(CROISSANCE AFRIQUE)-Au Burkina Faso, une nouvelle phase significative est marquée dans le parcours budgétaire du gouvernement en adoptant, le 27 décembre 2025, la loi de finances pour l’exercice 2026, acte qui illustre une volonté affirmée de l’administration de gérer avec prudence et anticipation les ressources de l’État dans un climat économique de plus en plus difficile et insécurisé.
Ce budget, qui a reçu l’aval des députés de l’assemblée législative de transition, s’élève à un montant impressionnant de 3 431,5 milliards FCFA, ce qui équivaut à environ 6,15 milliards de dollars. Cet effort financier reflète la détermination des autorités à renforcer non seulement la résilience des finances publiques, mais aussi à répondre aux besoins croissants de la population face aux enjeux économiques et sécuritaires persistants.
En examinant les détails de ce budget ambitieux, nous constatons que les recettes ordinaires, qui sont une source vitale de financement pour les diverses activités gouvernementales, sont projetées à 3 216,5 milliards FCFA, ce qui représente une augmentation de 3,4% par rapport à l’exercice précédent. Cette légère hausse témoigne d’une stratégie soutenue visant à améliorer l’efficacité de la collecte des impôts et à renforcer les capacités fiscales de l’État. De plus, à ces recettes ordinaires viennent s’ajouter 215 milliards FCFA de recettes extraordinaires, contribuant à un cadrage budgétaire qui privilégie clairement l’optimisation des ressources domestiques. Cette approche, qui se détourne d’un recours accru à l’endettement, marque une volonté de consolider les finances de l’État de manière durable et responsable, tout en tenant compte des défis auxquels le pays fait face dans le contexte actuel.
Selon le ministre en charge de l’Économie et des Finances, Aboubakar Nacanabo, cette dynamique haussière, qui témoigne d’une croissance économique encourageante, repose essentiellement sur un ensemble de réformes structurelles minutieusement élaborées destinées à accroître la capacité de mobilisation des recettes intérieures, tout en modernisant considérablement l’administration fiscale et douanière. ‘’L’objectif est de sécuriser et d’élargir l’assiette fiscale, tout en améliorant l’efficacité des régies financières’’, explique-t-on au sein du département des Finances, soulignant ainsi l’importance d’une optimisation des ressources publiques dans le cadre d’une gestion transparente et rigoureuse des finances étatiques.
Parmi les mesures phares de cette politique ambitieuse figure le lancement de la facture électronique certifiée, un dispositif stratégique innovant visant à renforcer la traçabilité des transactions économiques dans un contexte où la transparence est cruciale. Ce nouvel outil permettra de mieux capter la taxe sur la valeur ajoutée (TVA), historiquement marquée par des pertes considérables liées à l’informel et à la sous-déclaration, deux problématiques qui impactent négativement la santé financière du pays. Cette réforme, audacieusement mise en œuvre, s’inscrit également dans une tendance régionale de digitalisation fiscale, qui est perçue comme un levier clé pour sécuriser les recettes fiscales, tout en évitant d’alourdir la pression fiscale formelle sur les contribuables, et ce, dans le but de favoriser un environnement économique plus stable et prévisible pour tous.
Au-delà des chiffres souvent perçus comme de simples indicateurs, la loi de finances pour l’année 2026 envoie un signal clair et déterminant : celui d’un État qui cherche résolument à reprendre la main sur ses ressources propres, en mettant l’accent sur la nécessité d’une réforme systémique et sur l’intégration de la technologie moderne pour élargir ses marges budgétaires. Cette orientation représente un choix stratégique fort, d’autant plus que le Burkina Faso se trouve dans une situation complexe où il doit simultanément financer ses priorités sociales vitales, soutenir des projets d’investissement public ambitieux et préserver les équilibres macroéconomiques fragiles qui sont essentiels à la stabilité du pays.
Il est essentiel de souligner que la réussite du budget 2026 dépendra largement de la capacité des administrations concernées à déployer rapidement et efficacement ces réformes promises. Cela nécessite non seulement une mobilisation des ressources humaines et techniques, mais aussi un engagement ferme à traduire ces promesses en recettes effectives qui viendront alimenter les caisses de l’État.
Notons que la réalisation de ces objectifs, condition indispensable pour renforcer la soutenabilité des finances publiques, est cruciale pour accompagner la relance économique attendue, tout en faisant face à des défis de plus en plus pressants. Les choix faits aujourd’hui pourraient façonner l’avenir économique et social du Burkina Faso pour de nombreuses années à venir.
Mariam KONE

