Le Mali a récupéré plus de 760 milliards de FCFA d’arriérés d’impôts et redevances en 5 auprès des compagnies minières

Date:

(CROISSANCE AFRIQUE)-Au Mali, au cours des cinq dernières années de transition politique, les autorités ont affirmé avoir récupéré plus de 760 milliards FCFA, ce qui équivaut à environ 1,36 milliard de dollars, en provenance des compagnies minières sous forme de redevances ajustées et d’impôts impayés.

Cette somme considérable a été obtenue grâce à des audits approfondis et à une vaste réforme du cadre juridique, témoignant ainsi de l’engagement du gouvernement à reprendre le contrôle de l’exploitation des ressources naturelles du pays. Le montant récupéré a été reversé au Trésor public, illustrant la volonté des dirigeants maliens de transformer le secteur extractif en un véritable levier de développement économique pour le pays.

Lors d’une présentation qui a eu lieu le 8 juillet à Bamako, la capitale vibrante du Mali, le ministre malien des Mines, Pr Amadou Keïta, a exposé le bilan des réformes engagées depuis 2021. Il a souligné que cette stratégie s’inscrit dans la vision ambitieuse portée par le président de la transition, le général d’Armée Assimi Goïta, qui se résume par le slogan inspirant : « Que l’or brille pour les Maliens ». Cette déclaration, relayée dans une note gouvernementale publiée le 10 juillet, met en lumière l’aspiration du gouvernement à faire en sorte que les richesses naturelles du pays profitent directement à sa population.

Selon les explications du ministre, les réformes mises en œuvre visent à renforcer la transparence et la responsabilité dans le secteur minier, tout en garantissant que les bénéfices générés par l’exploitation des ressources naturelles soient utilisés pour financer des projets de développement durable. Cette approche vise non seulement à stimuler l’économie nationale, mais également à améliorer les conditions de vie des Maliens, en investissant dans des infrastructures essentielles, l’éducation et la santé. En somme, ces efforts témoignent d’une volonté claire de transformer le Mali en un pays où les ressources naturelles sont gérées de manière équitable et bénéfique pour tous.

Quant au ministre, il a souligné avec emphase que ces réformes significatives ont conduit, en 2023, à l’adoption d’un nouveau code minier ainsi qu’à une loi sur le contenu local, deux textes législatifs qui redéfinissent en profondeur les relations entre l’État, les investisseurs et les communautés locales. Ces changements visent à établir un cadre plus équitable et durable pour l’exploitation des ressources minérales, tout en tenant compte des intérêts des populations affectées.

Parmi les principales innovations introduites par ces textes, on note une augmentation substantielle de la participation de l’État et des investisseurs privés nationaux dans les projets miniers, qui a été portée à 35%, contre 20% auparavant. Cette mesure vise à renforcer le contrôle national sur les ressources naturelles et à garantir que les bénéfices de l’exploitation minière profitent davantage à la population malienne. De plus, la loi sur le contenu local impose aux compagnies minières de privilégier le recrutement de compétences maliennes, favorisant ainsi l’emploi local et le développement des talents nationaux. Les entreprises sont également encouragées à recourir davantage aux sociétés nationales dans leurs contrats de sous-traitance, avec l’ambition de créer un tissu industriel local plus robuste et dynamique.

Les autorités ont également pris des mesures significatives en supprimant plusieurs avantages fiscaux qui étaient auparavant accordés aux sociétés minières. Parmi ces changements notables figurent la suppression des clauses de stabilité fiscale, qui empêchaient l’ajustement des prélèvements fiscaux lorsque les cours de l’or connaissaient une forte hausse. De plus, certaines exonérations douanières ont été abolies, ce qui pourrait avoir un impact considérable sur la rentabilité des opérations minières. Ces réformes visent à garantir une plus grande équité fiscale et à s’assurer que les ressources générées par l’exploitation minière soient réinvesties dans le développement économique et social du pays, tout en répondant aux attentes croissantes des citoyens en matière de transparence et de responsabilité.

Aussi, les réformes engagées visent également à mieux redistribuer les revenus issus des ressources minières, un enjeu crucial pour le développement économique et social du pays. En 2026, le fonds minier de développement local a ainsi permis de transférer une somme impressionnante de 18,4 milliards FCFA à 819 communes du pays. Ces fonds sont destinés à financer des infrastructures essentielles dans des domaines vitaux tels que la santé, où des centres médicaux peuvent être construits ou rénovés, l’éducation, avec la possibilité d’améliorer les établissements scolaires et d’accroître l’accès à des ressources pédagogiques, l’hydraulique, garantissant un approvisionnement en eau potable, ainsi que des routes, qui facilitent les déplacements et le commerce. Cette redistribution constitue, selon les autorités, une première historique dans le financement du développement local grâce aux recettes minières, marquant un tournant significatif dans la manière dont les ressources naturelles peuvent être utilisées pour le bien-être des populations.

Parallèlement, le gouvernement supervise également la construction de la première raffinerie nationale d’or, en coopération avec la Russie, un projet ambitieux qui vise à transformer localement le métal précieux avant son exportation. Cette initiative permettra non seulement de capter une plus grande part de la valeur ajoutée, mais aussi de créer des emplois locaux et de renforcer les compétences techniques dans le secteur. En outre, un projet d’usine de fabrication d’explosifs industriels est également en préparation, visant à réduire la dépendance du pays aux importations destinées à l’industrie minière. Ce développement stratégique est essentiel pour assurer une autonomie économique et renforcer la capacité du pays à gérer ses ressources naturelles de manière durable. En tant qu’acteur majeur dans le secteur aurifère en Afrique, ces initiatives témoignent de l’engagement du pays à maximiser les bénéfices de ses ressources tout en soutenant le développement local et en favorisant une croissance inclusive.

Par ailleurs, les cinq dernières années ont été marquées par une profonde restructuration institutionnelle qui a profondément transformé le paysage du secteur extractif au Mali. Le gouvernement, conscient des enjeux environnementaux et économiques, a mis en place plusieurs structures spécialisées pour encadrer et réguler cette industrie cruciale. Parmi ces initiatives, la création de la Brigade spéciale des Mines se distingue, ayant pour mission de lutter contre l’exploitation illégale des ressources naturelles et de veiller au respect des normes environnementales.

Cette brigade joue un rôle essentiel dans la préservation des écosystèmes fragiles du pays, tout en garantissant que les ressources minérales soient exploitées de manière responsable. En parallèle, l’Office malien des substances précieuses (OMASP) a été établi pour superviser la gestion des ressources précieuses, tandis que la Société du patrimoine minier du Mali (SOPAMIM) et la Société de recherche et d’exploitation des ressources minérales (SOREM) ont été créées pour renforcer la recherche et l’exploitation des ressources minérales, contribuant ainsi à une meilleure valorisation des richesses du sous-sol malien.

Dans ce contexte de réformes institutionnelles, le Mali s’engage également dans une stratégie audacieuse de diversification de son secteur extractif, qui ne se limite plus à l’or, traditionnellement le pilier de son économie minière. En effet, après le projet de Goulamina, le projet de lithium de Bougouni a récemment franchi une étape significative en entrant en production. Ce développement stratégique permet au pays de se positionner parmi les principaux producteurs africains de lithium, un minerai essentiel dans la fabrication des batteries électriques, qui sont de plus en plus demandées dans le cadre de la transition énergétique mondiale.

Notons que les deux projets, Goulamina et Bougouni, devraient produire ensemble plus de 590 000 tonnes de concentré de spodumène, marquant ainsi une avancée majeure pour le Mali dans le secteur des ressources minérales. Cette diversification ne se limite pas seulement à une augmentation de la production, mais elle ouvre également la voie à de nouvelles opportunités économiques, à la création d’emplois et à une meilleure intégration du Mali dans les chaînes d’approvisionnement mondiales.

Daouda Bakary KONE

croissanceafrik
croissanceafrikhttp://croissanceafrique.com
Croissance Afrique (sarl) est un Média multi-support qui propose plusieurs rubriques axées sur l’actualité économique du continent. Le magazine est un journal (en ligne dont un mensuel disponible dans les kiosques à journaux) qui traite spécialement les informations financières dédiées à l’Afrique. Il est également le premier média malien spécialisé dans la production d’Informations Économiques, financières, Stratégiques, et orienté vers le reste du monde. Le Magazine a été fondé en Novembre 2017 à Bamako.

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

Partager:

Populaires

Lire aussi
RELATIFS

BANQUE MONDIALE : l’Afrique de l’Ouest et du Centre face au défi de la croissance et de l’emploi

(CROISSANCE AFRIQUE)-Selon la dernière édition du bulletin économique régional...

OR, LITHIUM, GYPSE,BAUXITE, FER, URANIUM, MARBRE : Fiche technique des ressources minérales stratégiques du sous-sol Malien

(CROISSANCE AFRIQUE)-Au Mali, dans son rapport 2024 de l’Initiative...