(CROISSANCE AFRIQUE)- La quatorzième Conférence sur le changement climatique et le développement en Afrique (CCDA-14) s’est ouverte aujourd’hui au Centre de conférences des Nations Unies à Addis-Abeba, organisée par les partenaires de ClimDev-Africa ; la Commission économique des Nations Unies pour l’Afrique (CEA), la Banque africaine de développement (BAD) et la Commission de l’Union africaine (CUA).
Les discussions des trois prochains jours alimenteront les Messages d’action climatique d’Addis-Abeba, façonnant la position de l’Afrique avant la COP31 à Antalya et jetant les bases d’une COP32 dirigée par l’Afrique en 2027.
Le secrétaire exécutif de la CEA, Claver Gatete, a présidé la cérémonie d’ouverture aux côtés du commissaire de l’UA, Moses Vilakati. Compte tenu du thème et afin de reconnaître d’emblée les catastrophes climatiques à travers le monde, les délégués ont observé une minute de silence en solidarité avec le Népal et les autres pays touchés par des événements climatiques extrêmes.
« Nous avons négocié des engagements. Nous avons fixé des objectifs. Et nous avons élaboré des contributions déterminées au niveau national et des plans nationaux d’adaptation. Pourtant, leur mise en œuvre reste à la traîne », a déclaré M. Gatete aux délégués. L’Afrique contribue à moins de 4 % des émissions mondiales, mais en subit les conséquences de manière disproportionnée, a-t-il ajouté, avant de lancer un avertissement : « Nous ne devons pas laisser cela réduire le récit climatique de l’Afrique à un simple rôle de victime. »
Il a affirmé que le financement constituait le principal obstacle. L’Afrique a besoin de 277 milliards de dollars par an pour mettre en œuvre ses CDN jusqu’en 2030, a déclaré M. Gatete, et les flux financiers actuels ne couvrent qu’environ 11 % de ce montant. Les dons et les ressources à des conditions avantageuses devraient primer sur les instruments d’endettement, a-t-il soutenu, et la ZLECAf est le moyen de transformer les richesses du continent en énergies renouvelables et en ressources minières en emplois.
Le commissaire Vilakati l’a exprimé plus crûment : la question pour la CCDA-14 n’est pas de savoir ce que l’Afrique attend de la COP32, mais ce qu’elle est prête à proposer. Il a cité le financement climatique et l’adaptation comme priorités absolues, en faisant référence à la Déclaration de Kampala et aux lacunes relevées cette année par le Forum africain d’alerte précoce.
La société civile a également pris la parole. M. Mithika Mwenda, directeur exécutif de l’Alliance panafricaine pour la justice climatique, a déclaré aux délégués que la CCDA-14 ne pouvait pas se limiter à de simples discussions : la Déclaration d’Addis-Abeba de 2025, a-t-il affirmé, doit passer de la déclaration à la mise en œuvre.
M. James Kinyangi, coordinateur de la BAD pour le Fonds spécial Climat et Développement, a présenté les chiffres relatifs au Guichet d’action climatique : 450,9 millions de dollars mobilisés auprès de sept donateurs, 386 millions de dollars engagés dans 79 projets et une couverture d’alerte précoce qui atteint désormais 15 millions de personnes dans 12 pays. Par ailleurs, la Banque a mobilisé 8,4 milliards de dollars pour l’adaptation et a versé 3,3 milliards de dollars sur les 6,5 milliards promis pour la Grande Muraille verte.
Mme Olubunmi Obasanjo-Williams, représentant Afreximbank, a déclaré que l’institution consacrera 5 % de ses prêts à long terme au financement climatique d’ici 2030, et 70 % à l’adaptation. Elle a cité en exemple le projet de chaîne de valeur des batteries RDC-Zambie, d’un montant de 3 milliards de dollars, mis en œuvre en collaboration avec la CEA et d’autres partenaires, comme une illustration concrète de ce que cela peut donner.
La CCDA-14 se déroule jusqu’au 9 septembre et devrait produire un cadre stratégique pour la COP31, un document d’options pour la présidence de la COP32 et une position commune africaine unifiée.

