(CROISSANCE AFRIQUE)-En Côte d’Ivoire, le président de la Commission de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA), Abdoulaye Diop, a été reçu en audience le jeudi 9 avril 2026 à Abidjan par le Chef de l’État, Alassane Ouattara. Cette rencontre, empreinte d’une atmosphère de collaboration et d’engagement, a été l’occasion pour le responsable communautaire de présenter un état d’avancement détaillé des réformes en cours ainsi que de la dynamique économique actuelle de l’Union.
Au Menu: des échanges fructueux et chaleureux
À l’issue de ces échanges fructueux, Abdoulaye Diop a souligné avoir fourni au président ivoirien, qui occupe également le poste de président en exercice de la Conférence des chefs d’État et de gouvernement de l’UEMOA, un point détaillé sur la situation économique et institutionnelle de l’espace communautaire en ce début d’année 2026.
Les discussions ont également abordé des enjeux institutionnels cruciaux, notamment ceux liés au fonctionnement de l’organisation, alors que la région fait face à un environnement économique et géopolitique en constante mutation. Ce contexte dynamique soulève des défis importants, mais aussi des opportunités pour renforcer l’intégration régionale et promouvoir un développement durable au sein des États membres. Les deux leaders ont ainsi échangé des idées sur les stratégies à adopter pour naviguer dans ces eaux incertaines, tout en mettant l’accent sur l’importance de la coopération et de la solidarité entre les nations ouest-africaines.
Selon le président de la Commission, les indicateurs macroéconomiques de l’Union demeurent globalement bien orientés, portés par une croissance jugée robuste dans l’ensemble des économies de la zone. Cette dynamique positive s’inscrit dans un contexte international marqué par de nombreuses incertitudes, telles que les fluctuations des marchés mondiaux, les tensions géopolitiques et les défis environnementaux.
Malgré ces obstacles, la performance de l’espace UEMOA (Union Économique et Monétaire Ouest-Africaine) traduit une certaine résilience des économies ouest-africaines, qui continuent de montrer leur capacité à s’adapter et à innover face aux défis contemporains. Le président de la Commission de l’UEMOA a également exprimé sa reconnaissance au chef de l’État ivoirien, Alassane Ouattara, pour son engagement constant en faveur de l’intégration régionale et de l’amélioration des conditions de vie des populations de l’espace communautaire. Ce soutien indéfectible est essentiel pour renforcer la coopération entre les États membres et promouvoir des initiatives qui favorisent le développement durable et inclusif.
Les deux responsables ont enfin évoqué les perspectives économiques de l’Union, dans un contexte où les économies africaines doivent composer avec les mutations rapides de l’économie mondiale, notamment la digitalisation, l’essor des technologies vertes et les nouvelles normes commerciales.
Consolidation des acquis de l’intégration économique régionale de l’Union
À cet égard, Alassane Ouattara a formulé plusieurs orientations stratégiques visant à consolider les acquis de l’intégration économique régionale et à renforcer la coordination des politiques économiques entre les États membres. Ces orientations incluent la promotion des investissements dans les infrastructures, le soutien à l’innovation et à l’entrepreneuriat local, ainsi que le développement de programmes de formation pour renforcer les compétences des travailleurs. En mettant l’accent sur ces priorités, l’Union aspire à créer un environnement propice à la croissance économique durable et à l’amélioration des conditions de vie de ses citoyens, tout en s’assurant que chaque pays membre bénéficie équitablement des fruits de cette intégration.
Une croissance économique en hausse de 6,7% en 2025
En 2025, les États membres de l’Union Économique et Monétaire Ouest-Africaine (UEMOA) ont enregistré un taux de croissance impressionnant de 6,7%, marquant une légère augmentation par rapport au taux de 6,2% observé en 2024. Ce chiffre témoigne de la solidité et de la résilience de la dynamique économique au sein de cet espace communautaire, qui regroupe plusieurs pays de la région ouest-africaine. Selon le rapport annuel 2025, méticuleusement élaboré et présenté par la Commission de l’UEMOA, cette progression notable de l’activité économique est le résultat d’un dynamisme soutenu dans l’ensemble des secteurs productifs. En particulier, l’agriculture a joué un rôle crucial, avec des récoltes abondantes et une amélioration des techniques agricoles qui ont permis d’augmenter la productivité. De plus, le secteur des services, notamment le tourisme et les technologies de l’information, a connu une expansion significative, attirant des investissements étrangers et stimulant la création d’emplois. Certaines branches industrielles, telles que la transformation alimentaire et le textile, ont également contribué à cette croissance, bénéficiant d’une demande accrue tant sur les marchés locaux qu’internationaux. Cette dynamique économique positive est un indicateur encourageant pour l’avenir de la région, soulignant l’importance d’une coopération régionale renforcée et d’une intégration économique plus poussée entre les États membres.
Inflation : 0% en 2025
Cette croissance s’est accompagnée d’une inflation particulièrement maîtrisée, un facteur essentiel pour la stabilité économique. Le taux d’inflation moyen annuel s’est établi à un remarquable 0% en 2025, contrastant fortement avec le 3,5% enregistré l’année précédente. Cette stabilité des prix a été largement attribuée à la bonne performance des productions agricoles dans la région, qui a permis de maintenir l’équilibre entre l’offre et la demande. Sur le plan des finances publiques, les indicateurs affichent également une amélioration significative.
Aussi, le déficit budgétaire global s’est réduit à 3,7% du PIB, contre 5,3% en 2024, ce qui indique une gestion plus rigoureuse des finances publiques. Cette réduction du déficit traduit une progression des recettes publiques, alimentée par une meilleure collecte des impôts et une augmentation des revenus issus des ressources naturelles, plus rapide que celle des dépenses, permettant ainsi une plus grande marge de manœuvre pour les investissements dans les infrastructures et les services publics.
Notons que cette situation de la dette s’est également stabilisée, renforçant la confiance des investisseurs et des partenaires internationaux dans la capacité des États membres à gérer leurs engagements financiers tout en poursuivant leur développement économique.
Mariam KONE

