(CROISSANCE AFRIQUE)-En Égypte, la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD) a annoncé son intention de mobiliser un montant impressionnant de 192 millions de dollars pour soutenir un projet éolien ambitieux de 900 mégawatts (MW), le vendredi 14 Août 2026
Ce projet, dirigé par le groupe énergétique norvégien Scatec, s’inscrit dans une démarche plus large de transition énergétique et de développement durable dans la région.
Le financement, bien qu’annoncé, est encore soumis à l’approbation du conseil d’administration de cette institution financière européenne, ce qui souligne l’importance de la rigueur et de la transparence dans le processus de financement de projets d’une telle envergure. Les fonds seront spécifiquement alloués à la construction et à l’exploitation du parc éolien de Shadwan, qui se trouve à Ras Shukeir, dans le gouvernorat de la mer Rouge, une région connue pour ses conditions climatiques favorables à l’énergie éolienne.
Ce projet, dont le coût total est estimé à 1 milliard de dollars, représente une avancée significative dans le secteur des énergies renouvelables en Égypte. Il devrait bénéficier d’une garantie couvrant le risque de première perte, mise en place dans le cadre du programme de garantie Hi-Bar du Fonds européen pour le développement durable plus (EFSD+). Ce programme a pour objectif de mobiliser des investissements privés dans des projets complexes liés au climat et à la transition énergétique, favorisant ainsi un avenir plus durable et résilient face aux défis environnementaux actuels. La mise en œuvre de ce projet pourrait non seulement contribuer à la réduction des émissions de carbone, mais également à la création d’emplois locaux et à la stimulation de l’économie régionale.
La production du parc éolien de Shadwan, situé sur la côte égyptienne, est destinée à alimenter le réseau électrique centralisé égyptien, un enjeu crucial pour le développement énergétique du pays. Scatec, une entreprise norvégienne spécialisée dans les énergies renouvelables, avait signé, en juin 2025, un contrat d’achat d’électricité d’une durée de 25 ans avec la Société égyptienne de transport d’électricité (EETC), garantissant ainsi un approvisionnement stable et durable en électricité verte pour les années à venir.
Ce projet ambitieux s’inscrit dans le cadre du programme égyptien « Nexus of Water, Food, and Energy », qui vise à intégrer de manière harmonieuse les secteurs de l’eau, de l’alimentation et de l’énergie. Le volet énergie de ce programme est piloté par la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD), avec pour objectif de développer 10 GW de nouvelles capacités renouvelables privées d’ici 2028, un défi qui souligne l’engagement de l’Égypte envers une transition énergétique durable.
L’Égypte ambitionne de porter la part des énergies renouvelables dans son mix électrique à 42 % d’ici 2030 et à 60 % à l’horizon 2040, une vision qui témoigne de la volonté du pays de réduire sa dépendance aux énergies fossiles et de lutter contre le changement climatique. Selon le fournisseur de données GlobalData, les capacités solaires installées du pays le plus peuplé du monde arabe devraient passer d’environ 2,9 GW en 2025 à 34,3 GW en 2035, tandis que l’éolien pourrait atteindre 15,1 GW, contre environ 3 GW en 2025, illustrant une croissance exponentielle dans le secteur des énergies renouvelables.
Outre le parc éolien de Shadwan, Scatec développe plusieurs projets d’énergies renouvelables en Égypte, contribuant ainsi à la diversification des sources d’énergie et à la création d’emplois locaux. Le groupe s’engage à travailler en étroite collaboration avec les autorités égyptiennes et les communautés locales pour maximiser les bénéfices socio-économiques de ces initiatives, tout en respectant les normes environnementales les plus strictes. Ce faisant, Scatec joue un rôle clé dans la transformation du paysage énergétique égyptien, en faisant de l’Égypte un leader régional dans le domaine des énergies renouvelables.
Korotoumou Sylla

