(CROISSANCE AFRIQUE)-a présence d’anciens responsables de mouvements armés au sein des institutions de la République mérite d’être saluée lorsqu’elle résulte d’un processus de dialogue, de renoncement à la violence et d’un engagement sincère au service de la Nation. Elle rappelle qu’aucun conflit interne n’est totalement insoluble lorsque la volonté politique, le dialogue et l’intérêt supérieur du pays prévalent.
L’histoire enseigne que les grandes nations ne se construisent pas par l’exclusion permanente de leurs propres enfants, mais par leur capacité à dépasser les blessures du passé pour bâtir un avenir commun. Le Mali a toujours été plus fort lorsqu’il a su rassembler toutes ses filles et tous ses fils autour d’un même idéal : celui d’une Nation unie, souveraine, paisible et prospère.
Dépasser les égos, les passions, les rancœurs et les intérêts particuliers pour placer l’intérêt général des populations, l’unité nationale et la stabilité du pays au-dessus de toute autre considération constitue un acte de grandeur politique. Lorsqu’un ancien adversaire choisit définitivement la République plutôt que la confrontation, et accepte de servir le pays dans le respect de ses institutions et de ses lois, c’est toute la Nation qui y gagne.
Le Mali n’appartient à aucune communauté, à aucune région, à aucun groupe politique ni à aucune génération. Il est notre patrimoine commun. Nous avons tous, sans distinction, le devoir de préserver son unité, de défendre sa souveraineté et de contribuer à sa prospérité.
Il convient donc de rendre hommage à tous ceux qui, au fil des décennies, ont œuvré, chacun à leur manière, pour rapprocher les Maliens, favoriser le dialogue et créer les conditions du retour à la paix. Chaque avancée vers la réconciliation nationale constitue une victoire collective qui dépasse les personnes et les circonstances. Elle renforce la Nation et prépare un avenir plus serein pour les générations futures.
Notre souhait est que cette démarche inspire d’autres pays confrontés à des crises internes. La paix durable ne naît pas seulement des victoires militaires ; elle se construit également par le dialogue, le pardon, la confiance retrouvée, le respect des institutions et l’engagement commun en faveur du développement.
Comme l’enseigne l’Évangile : « Que celui qui n’a jamais péché jette la première pierre. » Cette parole nous invite à l’humilité, à la retenue et à la miséricorde. Au lieu de condamner systématiquement ceux qui ont choisi de revenir au service de la Nation, encourageons toutes les initiatives sincères qui renforcent la paix, consolident l’unité nationale et contribuent à la stabilité du Mali.
Lorsque la paix revient, elle devient un bien précieux qu’il appartient à chacun de protéger. Les autorités publiques, les leaders politiques, les autorités traditionnelles et religieuses, la société civile, les anciens combattants, les jeunes et l’ensemble des citoyens ont une responsabilité commune : préserver ce bien inestimable et poursuivre, ensemble, la construction d’un Mali réconcilié, fort et tourné vers l’avenir.
Vive le Mali uni dans sa diversité.
Vive la République.
Vive la paix, le dialogue et la prospérité au service de tous les Maliens.
Harouna Niang
Citoyen lambda

