des programmes de la chaîne internationale TV5 Monde sur l’ensemble du territoire burkinabè.
Cette mesure, qui suscite de vives réactions, représente un tournant significatif dans les relations entre l’instance de régulation et ce média, connu pour sa couverture des événements internationaux.
Ainsi, le CSC justifie cette décision par plusieurs manquements graves observés dans le traitement de l’information, en particulier en ce qui concerne la lutte contre le terrorisme au Burkina Faso et les attaques tragiques survenues le 25 avril 2026 au Mali. Dans son communiqué, le régulateur évoque des cas de désinformation flagrante ainsi que des éléments d’apologie du terrorisme qui ont été relevés dans certaines éditions du journal télévisé diffusé entre avril et mai 2026.
Cette situation soulève des questions cruciales sur la liberté de la presse, la responsabilité des médias dans la diffusion d’informations sensibles et les implications de telles décisions sur le paysage médiatique burkinabè. Les réactions des journalistes, des organisations de défense des droits de l’homme et du public sont attendues, alors que cette décision pourrait avoir des répercussions durables sur la manière dont l’information est relayée et perçue dans le pays.
Par ailleurs, l’instance de régulation, dans un souci de maintenir l’intégrité et la qualité de l’information diffusée, rappelle avec fermeté que des dérives similaires avaient déjà été signalées en 2024, un épisode qui avait conduit à deux suspensions temporaires de la chaîne concernée. Ce rappel n’est pas simplement une formalité, mais un signal d’alarme sur l’importance cruciale d’une information vérifiée et responsable dans un paysage médiatique en constante évolution.
À travers cette décision, le Conseil Supérieur de la Communication (CSC) réitère son appel à l’ensemble des médias, tant nationaux qu’internationaux, qui exercent au Burkina Faso. Il insiste sur la nécessité de faire preuve d’une rigueur professionnelle absolue et de respecter strictement les règles d’éthique et de déontologie journalistique, des principes qui sont d’autant plus cruciaux dans un contexte national marqué par des défis sécuritaires majeurs, où la désinformation peut exacerber les tensions et nuire à la cohésion sociale.
Notons que la mesure d’interdiction, qui a été mise en œuvre avec une grande détermination, est entrée en vigueur sur tout le territoire national dès ce 5 mai 2026, soulignant ainsi la volonté des autorités de garantir un environnement médiatique sain et respectueux des normes éthiques, tout en protégeant la population des dangers que peuvent représenter des informations erronées ou malveillantes.
Daouda Bakary KONÉ

