(CROISSANCE AFRIQUE)-À l’issue du troisième trimestre 2026, la Société africaine de plantation d’hévéas (SAPH) a connu une chute significative de son résultat net, affichant une baisse alarmante de 58% par rapport à la même période en 2025.
Selon le rapport d’activité détaillé au 30 septembre 2026, élaboré par la direction de l’entreprise, le résultat net s’est établi à 9,703 milliards de FCFA, un chiffre qui contraste fortement avec les 23,154 milliards de FCFA enregistrés au troisième trimestre de l’année précédente, illustrant ainsi une contraction brutale de 13,452 milliards de FCFA.
En parallèle, le chiffre d’affaires de la SAPH a également subi une diminution de 8%, s’élevant à 232,474 milliards de FCFA contre 253,723 milliards de FCFA au troisième trimestre 2025. Les responsables de la société attribuent ce recul à une baisse conjoncturelle des volumes vendus, exacerbée par des problèmes logistiques, notamment la congestion portuaire à San-Pedro, qui a entravé les opérations d’exportation. De plus, une légère diminution du prix moyen de vente, évaluée à -0,6%, a également contribué à cette situation difficile.
Concernant le résultat d’exploitation, celui-ci a enregistré une baisse de 53%, se chiffrant à 16 milliards de FCFA, en nette diminution par rapport aux 34 milliards de FCFA réalisés au 30 septembre 2025. La direction de l’entreprise, face à ces résultats préoccupants, est d’avis que des mesures stratégiques doivent être envisagées pour redresser la situation financière et opérationnelle de la SAPH, afin de retrouver une trajectoire de croissance durable dans un contexte économique de plus en plus complexe.
De son côté, le résultat financier de l’entreprise se situe à -2,805 milliards de FCFA, un chiffre qui marque une détérioration par rapport aux -2,521 milliards de FCFA enregistrés au 30 septembre 2025, représentant ainsi une baisse de 285 millions de FCFA. En ce qui concerne le résultat des activités ordinaires, celui-ci a connu un repli significatif de 58 %, avec une réalisation de 13,002 milliards de FCFA, en forte diminution par rapport aux 31 milliards de FCFA enregistrés au troisième trimestre 2025.
Cette situation financière difficile est le reflet d’une conjoncture complexe, où le résultat cumulé à fin septembre reste en repli de 58 % par rapport à la même période de l’année précédente, impacté par une combinaison de facteurs. D’une part, la baisse des prix de vente observée au début de l’année a pesé lourdement sur les revenus, tandis que d’autre part, la hausse des coûts d’achat des matières premières a exacerbé les difficultés. Malgré ces défis, les responsables de l’entreprise ont exprimé leur confiance quant à l’avenir, soulignant une dynamique constante et soutenue des prix de marché.
Ils anticipent ainsi un résultat annuel pour 2026 qui devrait être nettement supérieur à l’objectif budgétaire fixé à 10,67 milliards de FCFA, ce qui témoigne d’une résilience et d’une stratégie proactive face aux fluctuations du marché. Selon eux, la société demeure résolument focalisée sur la maîtrise de sa performance, de ses coûts de production, tout en poursuivant avec détermination ses investissements stratégiques prioritaires. Parmi ces investissements, la finalisation de l’extension de l’usine de Soubré se distingue comme un projet phare, promettant d’accroître significativement la capacité de production et d’améliorer l’efficacité opérationnelle.
Dans l’entendement des dirigeants de la SAPH, l’application imminente de la norme EUDR, qui est le Règlement de l’union européenne sur la déforestation, prévue pour le 30 décembre 2026, viendra également renforcer et valider les orientations de l’entreprise vers une fourniture de caoutchouc durable et premium, répondant ainsi aux attentes croissantes de ses clients en matière de responsabilité environnementale.
« Dans ce contexte, ajoutent-ils, la SAPH tirera parti de fondamentaux financiers solides, qui lui permettront de conduire ses opérations avec rigueur et discipline. Cette approche vise à préserver ses marges bénéficiaires tout en nourrissant sa stratégie de croissance et de diversification. De plus, elle s’inscrit dans une volonté affirmée de renforcer son leadership sur le marché régional du caoutchouc naturel, un secteur en pleine évolution, où la demande pour des produits durables ne cesse d’augmenter. »
Mariam KONE

