(CROISSANCE AFRIQUE)-Au cours du mois de mars 2026, l’indice des prix à la consommation en Tunisie a connu une hausse notable de 1% par rapport au mois précédent, février 2026, selon les données publiées par l’Institut National de la Statistique (INS). Cette augmentation, bien que modeste en apparence, reflète des tendances économiques plus larges qui touchent le quotidien des Tunisiens.
« Cette augmentation est principalement due à la hausse des prix du groupe des produits alimentaires de 2% et des prix du groupe Habillement et chaussures de 1,5% », explique l’INS dans son rapport sur l’Indice des prix à la consommation. Cette dynamique des prix est particulièrement significative dans le contexte actuel, où les ménages doivent jongler avec des budgets de plus en plus serrés.
En examinant plus en détail les fluctuations mensuelles, on constate que les prix du groupe Alimentation ont augmenté de 2%, une tendance qui s’explique par la flambée des prix des légumes frais, qui ont grimpé de 5,8%. Cette hausse est particulièrement préoccupante pour les familles qui dépendent de ces produits pour leur alimentation quotidienne. De plus, les prix de la volaille ont également enregistré une augmentation de 4%, tandis que les fruits frais ont vu leurs prix s’élever de 2,9%.
La viande d’agneau, souvent considérée comme un produit de choix, a augmenté de 2,5%, et le poisson frais a suivi avec une hausse de 2%. En revanche, une légère baisse a été observée dans le secteur des œufs, dont les prix ont diminué de 0,7%, apportant un peu de répit aux consommateurs.
Selon l’INS, les prix des produits d’habillement ont également connu une tendance à la hausse en mars, augmentant de 1,5% en raison des préparatifs pour l’Aïd al-Fitr, une période de festivités marquée par des achats accrus de vêtements et de chaussures. Plus précisément, les vêtements ont enregistré une augmentation de 1,7%, tandis que les chaussures ont vu leurs prix augmenter de 1,4%.
Cette période de l’année est cruciale pour les commerçants, car elle représente une opportunité significative pour stimuler les ventes, mais elle met également une pression supplémentaire sur les consommateurs qui doivent faire face à des prix en hausse dans plusieurs catégories essentielles.En mars 2026, le paysage économique se caractérise par une stabilisation du taux d’inflation sous-jacente, qui s’établit à 4,6%, excluant les fluctuations des produits alimentaires et de l’énergie.
Cette situation indique une certaine résilience des prix dans un contexte économique mondial incertain. Parallèlement, les prix des produits libres, ceux qui ne sont pas soumis à un contrôle gouvernemental, enregistrent une augmentation significative de 6,1% sur une période d’un an, reflétant une demande soutenue et des coûts de production en hausse.
En revanche, les produits encadrés, qui bénéficient d’une régulation des prix, connaissent une hausse plus modérée de 1,2%, suggérant que les mesures de contrôle mises en place par les autorités ont réussi à limiter l’impact de l’inflation sur ces biens essentiels. En ce qui concerne les produits alimentaires, la situation est particulièrement marquée : les produits alimentaires libres affichent une flambée de 7,7%, une augmentation qui pourrait être attribuée à des facteurs tels que des perturbations dans la chaîne d’approvisionnement ou des conditions climatiques défavorables.
À l’opposé, les produits alimentaires à prix encadrés, qui sont souvent considérés comme des biens de première nécessité, n’augmentent que de 0,2%, ce qui démontre l’efficacité des politiques de régulation pour protéger les consommateurs les plus vulnérables face à la montée des prix. Cette dynamique complexe des prix met en lumière les défis auxquels les consommateurs sont confrontés, tout en soulignant l’importance des politiques économiques pour maintenir un équilibre dans le marché.
Mariam KONE

