(CROISSANCE AFRIQUE)-Au Mali, le Président de la Transition, le Général d’Armée Assimi GOÏTA, a présidé, le jeudi 15 octobre 2026, au palais de Koulouba, la session 2026 du Conseil supérieur de la magistrature, un événement d’une importance capitale pour l’avenir du système judiciaire du pays.
Cette session, qui a rassemblé des figures clés du gouvernement et de la magistrature, était consacrée à des questions cruciales telles que l’affectation des magistrats nouvellement nommés et la désignation des responsables de la Cour suprême. Dans un contexte où la justice est souvent perçue comme un pilier fondamental de la démocratie, il est intéressant de se demander pourquoi le président Assimi Goïta a choisi de se concentrer sur la question de la modernisation de la justice.
Cette préoccupation témoigne d’une volonté de renforcer l’efficacité et l’intégrité du système judiciaire, éléments essentiels pour instaurer la confiance des citoyens dans les institutions. La session s’est tenue en présence du ministre de la Justice et des Droits de l’Homme, Garde des Sceaux, Mamoudou KASSOGUÉ, ainsi que des membres du corps de la magistrature, soulignant ainsi l’importance de la collaboration entre les différentes branches du pouvoir. À l’issue des travaux, le Ministre KASSOGUÉ a précisé que les délibérations portaient, en premier lieu, sur l’affectation de 99 magistrats récemment nommés.
Ainsi, ces derniers, ayant prêté serment, devaient être affectés à leurs premiers postes, conformément aux choix effectués sur la base de leur rang de classement. La validation de ces affectations est un pas vers une justice plus accessible et plus réactive, capable de répondre aux défis contemporains auxquels la société malienne est confrontée. En se focalisant sur la modernisation de la justice, le président Goïta ne fait pas que répondre à une exigence administrative; il s’engage dans une démarche qui pourrait transformer en profondeur le paysage judiciaire du Mali, en le rendant plus transparent et plus équitable pour tous.
Le Conseil a également procédé à la nomination du Président et du Vice-président de la Cour suprême, conformément aux dispositions de la loi organique de 2016 régissant cette haute juridiction. Cette démarche, saluée par de nombreux acteurs du système judiciaire, vise à mettre un terme à une situation d’intérim qui s’était prolongée au sommet de l’institution judiciaire, créant ainsi une certaine instabilité au sein de la Cour. Le Ministre a souligné que ces désignations sont essentielles pour restaurer la confiance dans le fonctionnement de la justice. Le processus de renouvellement de ses effectifs se poursuivra, après plusieurs départs à la retraite enregistrés depuis 2023, ce qui souligne l’importance d’une transition fluide pour assurer la continuité des services judiciaires.
Au-delà de ces décisions cruciales, le Ministre a réaffirmé la volonté des autorités de poursuivre la modernisation de l’appareil judiciaire, un projet ambitieux qui a pour but de rendre la justice plus accessible et efficace. Parmi les réformes annoncées figurent la généralisation progressive de la collégialité dans les juridictions, qui permettra une prise de décision plus équilibrée et réfléchie, la mise en place du juge de l’application des peines, qui jouera un rôle clé dans le suivi des condamnés, le déploiement des juges de la détention et de la liberté, afin de mieux gérer les situations de détention préventive, ainsi que l’opérationnalisation de la nouvelle carte judiciaire. Ce dernier point inclut le remplacement progressif des justices de paix par des tribunaux d’instance, une évolution qui vise à renforcer l’efficacité du traitement des affaires judiciaires à tous les niveaux.
Ces évolutions visent à transformer en profondeur le paysage judiciaire, en mettant l’accent sur la transparence, la rapidité des procédures et la protection des droits des citoyens. Dans ce contexte, le Ministre a également évoqué l’importance de la formation continue des magistrats et du personnel judiciaire, afin de garantir que tous les acteurs de la justice soient bien équipés pour faire face aux défis contemporains.
Ces réformes, si elles sont mises en œuvre avec succès, pourraient marquer un tournant significatif dans l’histoire de la justice dans le pays, en favorisant une plus grande confiance du public envers les institutions judiciaires. En effet, l’implémentation de ces changements pourrait non seulement renforcer la légitimité des décisions judiciaires, mais également encourager les citoyens à s’engager davantage dans le processus judiciaire, sachant que leurs droits seront respectés et protégés. Ce renouveau pourrait également s’accompagner d’une sensibilisation accrue sur le fonctionnement du système judiciaire, permettant ainsi aux citoyens de mieux comprendre leurs droits et obligations.
À travers cette session, les autorités entendent ainsi poursuivre le renouvellement des ressources humaines de la justice et accompagner les transformations nécessaires à une administration judiciaire plus efficace, au service de l’État de droit et des citoyens. Cela implique une formation continue des magistrats et des fonctionnaires, ainsi qu’une révision des procédures pour les rendre plus accessibles et transparentes.
Notons qu’en investissant dans des outils technologiques modernes et en favorisant une culture de collaboration entre les différentes branches du système judiciaire, les autorités visent à créer un environnement où la justice est non seulement rendue, mais également perçue comme équitable et accessible à tous. Ce processus de transformation est essentiel pour bâtir une société où chacun se sent en sécurité et respecté, et où la justice est véritablement au service de l’intérêt général.
Korotoumou Sylla

