(CROISSANCE AFRIQUE)- La Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) s’engage à son tour dans une phase d’évaluation cruciale du Système panafricain de paiement et de règlement (PAPSS).
Cette initiative vise non seulement à renforcer les paiements transfrontaliers à travers le continent africain, mais également à réduire la dépendance vis-à-vis des infrastructures financières extérieures, un enjeu majeur pour l’autonomie économique des pays africains.
Dans les locaux de la BCEAO à Dakar, une phase pilote de six mois est en préparation, impliquant plus de 80 banques commerciales de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA). Ce projet ambitieux se veut un catalyseur pour l’intégration financière régionale, facilitant les transactions entre pays membres et offrant une alternative aux systèmes de paiement internationaux souvent coûteux et peu adaptés aux réalités locales.
Ainsi, les accords nécessaires à la mise en œuvre de cette phase pilote sont actuellement en cours de finalisation, tant avec les établissements bancaires concernés qu’avec les responsables du PAPSS, afin d’assurer une collaboration efficace et harmonieuse. L’annonce de ce projet innovant a été faite par Mossi Lawson, adjoint au directeur des systèmes et moyens de paiement de la Banque centrale, lors du Séminaire des journalistes économiques de l’UEMOA, qui s’est tenu au siège de l’institution ce mardi 21 juillet.
Cet événement a rassemblé des acteurs clés du secteur financier, soulignant l’importance de la communication et de l’information dans le processus de mise en œuvre de nouvelles initiatives financières. La BCEAO, par cette démarche, aspire à jouer un rôle de leader dans la transformation des systèmes de paiement en Afrique, tout en favorisant une plus grande inclusion financière et en stimulant le commerce intra-africain.
Un point notable du dispositif est que la Banque Centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) n’entrera pas dans le pilote en tant que participant actif, mais plutôt en tant qu’observateur. Ce rôle d’observation est crucial, car il permettra à la BCEAO de s’assurer que le fonctionnement du système panafricain respecte scrupuleusement la réglementation en vigueur au sein de l’Union, avant de s’engager dans une participation plus formelle. Cette approche prudente souligne que le projet se trouve à un stade exploratoire, même si l’ampleur du panel bancaire mobilisé est significative et prometteuse.
Parallèlement, le Système de Paiement Panafricain (PAPSS), qui est adossé à la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), a pour ambition de couvrir au moins la moitié des paiements liés au commerce intra-africain d’ici l’horizon 2045. Concrètement, cette plateforme innovante permet à deux entreprises africaines de régler une transaction dans leurs monnaies respectives, évitant ainsi le recours au dollar ou à l’euro, et contournant les banques correspondantes qui se trouvent en dehors du continent.
Ce circuit alternatif est particulièrement pertinent, car il allège les délais et les coûts associés aux transactions, qui sont souvent exacerbés par les processus bancaires traditionnels. En favorisant des échanges directs entre les monnaies locales, le PAPSS pourrait transformer le paysage commercial africain, rendant les échanges plus fluides et plus accessibles pour les entreprises de toutes tailles. Aussi, le PAPSS est conçu par la Banque africaine d’import-export (Afreximbank), en collaboration avec l’Union africaine et le secrétariat de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), le système innovant a été lancé commercialement en janvier 2022, marquant une étape significative dans l’intégration économique du continent.
Ce système révolutionnaire relie désormais 28 pays africains, facilitant les transactions et le commerce entre ces nations. Plus de 190 banques commerciales et fintechs participent activement à ce réseau, soutenues par 16 commutateurs de paiement qui assurent une interconnexion fluide et efficace. Grâce à cette infrastructure, un vaste réseau est désormais à la disposition des utilisateurs, donnant accès à plus de 250 institutions financières supplémentaires, ce qui renforce considérablement les capacités de transaction à travers le continent.
Selon les données fournies par le Système de paiement et de règlement panafricain (PAPSS), les règlements s’effectuent en moins de deux minutes, ce qui témoigne de l’efficacité et de la rapidité de ce système, propulsant ainsi le commerce intra-africain vers de nouveaux sommets et favorisant une dynamique économique positive au sein de la région.
Korotoumou Sylla

