Au Sénégal, les coûts de construction augmentent de 1,0% au deuxième trimestre 2026

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(CROISSANCE AFRIQUE)-Au Sénégal, les coûts de construction des bâtiments et des travaux publics (BTP) ont connu une augmentation notable de 1,0 % au cours du deuxième trimestre de l’année 2026, en comparaison avec le trimestre précédent, une tendance qui soulève des questions sur l’évolution du secteur de la construction dans le pays. 

Cette information, fournie par l’Agence nationale de la statistique et de la démographie (ANSD), met en lumière les dynamiques économiques en jeu, où cette hausse des coûts est principalement attribuée à l’augmentation des coûts de construction des bâtiments, qui ont grimpé de 1,4 %, ainsi qu’à celle des ouvrages de génie civil, qui ont enregistré une hausse de 1,1 %. En revanche, l’ANSD souligne que les coûts des travaux spécialisés ont connu une contraction de 0,6 % durant cette période, ce qui pourrait indiquer des défis spécifiques rencontrés par ce segment du marché.

En analysant ces chiffres dans une perspective annuelle, on constate que les coûts de construction ont augmenté de 0,1 %, une hausse modeste qui est principalement influencée par le renchérissement des travaux de construction des ouvrages de génie civil, qui ont progressé de 0,4 %. Cependant, il est intéressant de noter que les coûts de construction des bâtiments et ceux des travaux spécialisés ont respectivement diminué de 0,2 % et 0,1 %, ce qui pourrait refléter des ajustements de marché ou des variations dans la demande pour ces types de travaux.

Au cours de la période sous revue, les coûts de construction des bâtiments ont enregistré une progression significative de 1,4 % par rapport au trimestre précédent. Cette évolution s’explique par plusieurs facteurs, notamment l’augmentation des prix des matériaux de construction, la hausse des salaires dans le secteur, ainsi que des investissements accrus dans l’infrastructure, qui stimulent la demande pour des projets de construction. Cette dynamique pourrait également être influencée par des politiques gouvernementales visant à encourager le développement urbain et à répondre aux besoins croissants en logements et en infrastructures publiques. Au titre des bâtiments non résidentiels, la hausse de 1,4% des coûts de construction résulte de celle des prix de certains matériaux de base, notamment le ciment ordinaire (+2,2%), le fer à béton et acier (+3,4%), le sable (+2,6%) ainsi que les graviers (+1,7%). Elle est également soutenue par le renchérissement de la main d’œuvre (+1,1%) et des services de location de matériels de coffrage (+0,7%).  En revanche, cette dynamique, qui pourrait sembler prometteuse pour le secteur de la construction, est amoindrie par la baisse des prix de certains articles essentiels, tels que ceux de la menuiserie en aluminium, qui affichent une diminution de 2,8%, et de la menuiserie en bois rouge, avec une légère baisse de 0,4%. Cette tendance à la baisse des prix pourrait avoir des répercussions sur les décisions d’achat des consommateurs et des entrepreneurs, incitant certains à retarder leurs projets de construction ou de rénovation. S’agissant des bâtiments résidentiels, il est important de noter que la hausse de leurs coûts de construction ne se limite pas à ces baisses, mais résulte également de l’augmentation significative des prix des matériaux de base. En particulier, le ciment ordinaire a connu une hausse de 1,7%, tandis que le fer à béton et l’acier ont grimpé de 3,4%. Les graviers et le sable, qui sont des éléments cruciaux pour de nombreux projets, ont également vu leurs prix augmenter respectivement de 1,5% et 2,9%. De plus, les câbles VGV, indispensables pour les installations électriques, affichent une augmentation marquée de 10,0%. Cette évolution des coûts des matériaux est d’autant plus préoccupante qu’elle est renforcée par l’augmentation des coûts de la main-d’œuvre, qui a crû de 1,3%, ajoutant une pression supplémentaire sur les budgets des projets de construction.
L’Ansd informe que les coûts de construction d’ouvrages de génie civil s’accroissent également, avec une augmentation de 1,1% en variation trimestrielle. Cette hausse est en grande partie liée à l’augmentation des coûts des travaux de construction de chaussées, qui ont progressé de 1,6%. Les travaux liés aux réseaux, bien que moins impactants, affichent tout de même une légère hausse de 0,1%. Ces augmentations de coûts dans le domaine du génie civil soulignent les défis auxquels sont confrontés les entrepreneurs, qui doivent naviguer dans un environnement de coûts fluctuants tout en essayant de respecter les délais de livraison et les budgets prévus. À l’inverse, les coûts des travaux de construction d’ouvrages d’art, bien que moins souvent mentionnés, sont également sujets à des variations significatives, reflétant les complexités inhérentes à la réalisation de projets d’infrastructure de grande envergure.
Le repli des coûts des travaux spécialisés de 0,6 % au cours de la période sous revue est principalement imputable à la baisse des coûts de la rémunération de la main-d’œuvre, qui a enregistré une diminution significative de 1,5 %. Cette tendance est particulièrement marquée chez les ouvriers qualifiés, dont la rémunération a chuté de 2,2 %. Cette situation pourrait être le reflet d’une dynamique de marché en évolution, où les entreprises cherchent à optimiser leurs dépenses tout en maintenant la qualité de leurs services. En parallèle, il est intéressant de noter qu’en variation annuelle, les coûts des travaux spécialisés se contractent également de 0,1 %.
Notons que cela soulève des questions sur les facteurs sous-jacents à cette contraction, tels que l’évolution des demandes sur le marché, les changements dans les politiques de rémunération, ou encore l’impact de la technologie sur la productivité et les coûts associés. Ces éléments pourraient influencer non seulement la compétitivité des entreprises dans le secteur, mais aussi la perception de la valeur des travaux spécialisés par les clients.
Zangouna KONÉ    

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