Mali: la communication « à sens unique » des médias Français (Par Cheick Oumar Diallo)

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(CROISSANCE AFRIQUE)- Les plateaux français reprennent leur communication à sens unique sur le Mali. Les seuls invités sont des « experts étrangers » ou des individus en exil, qui décrivent une situation dont ils ne connaissent ni ne vivent rien.

Ces plateaux ne rappellent jamais que, si le Mali se trouve aujourd’hui dans cette crise, c’est d’abord parce que, depuis 2012, les opérations françaises et onusiennes n’ont, au mieux, pas stabilisé le pays, et au pire contribué à l’enfoncer davantage. Des milliers de familles ont été déplacées, l’armée était en déconfiture, et l’État ne conservait plus qu’une apparence d’autorité. Il a suffi d’un mois de mobilisation intense pour que le régime d’IBK s’effondre comme un château de cartes. C’était cela, la « stratégie » d’hier.

Aucun invité non plus pour y rappeler que, face aux évènements de 2020, la CEDEAO n’a pas cherché à accompagner une sortie de crise, mais a opté pour une stratégie de pression qui a contribué à aggraver les tensions.

Aujourd’hui, ce Mali repart presque de zéro. Et contrairement à une période révolue, le pays ne s’est pas effondré. L’armée de la 4e République tient. Le pouvoir n’a pas vacillé, y compris face à une tentative de blocus terroriste sur la capitale. Et pourtant, sur ces plateaux, aucun mérite n’est reconnu au Mali.

Aucun invité non plus pour se demander si, après l’erreur manifeste d’appréciation lors du premier « blocus », les « experts » ne devraient pas reconsidérer certaines certitudes. Personne pour envisager que les Maliens, qui ne se sont soulevés ni hier ni aujourd’hui, sont peut-être, dans leur écrasante majorité, opposés au projet terroriste et déterminés à en finir.

Aucun invité pour rappeler que l’échec de ce premier blocus a peut-être poussé, de façon désespérée, les groupes armés terroristes à officialiser leur alliance trouble. Une alliance qui comprend des acteurs que Paris considérait auparavant comme opposés au terrorisme et qui « luttaient » ensemble contre le terrorisme.

Des groupes qui, pour certains donc, coopéraient le jour et entretenaient des ambiguïtés la nuit. Personne pour se dire que Paris s’est, au mieux, complètement trompée sur toute la ligne ou, au pire, entretient des liens troubles avec le terrorisme.

Personne, je dis bien personne pour poser une question pourtant légitime : si de tels canaux ont existé, existent-ils encore ? Et si oui, cela ne mérite-t-il pas d’être clarifié dans le débat public français, notamment à l’Assemblée nationale, au regard des principes affichés de lutte contre le terrorisme ?

Aucun invité non plus pour interroger la logistique d’une attaque impliquant environ 12 000 hommes le 25 avril. Une telle masse ne peut raisonnablement s’être constituée uniquement sur le territoire malien, compte tenu de la pression militaire constante exercée par les FAMa. Cela suppose des flux régionaux, des relais, et potentiellement des soutiens extérieurs – un sujet qui, en toute rigueur, devrait relever de l’investigation journalistique. Et pourtant, personne pour le dire.

Aucun invité pour rappeler le choc profond des Maliens face à des attaques visant des fidèles musulmans se rendant à la prière à l’aube. Une violence qui dépasse le cadre militaire et touche au cœur du tissu social. Personne ne souligne non plus que, loin de désorganiser le pays, ces attaques ont pu renforcer la cohésion nationale. Et que, par voie de conséquence, laisser ces dynamiques terroristes perdurer pourrait ouvrir la voie à des formes de conflictualité interne et externe bien plus larges.

Aucun invité pour s’interroger, enfin, sur la pertinence d’offrir des tribunes médiatiques à des acteurs liés à ces dynamiques terroristes, dont les prises de parole, malgré leur visibilité, peinent souvent à produire une lecture cohérente de leur projet.

Aucun invité, donc, pour rééquilibrer le débat sur ces « plateaux ». Et, par extension, personne pour reconnaître que ce traitement systématiquement à charge explique en partie pourquoi de nombreux Maliens ont soutenu la suspension de certaines chaînes au Mali. Il est difficile de parler de liberté d’expression lorsque le regard porté sur un pays apparaît, de manière constante, univoque et dépréciatif.

Personne n’est invité pour dire que, malgré tout, le Mali tient.

Peut-être serait-il temps de sortir d’une lecture méprisante et systématiquement pessimiste. À défaut d’apporter un soutien clair au Mali dans sa lutte contre le terrorisme, la moindre exigence journalistique serait d’offrir une lecture plus équilibrée et plus rigoureuse de la situation.

Aux Maliens, je le dis clairement : si vous pensez qu’il existe une réelle objectivité dans ce qui se joue, détrompez-vous. Le choix est, en réalité, binaire : se plier ou tenir jusqu’à exister pleinement.

Dans les deux cas, le coût sera élevé.

Comme toujours pour le Mali, le monde n’offre aucune voie de facilité à court terme. Il impose une épreuve : une épreuve dont la seule issue est d’en tirer une leçon durable.

J’espère que les autorités nationales et le Peuple malien sauront tirer de manière définitive les leçons de ce 25 Avril. Ce qu’on veut nous faire vivre est extrêmement grave. Tenez-le vous pour dit !

Auparavant, il ne s’agissait pas d’une question de personne mais de l’urgence de sauver le Mali du terrorisme. Un terrorisme qui, mis dos au mur, lève chaque jour un peu plus le voile sur ses vraies intentions et nous présente TOUS ses complices.

Aujourd’hui, il s’agit de ne pas trahir la mémoire du Martyr, le Général d’Armée Sadio Camara !

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Croissance Afrique (sarl) est un Média multi-support qui propose plusieurs rubriques axées sur l’actualité économique du continent. Le magazine est un journal (en ligne dont un mensuel disponible dans les kiosques à journaux) qui traite spécialement les informations financières dédiées à l’Afrique. Il est également le premier média malien spécialisé dans la production d’Informations Économiques, financières, Stratégiques, et orienté vers le reste du monde. Le Magazine a été fondé en Novembre 2017 à Bamako.

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