(CROISSANCE AFRIQUE)-En Tanzanie, l’apprentissage des technologies devient ainsi un enjeu crucial pour mieux préparer les élèves aux études et aux opportunités professionnelles liées au numérique, un secteur en pleine expansion qui offre des perspectives prometteuses.
Dans ce contexte, il est essentiel de doter les jeunes des outils nécessaires pour naviguer dans cet environnement digital, leur permettant non seulement de s’adapter, mais aussi de prospérer dans un marché du travail de plus en plus compétitif.
Cependant, l’accès aux technologies reste marqué par d’importants écarts entre les femmes et les hommes en Tanzanie, un phénomène qui soulève des questions d’égalité et d’inclusion. En 2025, il a été observé que 30 % des femmes utilisaient l’internet mobile dans le pays, contre 42 % des hommes, selon la GSMA, ce qui met en lumière la nécessité d’initiatives ciblées pour combler cette disparité. Pour réduire cet écart dès le milieu scolaire, l’UNESCO, l’Université normale de Beijing (BNU) et les autorités tanzaniennes ont lancé, le lundi 7 septembre à Dodoma, un programme ambitieux de clubs TIC dans 20 écoles publiques, visant à encourager l’engagement des filles dans le domaine des technologies de l’information et de la communication.
Cette initiative devrait bénéficier directement à 500 filles et 40 enseignants dans dix établissements de Dodoma et dix de Morogoro. Elle prévoit des activités pratiques en programmation, pensée computationnelle, résolution de problèmes et création de contenus numériques, ainsi que des séances d’initiation à l’utilisation des outils numériques. Ces clubs TIC ne se contentent pas d’enseigner des compétences techniques, mais visent également à renforcer la confiance en soi des participantes, à favoriser le travail d’équipe et à encourager l’innovation. En offrant un espace où les jeunes filles peuvent explorer et développer leurs compétences numériques, ce programme aspire à transformer non seulement leur avenir professionnel, mais également à contribuer à une société plus équitable et inclusive, où chacun a la possibilité de s’épanouir dans l’ère numérique.
Un écart numérique qui reste important. La fracture numérique va bien au-delà du simple accès à Internet mobile, engendrant des conséquences profondes sur la société. Une enquête récente du Bureau national des statistiques révèle que 69 % des femmes utilisent les technologies de l’information et de la communication, tandis que ce chiffre atteint 87 % chez les hommes, ce qui représente un écart significatif de près de 18 points. Dans les zones rurales du Mainland, cette disparité est encore plus marquée, avec seulement 64,5 % des femmes ayant accès à ces technologies, contre 85,8 % des hommes. Ce constat met en lumière les défis que rencontrent les femmes, notamment en matière d’éducation et d’autonomisation, et souligne la nécessité d’initiatives ciblées pour remédier à cette situation.
Miser sur l’école pour réduire l’écart est une stratégie essentielle. Les nouveaux clubs TIC, qui émergent dans le cadre du projet ambitieux de l’UNESCO et de la BNU intitulé « Closing the Digital Divide: Ensuring Gender-Transformative Digital Skills Education for Women and Girls », lancé en 2024 en Tanzanie et au Ghana, visent à transformer cette réalité. À travers les 20 écoles sélectionnées, les autorités, en collaboration avec leurs partenaires, cherchent à agir en amont, en renforçant non seulement les compétences pratiques des élèves, mais aussi leur confiance en elles. L’objectif est également de favoriser leur participation active aux activités d’innovation et de leadership au sein des clubs, créant ainsi un environnement propice à l’épanouissement des jeunes filles et à la réduction progressive de l’écart numérique.
Notons que cette approche holistique vise à équiper les femmes et les filles des outils nécessaires pour naviguer dans un monde de plus en plus numérique, tout en leur offrant des opportunités de leadership et d’innovation.
Abdoulaye KONÉ

