(CROISSANCE AFRIQUE)-Selon la dernière édition du bulletin économique régional Africa’s Pulse du Groupe de la Banque mondiale, l’Afrique de l’Ouest et du Centre, qui regroupe 22 pays et plus de 500 millions d’habitants, devrait enregistrer une croissance économique de 4,3 % en 2026, avant une légère accélération à 4,6 % par an entre 2027 et 2028.
L’institution souligne que, hors Nigéria, la croissance de la sous-région atteindrait 4,7 % en 2026, puis 5,4 % sur la période 2027-2028. Au sein de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA), la croissance devrait toutefois ralentir à 5,3 % en 2026, contre 6,2 % en 2025, en raison d’un fléchissement de l’activité au Bénin, en Côte d’Ivoire, en Guinée-Bissau et au Sénégal. Cette évolution devrait plus que compenser l’accélération attendue de la croissance au Mali.
Le rapport rappelle que l’agriculture demeure le principal moteur de l’économie régionale, employant encore 42 % de la population en 2019, même si plusieurs pays tirent également leurs revenus de l’exportation de ressources naturelles telles que le pétrole, le cacao ou le coton. Malgré ce potentiel économique, la Banque mondiale met en garde contre des défis structurels majeurs. Environ un quart des personnes vivant dans l’extrême pauvreté dans le monde se trouvent dans cette région, tandis que 73 % de la population vit dans des pays confrontés à la fragilité, aux conflits et à la violence.
Le rapport souligne également l’urgence de la création d’emplois. Pour accompagner la croissance démographique, l’Afrique subsaharienne devra créer 15 millions d’emplois chaque année, un objectif encore loin d’être atteint. En Afrique de l’Ouest et du Centre, où plus de 90 % des emplois relèvent du secteur informel, les secteurs stratégiques comme les mines, l’énergie et l’agriculture commerciale souffrent d’un manque de main-d’œuvre qualifiée, conduisant de nombreuses entreprises à recruter des compétences à l’étranger.
Pour la Banque mondiale, le renforcement des compétences, l’amélioration du climat des affaires et l’accélération des investissements productifs seront déterminants pour transformer le potentiel économique de la région en une croissance inclusive et créatrice d’emplois.
Ibrahima Ndiaye

