(CROISSANCE AFRIQUE)-En Côte d’Ivoire, le gouvernement a annoncé un projet ambitieux visant à porter à 700 le nombre de services publics numériques à fort impact d’ici 2029.
Cette initiative, qui s’inscrit dans une volonté de modernisation et d’efficacité administrative, repose sur la mise en place d’infrastructures communes capables de relier les systèmes des différentes administrations. Ce plan stratégique a été dévoilé le jeudi 3 septembre lors de l’ouverture d’un atelier national à Abidjan, qui avait pour objectif de prioriser les services publics numériques et de définir une feuille de route pour le développement des infrastructures publiques numériques.
Derrière cette cible des 700 services, se cache un enjeu fondamental : transformer la manière dont les administrations conçoivent et développent leurs outils numériques. Bien que la Côte d’Ivoire dispose déjà d’un certain nombre de plateformes, de bases de données et de services en ligne, il est souvent constaté que ces outils ont été élaborés de manière isolée, chacun répondant aux besoins spécifiques de son administration sans tenir compte des autres. Le ministère concerné a reconnu que les échanges de données entre ces différentes entités restent limités, entraînant des redondances dans certaines fonctions et une inefficacité dans l’utilisation des ressources.
La nouvelle approche mise en avant par le gouvernement vise donc à réduire la multiplication des plateformes en favorisant une intégration harmonieuse des systèmes existants. Cela implique non seulement une meilleure interconnexion des services, mais également une réflexion approfondie sur les besoins réels des usagers et des administrations. En adoptant cette stratégie, la Côte d’Ivoire espère non seulement améliorer l’accès aux services publics, mais aussi renforcer la transparence et la confiance des citoyens envers leurs institutions. Ce projet représente une étape cruciale vers une administration moderne, efficace et résolument tournée vers l’avenir, où la technologie joue un rôle central dans l’amélioration de la qualité de vie des Ivoiriens.
Avant d’atteindre les ambitieux 700 services annoncés à l’horizon 2029, le gouvernement a décidé de mettre en place un premier portefeuille d’environ 100 services à transformer ou à développer, en s’appuyant sur la plateforme nationale d’interopérabilité. Cette initiative, qui a été lancée avec détermination cette semaine, vise à engager un processus de réflexion approfondie pour déterminer quels services seraient les plus bénéfiques et pertinents pour les citoyens, les entreprises et l’administration.
La sélection des services à prioriser ne repose pas uniquement sur des critères de faisabilité technique, mais s’étend à une évaluation rigoureuse de plusieurs dimensions. En effet, chaque service sera minutieusement examiné en fonction de son impact potentiel sur la vie quotidienne des usagers, de sa faisabilité en termes de mise en œuvre, ainsi que de son caractère transversal, c’est-à-dire sa capacité à interagir et à s’intégrer avec d’autres services existants. Les participants à ce processus de sélection sont également appelés à identifier, pour chaque service retenu, les données, registres, systèmes et échanges nécessaires à sa numérisation, afin de garantir une transition fluide vers un environnement numérique.
Dans ce contexte, l’interopérabilité devient une priorité stratégique, car elle constitue le fondement sur lequel reposera l’efficacité et la cohérence des services publics à l’avenir. La capacité des différents systèmes à communiquer entre eux et à partager des informations de manière sécurisée et efficace est essentielle pour répondre aux attentes croissantes des usagers et pour moderniser l’administration publique. Ce projet ambitieux s’inscrit dans une vision à long terme, où la transformation numérique est perçue non seulement comme une nécessité technique, mais aussi comme un levier de progrès social et économique pour l’ensemble de la société.
Cette orientation intervient après plusieurs années de numérisation sectorielle, une période marquée par des avancées significatives dans l’intégration des technologies numériques au sein des services publics. Selon un rapport réalisé en 2023 et publié en 2025, la Côte d’Ivoire comptait déjà près de 211 initiatives de transformation du service public, dont 121 initiatives numériques, représentant ainsi 57,34 % de l’ensemble des projets en cours. Ce chiffre témoigne d’un engagement fort vers une modernisation des services, visant à améliorer l’efficacité et l’accessibilité pour les citoyens.
La feuille de route élaborée cette semaine devrait préciser les infrastructures communes nécessaires à cette intégration, en identifiant les outils et technologies indispensables pour soutenir cette transformation. Elle s’inscrit dans le cadre du Plan national de développement 2026‑2030, qui vise à positionner la Côte d’Ivoire comme un leader régional en matière de développement numérique. De plus, la stratégie nationale de développement du numérique, qui accompagne cette initiative, souligne l’importance d’une approche cohérente et intégrée pour maximiser les bénéfices des technologies numériques.
Le ministère a structuré son action autour de sept piliers fondamentaux, chacun visant à adresser des aspects cruciaux de cette transformation. Parmi ces piliers, on trouve la transformation numérique de l’administration, qui cherche à rationaliser les processus internes et à améliorer la qualité des services offerts aux citoyens. La connectivité est également un axe majeur, garantissant que tous les citoyens, y compris ceux des zones rurales, aient accès à des services numériques. L’intelligence artificielle est envisagée comme un levier pour optimiser les services publics, tandis que la cybersécurité est essentielle pour protéger les données sensibles des utilisateurs.
Notons que le développement des compétences numériques est crucial, avec 40 projets structurants qui visent à former les agents publics et à sensibiliser la population à l’utilisation des outils numériques. Ces initiatives, en synergie, devraient permettre à la Côte d’Ivoire de franchir un cap décisif dans sa modernisation administrative et son développement économique.
Moussa KONÉ

