(CROISSANCE AFRIQUE)- Mali, un Pays enclavé, instabilité sécuritaire, digitalisation inégale… Au Mali, la logistique relève souvent du parcours du combattant. Pourtant, selon un expert, ces difficultés cachent un terreau d’innovation unique. Loin des modèles standards, une supply chain résiliente et pragmatique est en train de naître.
Et si les handicaps structurels du Mali étaient en réalité un accélérateur de transformation? C’est la thèse défendue par l’expert en supply chain et transformation digitale, dans une analyse intitulée Supply chain au Mali transformer les contraintes en avantage stratégique ».
Sans accès direct à la mer, le pays dépend des corridors régionaux reliant Abidjan, Dakar ou Lomé. Une dépendance lourde de conséquences: délais variables, coûts élevés, vulnérabilité aux tensions régionales. À cela s’ajoute un contexte sécuritaire instable, qui perturbe les axes de transport, impose la sécurisation des convois et fait flamber les prix et primes d’assurance. Résultat la planification logistique devient une affaire de résilience, non d’optimisation théorique.
Face à ce tableau, la tentation pourrait être de vouloir calquer des modèles européens ou de tout digitaliser trop vite. Mais c’est une erreur, prévient l’expert. « L’outil seul ne suffit pas », écrit-il. Sans gouvernance des données, sans processus clairs, l’ERP lui-même peut devenir contre-productif.
Le véritable levier, selon l’expert, c’est une digitalisation progressive, commençant par les modules essentiels tels que (achats, stocks, facturation), la fiabilisation des données et l’accompagnement des utilisateurs. Sur le dernier kilomètre, où les infrastructures sont inégales et l’adressage souvent absent, les entreprises performantes doivent miser sur des relais locaux, une logistique flexible et une coordination de terrain renforcée.
L’expert résume son approche par un changement de paradigme: «La supply chain au Mali ne peut pas viser la perfection théorique. Elle doit être fiable plutôt que parfaite, simple plutôt que complexe, adaptée plutôt que standardisée ».
Concrètement, les organisations les plus efficaces misent sur des actions simples mais structurantes: diversification des fournisseurs, stocks de sécurité intelligents, outils de suivi accessibles (y compris des tableaux de bord Excel au départ), structuration progressive de la fonction achats, et nettoyage des données.
Enfin, plus qu’un défi, « le Mali est un laboratoire de la supply chain résiliente ». Un message qui résonne bien au-delà des frontières ouest-africaines, dans un monde où l’imprévu est devenu la norme.
Moustapha Hamidou
Diplômé en Sciences et Techniques en Génie Logistique, Université de Versailles, France Expert en Logistique Opérationnelle, Supply Chain & Transformation Digitale Directeur Associé Cabinet Conseil Repère – Supply Chain, Logique & Comptabilité Paris, France

