La Mauritanie commence le déploiement de son deuxième câble sous-marin Internet

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(CROISSANCE AFRIQUE)-En Mauritanie, le gouvernement fait des avancées significatives vers l’établissement de sa deuxième liaison internationale par câble sous-marin à fibre optique, un projet qui promet de transformer les infrastructures de communication du pays. 

Le samedi 4 mai, dans une atmosphère empreinte d’optimisme et d’anticipation, les autorités ont procédé à l’installation de la section côtière de cette infrastructure essentielle. Ce moment marquant a été célébré par une cérémonie officielle, soulignant l’importance de cette initiative pour le développement numérique de la nation. La pose du câble principal, qui s’étendra en haute mer, est prévue pour août 2026, avec une mise en service attendue en janvier 2027, un calendrier qui témoigne de l’engagement du gouvernement à moderniser les réseaux de communication.

La cérémonie d’atterrage a été dirigée par Ahmed Salem Ould Bede, ministre de la Transformation numérique et de la Modernisation de l’administration, qui a souligné l’impact positif que cette liaison aura sur l’économie locale et sur l’accès à Internet pour les Mauritaniens. Longue de 28,4 km, la section côtière a été installée à Nouadhibou, une ville stratégique où se situe la station d’atterrage. Ce choix de localisation est crucial, car Nouadhibou est non seulement un point névralgique pour les communications, mais aussi un centre économique en pleine expansion.

La section côtière, qui représente la partie du câble située près du rivage, joue un rôle fondamental en reliant la station d’atterrage à la haute mer. Cette zone est particulièrement vulnérable aux activités humaines telles que la pêche ou le passage des navires, ce qui nécessite des mesures de protection. En général, cette section est enfouie et renforcée pour limiter les risques de dommages, garantissant ainsi la pérennité de l’infrastructure. Le reste du câble, qui sera déployé en haute mer sur de longues distances, reposera à grande profondeur, où il sera moins susceptible d’être affecté par les activités humaines, assurant ainsi une connectivité stable et fiable pour l’avenir. Ce projet ambitieux représente non seulement un pas en avant pour la Mauritanie, mais également une opportunité de renforcer les liens avec d’autres pays et d’améliorer l’accès à l’information et aux services numériques pour tous les citoyens.

Au-delà des performances techniques impressionnantes des câbles sous-marins, leur impact économique se révèle tout aussi significatif, se traduisant par une baisse des coûts pour les consommateurs. Un rapport détaillé publié en juin 2025 par la Fondation pour les études et recherches sur le développement international (FERDI) met en lumière une dynamique fascinante : le doublement des capacités internationales de transmission de données pourrait entraîner une réduction des prix pouvant atteindre 32 % pour le haut débit fixe et jusqu’à 50 % pour le haut débit mobile. Cette perspective est d’autant plus tangible lorsque l’on considère des exemples concrets, comme la mise en service du câble Didon en Tunisie en 2014, qui a permis une diminution notable de cinq points des tarifs du haut débit mobile, illustrant ainsi l’effet direct des infrastructures sous-marines sur les coûts des services.

En Mauritanie, la situation est tout aussi révélatrice. Les dépenses pour 5 Go d’Internet mobile représentent en 2025 un alarmant 2,94 % du revenu national brut par habitant, selon les données fournies par l’Union internationale des télécommunications (UIT). Ce chiffre devient encore plus préoccupant lorsqu’on le compare au coût de l’Internet fixe, qui atteint un ratio exorbitant de 17,6 %, bien au-delà du seuil de 2 % considéré comme acceptable pour garantir un accès équitable aux services numériques. Dans ce contexte, la baisse des tarifs pourrait jouer un rôle crucial en favorisant une adoption plus large des services de télécommunications, en particulier de l’Internet, et par ricochet, en stimulant le développement économique et social de ces régions. La connexion à Internet ne se limite pas à un simple accès à l’information ; elle ouvre des portes vers l’éducation, l’innovation et des opportunités économiques, transformant ainsi le paysage numérique des pays concernés.

Les autorités mauritaniennes nourrissent de grandes attentes vis-à-vis de cette infrastructure, espérant qu’elle jouera un rôle crucial dans le renforcement de la connectivité internationale du pays. Dans un monde où la transformation numérique s’accélère à un rythme sans précédent, il est impératif de répondre à la croissance continue des besoins en données qui se manifestent tant au niveau des entreprises que des particuliers. Cette infrastructure, en augmentant les capacités disponibles, ne se contente pas d’améliorer la fiabilité et la qualité des services numériques, mais elle agit également comme un bouclier contre les risques de congestion qui pourraient entraver l’accès à des services essentiels.

En intégrant une redondance par rapport au premier câble sous-marin, cette nouvelle infrastructure renforce la résilience du réseau, garantissant ainsi une continuité des services même en cas de panne ou de surcharge. Cette double connectivité est essentielle pour absorber plus efficacement la croissance du trafic de données, ce qui est particulièrement crucial dans un contexte où les usages numériques, tels que l’administration en ligne, les services financiers et les applications professionnelles, deviennent de plus en plus intégrés dans le quotidien des Mauritaniens. 

Notons que grâce à cette avancée, les autorités espèrent non seulement améliorer l’accès à Internet, mais également stimuler l’innovation et le développement économique, en positionnant la Mauritanie comme un acteur clé dans le paysage numérique régional et international.

Mariam KONE 

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