(CROISSANCE AFRIQUE)-En Afrique, les données officielles dévoilées par , une ONG spécialisée dans la lutte contre le pillage des ressources naturelles des pays en développement et la corruption politique ont indiqué que l’exploitation du lithium en Afrique alimente la corruption, ne profite pas aux économies des pays producteurs et cause de graves torts aux communautés locales. C’etait en marge de la publication d’un rapport publié 14 novembre 2023.
Il s’agit d’un rapport intitulé « A rush for Lithium in Africa risks fuelling corruption and failing citizens ». Le document précise que des enquêtes menées par Global Witness dans trois mines de lithium au Zimbabwe, en Namibie et en République démocratique du Congo.
Par ailleurs, au Zimbabwe, le rapport estime que quelque 5000 mineurs artisanaux se sont rués vers la mine de Sandawana, un ancien gisement d’émeraudes désaffecté où d’importantes quantités de lithium ont été découvertes, pour extraire « l’or blanc » et le vendre à des négociants sud-africains.
Toutefois, une partie de ces creuseurs, qui travaillaient dans des conditions dangereuses, ont perdu leur gagne-pain après l’octroi de la concession minière de Sandawana à la Fédération des mineurs du Zimbabwe (ZMF).
En effet, seuls, les mineurs artisanaux qui paient pour adhérer à la ZMF étaient autorisés à extraire du minerai à Sandawana, et le lithium être obligatoirement vendu à cet organisme destiné à mettre de l’ordre dans le secteur exploitation minière artisanale et à petite échelle.
Ainsi, l’implication de la ZMF dans l’exploitation de la mine n’a pas cependant amélioré les conditions de vie des mineurs artisanaux à Sandawana. Des creuseurs ont déclaré aux médias que le prix qu’ils obtiennent pour le minerai a chuté de 75 % alors que les conditions de sécurité ne se sont pas améliorées sur le site, où une dizaine de creuseurs ont été ensevelis suite à l’effondrement d’une partie de la mine.
Notons qu’en début 2023, des ONG locales ont fait état d’expulsions massives de creuseurs et de confiscation de leurs minerais après le rachat de la mine par des entreprises ayant des liens étroits avec le parti au pouvoir au Zimbabwe, le ZANU-PF, et l’armée, dont des sociétés qui font l’objet de sanctions de la part des États-Unis ou de l’Union européenne.
C’est pourquoi, grâce à leurs connexions politiques, les nouveaux propriétaires de la mine ont « continué à expédier des milliers de tonnes de minerais vers l’étranger » malgré l’interdiction officielle des exportations de lithium brut.
Daouda Bkary KONE