NOTATION FINANCIÈRE DU MALI : l’évaluation de MOODY’S ne reflète pas les réalités sur le terrain

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(CROISSANCE AFRIQUE)-Chaque année, l’agence de notation internationale financière, MOODY’S, procède à l’évaluation des économies des pays à travers le monde. Pour l’année 2026, elle a rabaissé la note du Mali de stable à négative. Cependant, en étudiant sérieusement les réalités sur le terrain, on se rend compte que le Mali est loin de mériter une telle évaluation.

Dans son évaluation, MOODY’S, à travers une publication du 29 mai dernier, a maintenu la note souveraine du Mali à Caa2. D’après la publication, c’est une notation qui avait  été attribuée au Mali en février 2022, dans un contexte marqué par les sanctions de la CEDEAO et de l’UEMOA. Elle a, depuis, été reconduite lors des revues de 2023 et 2024. Cependant, l’agence américaine  estime que cette notation passe de  « Stable » à « Négative » en raison  d’une perception accrue des risques sécuritaires, notamment à la suite des attaques du 25 avril 2026. Contrairement à MOODY’S,  une autre agence dénommée BLOOMFIELD a, dans son rapport de décembre 2025, maintenu le Mali dans la catégorie des « Notes d’investissement » avec une note de long terme de BBB, perspective Stable ; une note de court terme de A3, perspective Stable. Au regard de cette évaluation de BLOOMFIELD, on peut dire que MOODY’S n’a pas tenu compte des réalités sur le terrain au Mali. Quelles sont ces réalités ?

Une bonne politique de décentralisation économique

Le gouvernement a mis en place une politique de décentralisation économique très visible. Cette politique consiste à ne pas concentrer toutes les richesses et les activités à Bamako, mais de développer des pôles économiques régionaux. Par exemple, dans le domaine de l’agriculture, le Mali mise sur la souveraineté alimentaire à travers la filière coton, qui reste un pilier, mais aussi celles du riz, du maïs, et de l’élevage. Des programmes de mécanisation agricole sont lancés, des subventions pour les engrais réalisées, des infrastructures de stockage et de transformation construites. Ce qui a conduit à diminuer l’exportation des matières premières et la création de la valeur ajoutée sur place. C’est un changement de paradigme total.

Une bonne reforme du secteur minier

L’or reste le principal produit d’exportation du Mali. Le gouvernement a mené une véritable révolution sans le secteur. Après avoir procédé à un audit du secteur, il a adopté un nouveau code minier avantageux pour le pays. Dans le cadre de la mise en œuvre de ce code, il a renégocié tous ses contrats miniers. Fini le temps où les multinationales emportaient l’essentiel des bénéfices. Aujourd’hui, l’État malien reprend sa part, augmente ses participations dans les mines, et s’assure que les retombées profitent directement aux populations locales. Ainsi, des centaines de milliards de francs CFA supplémentaires rentrent dans les caisses de l’État. Cet argent est réinjecté dans les infrastructures, dans l’éducation, dans la santé, et surtout, dans l’armée. 

Une nouvelle direction dans la diplomatie et le commerce 

Depuis 2021, le gouvernement a adopté des principes qui gouvernent ses relations avec l’extérieur.  Ces principes, au nombre de trois, sont : le respect de la souveraineté du Mali ; le respect des choix souverains du peuple malien ;  et la défense de ses intérêts. La mise en œuvre de ces principes a permis au Mali de diversifier et de choisir ses partenariats. Certes, les relations avec la France sont au plus bas, mais le Mali regarde vers d’autres horizons : la Russie, la Chine, la Turquie, les pays du Golfe. Avec ceux-ci, des accords de coopération économique sont signés, des technologies sont importées, des.produits nationaux sont exportés. Le corridor de transport avec le Burkina Faso et le Sénégal est devenu vital. Le Sénégal, justement, est un partenaire clé. Le port de Dakar est la porte d’entrée et de sortie des marchandises maliennes.

 Et malgré les tensions politiques passées, les échanges commerciaux entre les deux pays restent intenses. Les camions qui traversent la frontière, c’est le pouls de l’économie sahélienne qui bat. En outre, le secteur des télécommunications et du numérique est en pleine explosion. Les jeunes Maliens sont hyper connectés, et le gouvernement encourage les startups, les fintechs, l’économie digitale. C’est un secteur qui crée des emplois et qui ne nécessite pas de grosses infrastructures physiques, ce qui est un avantage dans un pays au territoire vaste.

Une lutte implacable contre la corruption

Le gouvernement a fait de la lutte contre la corruption un cheval de bataille. Des audits sont lancés, des fonctionnaires sont limogés, des fonds détournés sont récupérés. C’est un travail de longue haleine, mais les signaux sont positifs. La transparence dans la gestion des marchés publics s’améliore. Et ça, les investisseurs étrangers le regardent de très près. Un pays qui lutte contre la corruption, c’est un pays où on peut investir en toute confiance.

De vastes programmes et projets d’ordee social mis en œuvre 

Le gouvernement a lancé des programmes d’aide directe aux plus vulnérables. Des distributions de vivres, des subventions sur les produits de première nécessité, des bourses pour les étudiants. On essaie de protéger le pouvoir d’achat des Maliens, qui est mis à rude épreuve par la hausse des prix mondiaux. C’est une politique de l’offre et de la demande. On stimule la production locale pour faire baisser les prix, et on aide les plus pauvres à consommer. Il y a aussi les grands projets d’infrastructure. Le bitumage des routes, la construction de barrages hydroélectriques, l’extension du réseau électrique. Tout cela, c’est du travail pour les entreprises locales, ce sont des emplois pour les jeunes, c’est de l’électricité pour les villages reculés. Le Mali est en train de se doter d’outils modernes pour son développement. Et tout cela se fait dans un contexte de pression diplomatique énorme. La CEDEAO a imposé des sanctions, mais le Mali a tenu bon.

Ces gigantesques efforts du gouvernement ont fait que le Mali a enregistré un taux de croissance du PIB de plus de 4% l’année dernière. C’est mieux que la moyenne de la région. L’inflation est maîtrisée, autour de 2-3%. MOODY’S devrait tenir compte de ces réalités avant de donner une notation au Mali.

Rappelons que  Moody’s Corporation (NYSE: MCO) est une agence américaine de notation financière mondiale et un fournisseur de services d’évaluation des risques et d’analyse économique. Elle est principalement connue pour deux divisions : Moody’s Investors Service ( notation de crédit) et Moody’s Analytics (données et logiciels).

                  Sidi Modibo COULIBALY 

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Croissance Afrique (sarl) est un Média multi-support qui propose plusieurs rubriques axées sur l’actualité économique du continent. Le magazine est un journal (en ligne dont un mensuel disponible dans les kiosques à journaux) qui traite spécialement les informations financières dédiées à l’Afrique. Il est également le premier média malien spécialisé dans la production d’Informations Économiques, financières, Stratégiques, et orienté vers le reste du monde. Le Magazine a été fondé en Novembre 2017 à Bamako.

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