Green ICT: Pour une transition énergétique viable en Afrique (Exclusif)

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(CROISSANCE AFRIQUE)-Au regard de la place grandissante que prennent les débats sur la lutte contre le réchauffement climatique, la dynamique mondiale en faveur de la neutralité carbone s’intensifie. Pourtant, l’Afrique représente seulement 3% des capacités mondiales installées en électricité renouvelable, selon un rapport de l’Agence internationale pour les énergies renouvelables (IRENA)[1].

Or, la transition vers une énergie verte, en permettant tout d’abord au continent de lutter contre les effets délétères du changement climatique dont il pourrait être l’une des premières victimes, permettrait également de développer et déployer des systèmes énergétiques intelligents et durables, à même de favoriser de nouvelles opportunités.

Si l’Afrique concentre paradoxalement d’importantes ressources énergétiques, disposant tout particulièrement d’un fort potentiel hydraulique et solaire, il est à noter qu’une grande partie de sa population souffre encore de « disette énergétique ». En effet, selon le rapport de la Commission économique pour l’Afrique (CEA) publié en juin 2021, près de 600 millions de personnes n’ont toujours pas accès à une électricité de qualité, 900 millions n’ont pas accès à un combustible propre et dans 24 pays, le taux d’accès à l’électricité est inférieur à 50 %[2]. L’électrification totale de l’Afrique et un accès de l’ensemble des populations à une énergie propre et durable sont deux défis majeurs qui entravent le développement socio-économique du continent, alors même que celui-ci devrait compter près de 2,5 milliards d’habitants en 2050, selon les estimations de l’ONU.[3]

Une transition énergétique viable inscrite dans l’Agenda 2030 des Nations Unies

Dans son Agenda 2030, l’ONU a défini 17 objectifs en faveur du développement durable (ODD) de la planète qui doivent être réalisés d’ici 2030. Parmi ces objectifs, le 7ème concerne notamment la démocratisation de l’accès à tous des services énergétiques adaptés, fiables, durables et modernes à un coût abordable. Pour y parvenir, l’ONU recommande d’accroître spécifiquement l’utilisation des énergies renouvelables, les réseaux électriques intelligents étant à même de construire des systèmes moins friands en énergie pour une croissance durable. Face à ces objectifs, un changement de cap s’avère donc nécessaire. En exploitant le potentiel des énergies renouvelables, les économies africaines s’assureront une croissance durable tout en respectant les objectifs climatiques mondiaux. La transition vers les énergies renouvelables est un objectif mondial et nombreuses sont les entreprises et organisations, qui, sur le continent africain et dans le monde, orientent leurs stratégies en ce sens. Ainsi, inscrivant la réduction des émissions de carbone au cœur de son action, le groupe chinois Huawei s’est donné comme objectif d’atteindre la neutralité carbone et de recourir à une énergie plus durable, comme cela a été évoqué lors du Huawei Analyst Summit 2022.

Par ailleurs, le développement intensif des marchés des technologies vertes est porteur de multiples opportunités, permettant notamment la création de nouveaux emplois ainsi qu’une réduction des coûts énergétiques. Les technologies vertes ont également un rôle à jouer dans le développement de villes plus durables, telles que les smart cities. Avec pour objectif d’améliorer la performance et la qualité des services urbains, les villes intelligentes se présentent comme une nouvelle alternative pour bâtir une Afrique durable et résiliente. En effet, elles reposent sur des technologies vertes, parmi lesquelles les panneaux solaires, les dispositifs d’économie d’énergie et les technologies d’énergie éolienne et hydraulique à petite échelle[4].

Enfin, le recours à des solutions durables pourra in fine permettre aux populations du continent de diminuer leurs dépenses, n’ayant ainsi plus à supporter l’augmentation directe des coûts d’électricité ou du pétrole. Au cours des dernières années, les solutions d’énergie renouvelable en Afrique se sont avérées économiquement viables grâce aux innovations technologiques dans ce domaine. Plus particulièrement, le coût de l’électricité produite par les systèmes photovoltaïques solaires (PV) à l’échelle du service public a diminué de 82 % entre 2010 et 2019, une tendance similaire se profilant pour les projets éoliens, avec une baisse de 50 à 60 % entre 2010 et 2019.[5]

Quelles solutions énergétiques durables innovantes pour l’Afrique ?

Alors que le potentiel théorique du continent est estimé à plus de 60 millions de TWh (térawattheures), seuls 4,6 TWh d’électricité ont été produits à partir de l’énergie solaire en 2017. A titre de comparaison, l’Asie dispose d’un potentiel théorique de 37,5 millions de TWh/an et l’Europe, de seulement 3 millions de TWh/an.[6] Afin que l’Afrique puisse exploiter le plein potentiel des énergies renouvelables, une approche systémique est donc requise. La solution Rural Solar Power déployée par le groupe Huawei est à ce sujet éloquente. En effet, s’appuyant sur une innovation technologique continue combinant réseaux ruraux et énergie solaire, celle-ci forme un écosystème reposant sur l’électricité et les applications mobiles, dans les zones rurales. De 2014 à 2021, Huawei a signé trois phases du projet Rural Solar Power avec le ministère de l’Eau et de l’Énergie du Cameron, ce qui a permis d’assurer un accès à l’électricité à 350 villages, soit plus de 40 000 ménages.

De plus, depuis 2021, Huawei a créé une nouvelle équipe : la Digital Power Team. Celle-ci vise à intégrer les technologies numériques au déploiement des énergies vertes afin d’engager une révolution énergétique sur le continent pour un avenir durable. Pour l’équipementier chinois, à l’ère post-pandémique, l’Afrique ne pourra pleinement prendre le chemin de la Quatrième révolution industrielle sans avoir recours à une énergie durable, fiable et abordable. Sans la mise en place de mesures agissant en faveur d’une transition énergétique, les pays africains verront leurs gains de compétitivité s’amoindrir.

La transition vers des énergies durables, reposant en partie sur la transformation numérique, requiert donc des infrastructures solides et adaptées, mais repose également sur l’éducation des talents aux enjeux digitaux. Afin de faire converger technologies numériques et réponses aux ODD, Huawei met en place un certain nombre de programmes éducatifs, parmi lesquels la ICT Academy, Seeds for the Future ou encore TECH4ALL. Ces initiatives ont pour objectif de donner aux populations du continent les moyens de prendre elles-mêmes en main leur avenir numérique et de relever le défi climatique qui se pose aujourd’hui avec davantage d’aplomb.

L’énergie verte semble donc se présenter comme la clé du développement socio-économique en Afrique. Selon les prévisions de l’Agence internationale pour les énergies renouvelables (IRENA), les énergies dites « propres » pourraient représenter jusqu’à 67 % de la production d’électricité en Afrique subsaharienne d’ici 2030, si, et seulement si des politiques, des réglementations et des investissements appropriés sont mis en place.[7] L’enjeu consiste maintenant à encourager les acteurs privés et publics à travailler de concert pour allouer les financements nécessaires au développement du secteur des énergies durables en Afrique et ainsi permettre un accès abordable à tous – conformément à l’ODD n°7 -. En ce sens, le recours à des technologies innovantes semble primordial afin d’exploiter le plein potentiel des énergies vertes. Si ces conditions sont réunies, le continent africain pourra alors combler près d’un quart de ses besoins énergétiques d’ici 2030.[8]


[1] Enviro2b, « Énergies renouvelables en Afrique : où sont les entreprises africaines ? » (2022)

[2] Agence Ecofin, « Le taux d’accès à l’électricité reste inférieur à 50 % dans 24 pays africains selon la CEA » (2021).

[3] Le Monde de l’énergie, « Quelle énergie pour l’Afrique ? Une urgence et des défis » (2020)

[4] The Conversation « How African cities can harness green technologies for growth and jobs » (2018)

[5] Nations Unies, « Énergies renouvelables : comment l’Afrique construit une voie énergétique différente » (2021)

[6] Le Point, « Énergie renouvelable : l’Afrique et le défi du solaire » (2020).

[7] Nations Unies, « Énergies renouvelables : comment l’Afrique construit une voie énergétique différente » (2021).

[8] International Energy Agency, « Transitions énergétiques au Sahel » (2022).

REDACTION

croissanceafrik
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Croissance Afrique (sarl) est un Média multi-support qui propose plusieurs rubriques axées sur l’actualité économique du continent. Le magazine est un journal (en ligne dont un mensuel disponible dans les kiosques à journaux) qui traite spécialement les informations financières dédiées à l’Afrique. Il est également le premier média malien spécialisé dans la production d’Informations Économiques, financières, Stratégiques, et orienté vers le reste du monde. Le Magazine a été fondé en Novembre 2017 à Bamako.

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