(CROISSANCE AFRIQUE)-Au Mali, l’École Supérieure de Passation et Gestion des Marchés Publics (ESPGMP) a orchestré une cérémonie de remise de diplômes aux lauréats de la septième promotion de l’établissement. Cette célébration s’est tenue le mardi 30 décembre 2025 à l’hôtel de l’Amitié.
Cette solennité marquante a compté parmi ses invités M. Alassane Ba, président de l’autorité de régulation des marchés publics et des délégations des services publics, parrain de la promotion, ainsi que M. Yoro Diakité, représentant du président de la cérémonie Ibrahim Diawara, PDG de l’entreprise IBI Groupe. Le directeur de l’école, M. Mathieu Gnoleba, était également présent aux côtés de nombreux diplômés, au nombre de dix-huit, et de leurs invités.
Le thème choisi pour cette cérémonie est : « Réinventer la passation des marchés : mutations, défis et opportunités à l’ère du numérique ». Le directeur de l’ESPGMP a affirmé dans son discours inaugural que cette cérémonie marque un aboutissement et incarne une étape cruciale, celle du passage de la formation spécialisée à l’exercice pleinement assumé de responsabilités professionnelles au cœur de la commande publique. Selon Mathieu Gnoleba, les résultats célébrés aujourd’hui sont le fruit d’un effort collectif qui n’aurait pu être accompli sans l’engagement constant, la rigueur, l’expertise, la disponibilité et le sens de la transmission des enseignants. Il a ensuite souligné que dans nos États, la commande publique représente une part significative des budgets nationaux. Elle conditionne, a-t-il poursuivi, la qualité des infrastructures, l’accès aux services essentiels, l’efficacité des politiques publiques et la confiance des citoyens.
Pour lui, former des experts aguerris en passation et gestion des marchés publics équivaut à investir directement dans l’excellence de l’action publique et dans le développement durable de nos nations. Ainsi, soulignera-t-il, la passation des marchés publics n’est plus simplement un mécanisme administratif destiné à l’exécution des dépenses. Elle se présente désormais comme un levier stratégique de gouvernance publique, de performance économique et de crédibilité institutionnelle. » La promotion que nous célébrons aujourd’hui s’inscrit dans un contexte particulier, marqué par des transformations profondes des systèmes d’achat publics « , a-t-il précisé. Il a ajouté que la digitalisation, l’exigence accrue de transparence, la gestion des risques, l’analyse des données et la quête de performance publique ne sont plus des choix, mais des impératifs auxquels les professionnels formés dans son établissement sont appelés à répondre avec compétence et discernement.
« Nous traversons une ère de transformation profonde de la fonction des marchés publics, caractérisée par la complexité croissante des projets publics, l’internationalisation des financements, l’exigence accrue de transparence et de responsabilité, ainsi que l’irruption du numérique dans l’ensemble du cycle de la commande publique », a énuméré M. Gnoleba. S’adressant aux diplômés, récipiendaires des diplômes, M. Gnoleba a déclaré aux auditrices et auditeurs : « Ce diplôme que vous vous apprêtez à recevoir n’est pas une fin en soi. En le recevant, vous n’acquérez pas seulement une qualification académique. Vous acceptez une responsabilité professionnelle et citoyenne. Il constitue un engagement, celui de mettre vos compétences au service de l’intérêt général, d’agir avec intégrité et responsabilité, et de contribuer activement à la modernisation des systèmes de marchés publics à l’ère du numérique. »
Prenant la parole, le parrain a souligné que l’Afrique se dote d’une masse critique de spécialistes capables de transformer la gestion de nos ressources publiques. Selon Alassane Bah, la digitalisation de l’E-procurement n’est plus une option futuriste, mais un impératif de transparence, d’efficacité et d’intégration. Pour lui, aucune technologie, aussi avancée soit-elle, ne peut remplacer la conscience humaine. Il a ajouté que les réformes numériques ne valent que par la qualité des femmes et des hommes qui les pilotent. Aux lauréats, Alassane Bah a précisé que ce diplôme est un point de départ. Il leur a rappelé que derrière chaque ligne budgétaire, il y a des écoles, des centres de santé, des routes et de l’eau potable pour les citoyens. « Vous n’êtes pas de simples techniciens, vous êtes des acteurs du développement », a-t-il souligné. Il a poursuivi en recommandant de s’approprier quatre qualités et d’en faire des piliers essentiels pour leur future carrière, à savoir la compétence, l’intégrité, l’engagement et la capacité d’adaptation.
Aliou Badra DOUMBIA

