(CROISSANCE AFRIQUE)-Au Nigeria, les réformes engagées depuis 2023 pour relancer le secteur énergétique nigérian commencent à produire leurs premiers effets tangibles et prometteurs. En effet, malgré le retour progressif des investissements étrangers et la reprise de la production, le gouvernement d’Abuja estime qu’il doit encore mobiliser la somme colossale de 38,3 milliards de dollars pour maintenir les niveaux actuels de production et atteindre ses ambitieux objectifs pétroliers et gaziers d’ici l’horizon 2030.
Cette estimation a été présentée par Olu Verheijen, conseillère spéciale du président Bola Tinubu pour l’énergie, lors de la 25ème édition de la NOG Energy Week, un événement majeur qui s’est tenu du 5 au 9 juillet derniers à Abuja, réunissant des acteurs clés de l’industrie énergétique.
Olu Verheijen a souligné que ces financements sont essentiels non seulement pour soutenir la production actuelle, mais aussi pour progresser vers les objectifs fixés par le gouvernement, qui ambitionne d’atteindre une production de 3 millions de barils de pétrole par jour et 10 milliards de pieds cubes standards de gaz quotidiennement d’ici la fin de la décennie. Cette vision audacieuse nécessite une mobilisation de capitaux substantiels pour moderniser les infrastructures vieillissantes, améliorer l’efficacité opérationnelle et attirer de nouveaux investisseurs dans un secteur qui a longtemps souffert de désinvestissements et d’instabilité.
Pour répondre à cette exigence cruciale, le gouvernement de Bola Tinubu a accéléré l’application du code pétrolier de 2021, qui vise à réformer le cadre réglementaire et à créer un environnement plus favorable aux investissements. Cette initiative comprend des mesures visant à renforcer la transparence, à garantir une meilleure répartition des revenus et à encourager les partenariats public-privé. À travers ces efforts, Abuja espère non seulement revitaliser le secteur énergétique, mais aussi stimuler l’économie nationale dans son ensemble, en créant des emplois et en améliorant l’accès à l’énergie pour les populations locales.
Les premiers résultats apparaissent déjà, marquant un tournant significatif dans le paysage énergétique du Nigeria. Le pays dispose désormais d’un portefeuille visible de plus de 50 milliards de dollars de projets dans l’amont pétrolier, une somme qui témoigne de l’ambition renouvelée de la nation dans ce secteur crucial. Au cours des trois dernières années, plus de 10 milliards de dollars de décisions finales d’investissement ont été enregistrés, illustrant une dynamique positive qui commence à redynamiser l’industrie. Dans le même temps, la production de pétrole brut et de condensats a connu une augmentation impressionnante d’environ 400 000 barils par jour depuis 2023, tandis que la production terrestre atteint son niveau le plus élevé depuis vingt ans, un indicateur fort de la reprise et de la résilience du secteur.
De plus, à la fin juin, le pays a enregistré sa plus importante production pétrolière depuis six ans, atteignant environ 1,6 million de barils par jour. Cette performance remarquable est le fruit d’efforts concertés pour revitaliser un secteur qui avait souffert d’une stagnation prolongée. En effet, cette reprise intervient après une longue période de stagnation du secteur pétrolier nigérian, qui avait été entravé par des problèmes tels que le sous-investissement, les vols de brut, les difficultés opérationnelles et un manque de visibilité réglementaire. Ces défis avaient considérablement réduit l’attractivité du Nigeria auprès des grands groupes internationaux, qui hésitaient à s’engager dans un environnement aussi incertain.
Cependant, les réformes engagées depuis l’arrivée de Bola Tinubu à la présidence visent à inverser cette tendance. Ces mesures comprennent des initiatives pour améliorer la transparence, renforcer la sécurité des installations pétrolières et attirer des investissements étrangers. Le gouvernement s’efforce de restaurer la confiance des investisseurs et de créer un climat propice à la croissance durable. En conséquence, le Nigeria se positionne progressivement comme un acteur clé sur le marché pétrolier mondial, prêt à capitaliser sur ses vastes ressources et à jouer un rôle central dans l’approvisionnement énergétique de la région et au-delà.
Cette stratégie ambitieuse s’accompagne d’un soutien accru et déterminé au développement du gaz, un élément clé dans la transition énergétique du Nigeria. Le gouvernement, conscient des enjeux environnementaux et économiques, souhaite en effet accroître l’utilisation du gaz naturel dans la production électrique, un secteur vital pour le développement industriel et la croissance économique.
Pour ce faire, il met en place des mesures incitatives, tant fiscales que douanières, visant à faciliter l’accès domestique au gaz de pétrole liquéfié (GPL). Ces incitations sont conçues pour encourager les ménages à adopter le GPL comme source d’énergie alternative, réduisant ainsi leur dépendance aux combustibles fossiles plus polluants. L’enjeu majeur réside désormais dans la capacité à transformer ces réformes prometteuses en projets concrets et réalisables. Cela implique une planification rigoureuse et une exécution efficace des initiatives prévues, afin d’atteindre les objectifs ambitieux fixés pour 2030.
Notons qu’il est crucial de renforcer durablement la compétitivité du secteur énergétique nigérian, non seulement pour répondre aux besoins croissants en énergie, mais aussi pour positionner le pays comme un acteur clé sur le marché énergétique régional et international. Cette démarche nécessite une collaboration étroite entre le gouvernement, les entreprises privées et les investisseurs, afin de créer un environnement propice à l’innovation et à l’investissement dans les infrastructures énergétiques.
Mariam KONE

