(CROISSANCE AFRIQUE)-En Égypte, le gouvernement s’apprête à donner un coup d’envoi à un programme national ambitieux, visant à installer jusqu’à 1000 MW de capacités solaires sur les toits d’environ 7000 usines à travers le pays.
Ce projet, baptisé « Industrial Solar Initiative », a été minutieusement examiné lors d’une réunion cruciale qui s’est tenue le lundi 11 mai, sous la présidence du Premier ministre Mostafa Madbouly. Cette rencontre a rassemblé plusieurs membres clés du gouvernement, notamment ceux en charge des secteurs de l’Industrie, de l’Électricité, des Finances et du Pétrole, soulignant l’importance stratégique de cette initiative pour l’économie égyptienne.
Selon les déclarations du ministre de l’Industrie, Khaled Hashem, cette initiative promet de couvrir près de 10 % du parc industriel agréé du pays, ce qui représente un pas significatif vers une transition énergétique durable. Le programme repose sur une capacité moyenne d’environ 150 kW par usine, mais il prévoit également des systèmes plus puissants pour les sites à forte consommation électrique, permettant ainsi une adaptation aux besoins spécifiques de chaque installation.
L’objectif principal de cette initiative est de réduire la dépendance énergétique de l’industrie, un enjeu crucial dans un pays où la demande en énergie ne cesse d’augmenter. En intégrant des solutions d’énergie renouvelable, l’Égypte espère non seulement diminuer son empreinte carbone, mais aussi renforcer la compétitivité de son secteur industriel sur la scène internationale. Ce projet s’inscrit dans une vision plus large de développement durable, visant à transformer le paysage énergétique du pays tout en favorisant l’innovation et la croissance économique.
Le projet ambitieux prévoit l’exploitation d’environ 7 millions de mètres carrés de toitures industrielles, une initiative innovante qui vise à transformer ces surfaces en véritables centrales solaires. Grâce à cette approche, les usines auront la possibilité de produire directement une partie de leur électricité, ce qui représente une avancée significative vers l’autonomie énergétique. Pour les autorités, cet objectif s’inscrit dans une double stratégie : d’une part, la réduction des coûts de production pour les industriels, et d’autre part, la limitation de la pression croissante exercée sur le réseau électrique national, ainsi que sur la consommation de gaz naturel, une ressource de plus en plus précieuse.
Dans ce contexte, le gouvernement égyptien perçoit cette initiative non seulement comme une opportunité économique, mais également comme un moyen de renforcer la sécurité énergétique des entreprises industrielles. Cela est particulièrement pertinent dans un environnement mondial marqué par la volatilité des prix de l’énergie et les tensions sur les approvisionnements, qui peuvent perturber les opérations des entreprises. Les petites et moyennes entreprises (PME) industrielles, ainsi que les secteurs qui consomment beaucoup d’électricité durant la journée, figurent parmi les principaux bénéficiaires ciblés par ce programme, leur offrant ainsi une chance de réduire leurs dépenses énergétiques tout en contribuant à un avenir plus durable.
Le ministre de l’Électricité, Mahmoud Esmat, a souligné que ce programme pourrait également générer des économies substantielles sur les combustibles conventionnels utilisés pour la production d’électricité, ce qui représente une avancée non négligeable dans la lutte contre les coûts énergétiques croissants. En intégrant des solutions d’énergie renouvelable dans le tissu industriel, l’Égypte se positionne non seulement comme un acteur clé dans la transition énergétique, mais elle ouvre également la voie à une industrialisation plus verte et plus résiliente, capable de faire face aux défis énergétiques du XXIe siècle.
L’enjeu des exportations et du carbone est devenu un sujet central dans les discussions économiques contemporaines, surtout dans un pays comme l’Égypte, où Le Caire s’efforce de renforcer la compétitivité de ses exportations industrielles. Au-delà des simples considérations énergétiques, la nécessité de réduire l’empreinte carbone des produits manufacturés émerge comme un impératif incontournable. Ce changement de paradigme s’inscrit dans un contexte global où les marchés, en particulier ceux de l’Union européenne, imposent des normes de plus en plus strictes en matière de durabilité et de respect de l’environnement. Les entreprises égyptiennes doivent donc s’adapter à ces exigences, car la capacité à démontrer une réduction significative des émissions de carbone pourrait bien déterminer leur accès à ces marchés lucratifs.
Dans cette optique, les autorités égyptiennes se mobilisent pour finaliser rapidement le cadre financier du programme, en collaborant avec plusieurs institutions de financement. Cette démarche vise à garantir que les entreprises disposent des ressources nécessaires pour investir dans des technologies plus propres et des procédés de production moins polluants.
Notons que le gouvernement envisage d’étendre cette initiative aux usines situées dans les zones franches et les zones d’investissement, qui jouent un rôle crucial dans l’économie nationale. Avant de procéder à la mise en œuvre de ces mesures, une validation officielle du projet par le Conseil des ministres est attendue, soulignant l’importance de l’engagement gouvernemental dans cette transition vers une économie plus verte et compétitive.
Pour rappel, l’enjeu des exportations et du carbone représente non seulement un défi, mais aussi une opportunité pour l’Égypte de se positionner favorablement sur la scène internationale tout en respectant les impératifs environnementaux contemporains.
Korotoumou Sylla

