(CROISSANCE AFRIQUE)-En matière de politique monétaire, le Comité de politique monétaire de la BCEAO a adopté selon le rapport 2025, l’institution financière un cycle d’assouplissement, marquant un tournant significatif dans sa stratégie économique.
Après une période de hausse des taux d’intérêt au cours de l’année 2023, qui visait à contrer l’inflation croissante et à stabiliser l’économie, le taux de référence a été progressivement ramené à 3,25 % en juin 2025, puis à 3,00 % en mars 2026. Cette décision de réduire les taux d’intérêt reflète une volonté de stimuler l’activité économique en rendant le crédit plus accessible aux entreprises et aux ménages. Parallèlement, le taux du guichet de prêt marginal a été fixé à 5,00 %, servant de référence pour les banques qui cherchent à emprunter des fonds à court terme.
En juin 2026, dans un contexte économique mondial incertain, l’institution a pris la décision de maintenir les taux d’intérêt inchangés. Cette décision a été soigneusement justifiée par la nécessité de faire preuve de prudence face aux incertitudes internationales, notamment celles liées au conflit au Moyen-Orient, qui pourrait avoir des répercussions sur les marchés financiers et les échanges commerciaux.
De plus, le Comité a souligné l’importance d’évaluer les effets des mesures d’assouplissement déjà mises en œuvre, afin de mesurer leur impact sur la croissance économique et l’inflation. Cette approche prudente témoigne de la volonté de la BCEAO de naviguer avec soin dans un environnement économique complexe, tout en cherchant à soutenir la croissance et à préserver la stabilité financière dans la région.
Aussi, les responsables de la Banque Centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) ont également souligné avec conviction que les taux d’intérêt de l’Union Économique et Monétaire Ouest-Africaine (UEMOA) demeurent parmi les plus bas du continent africain, un fait qui témoigne de la solidité et de la résilience de la politique monétaire de la région. En 2025, le taux directeur de l’Union a été fixé à un attractif 3,25 %, un chiffre qui se distingue nettement des taux plus élevés observés dans d’autres pays africains, tels que les 7 % en Afrique du Sud, les 21,5 % au Ghana et les impressionnants 27 % au Nigéria.
Cette situation favorable est le fruit d’une gestion prudente et proactive de la BCEAO, qui a réaffirmé son engagement indéfectible à continuer de créer des conditions propices au financement des économies des États membres de l’Union, notamment la Guinée-Bissau, le Sénégal, le Togo, le Bénin, la Côte d’Ivoire, le Burkina Faso, le Mali et le Niger.
À travers la conduite de sa politique monétaire, la BCEAO s’efforce de promouvoir la stabilité financière tout en soutenant le développement du système financier régional. Dans cette optique, l’institution a clairement indiqué que la préservation de la stabilité des prix et du pouvoir d’achat des populations de ces pays restera la priorité absolue de son action.
Notons que ce faisant, la BCEAO aspire à renforcer la confiance des investisseurs et à stimuler la croissance économique, tout en veillant à ce que les citoyens de l’UEMOA bénéficient d’un environnement économique sain et dynamique.
Abdoulaye KONÉ

