IMPACT 2025-2030 de l’UEMOA (FOCUS) : Une nouvelle impulsion vers la « Vision 2040 »

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(CROISSANCE AFRIQUE)Face à des défis majeurs liés, entre autres, au contexte sécuritaire, à l’emploi des jeunes et aux crises géopolitiques, la Commission de l’UEMOA, Organe exécutif de l’Union, doit coordonner les réponses idoines et se projeter sur l’avenir. C’est dans ce contexte que la Commission de l’UEMOA a pris l’initiative de la formulation d’une Vision pour l’Union et d’un nouveau Plan Stratégique pour mieux mener ses actions. En effet, le plan stratégique 2025-2030 constitue une nouvelle impulsion vers la vision 2040 de la commission de l’UEMOA.

30 ans après sa création, l’Union Économique et Monétaire Ouest Africaine (UEMOA) est unanimement saluée comme un modèle d’intégration réussi en Afrique, sous la direction d’Abdoulaye Diop, président de la commission de l’Union. Aussi, des piliers fondamentaux de l’intégration, tels que la monnaie commune, le pacte de convergence, le Tarif extérieur commun, ainsi que la libre circulation des personnes et des biens, sont en place..  En croisant deux déterminants majeurs de l’avenir de l’Union, l’engagement communautaire des États membres, d’une part, et le niveau de transformation structurelle des économies de l’Union, d’autre part, quatre (4) scenarii ont été envisagés pour l’Union à l’horizon 2040: Le scenario 1, dit le déplacement des lianes, décrit un contexte défavorable caractérisé par un enthousiasme moindre des États membres pour le projet communautaire et une transformation structurelle en panne des économies de l’Union. Dans ce contexte, les échanges intracommunautaires baissent, le niveau d’industrialisation et le déficit commer-cial se dégradent. En 2040, l’Union est dans une situation très fragile, marquée par des insécurités multiples et sa pérennité est menacée. Le scenario 2, dit le fil du rasoir, décrit une situation proche du statuquo, caractérisée par un engagement communautaire des. États membres de l’UEMOA qui s’effrite et une transformation structurelle lente des économies de l’Union.

Dans ce contexte, l’industrialisation de l’UEMOA peine à décoller, les échanges communautaires stagnent et la balance commerciale demeure fortement déficitaire. En 2040, la zone UEMOA est dans une situation fragile et est progressivement perçue comme un doublon superflu de la CEDEAO. Le scenario 3, dit le vol des grues couronnées, décrit la situation favorable d’un engagement communautaire réaffirmé des États membres et de l’accélération de la transformation structurelle des économies de l’Union. Une des locomotives de cet élan nouveau, la Commission impulse des politiques de compétitivité, et notamment promeut la mise en place d’un cadre macroéconomique favorable à l’investissement, le développement des infrastructures et la baisse des coûts des facteurs de production, l’émergence de pôles énergétiques et industriels, ainsi que le développement de chaînes de valeur régionales. La croissance est soutenue, des industries diversifiées valorisant les matières premières se développent au profit de la souveraineté alimentaire, de l’emploi et de l’aménagement du territoire régional. Aussi, l’industrialisation décolle, les échanges intracommunautaires s’accélèrent (de 13% à 30% du total des échanges) et la balance commerciale de l’Union est proche de l’équilibre. En 2040, I’UEMOA s’insère dans une trajectoire de croissance forte et durable et conforte sa position de modèle d’intégration en Afrique.

Le scenario 4, dit l’aigle majestueux, décrit la situation vertueuse d’un engagement communautaire renforcé des États membres, combiné à une transformation structurelle accélérée des économies régionales. Locomotive de cet élan nouveau et bénéficiant d’un appui fort des États, la Commission met en œuvre des politiques de compétitivité qui boostent la prospérité régionale: convergence économique, baisse du coût des facteurs de production, croissance des investissements, pôles régionaux de compétitivité, accès privilégié au marché commun pour le made in UEMOA. L’industrialisation et les échanges communautaires se développent, portés par des chaînes de valeur régionales intégrées et la balance commerciale s’équilibre. En 2040, I’UEMOA s’insère dans un cercle vertueux de croissance forte et durable, qui bénéficie aussi à la CEDEAO dont elle devient le véritable moteur. Ainsi, la Commission de l’UEMOA s’est projetée pour 2040 en faveur du scenario 3, le vol des grues couronnées, pour lequel elle dispose des leviers d’action les plus directs et qui constituera une étape vers le scenario 4. A son tour, la Vision UEMOA 2040 est dès lors déclinée comme suit: L’UEMOA, un espace économique et monétaire durablement intégré, paisible et prospère, ouvert sur l’Afrique, avec une position stratégique consolidée dans le monde.

Par ailleurs, le Plan Stratégique 2025-2030 de la Commission représente un jalon essentiel dans le processus de réalisation de la Vision 2040 de l’UEMOA. Afin de renforcer la place de I’UEMOA en Afrique et dans le monde, et offrir des perspectives durables et désirables à une population, notamment jeune en attente de signaux forts, il apparaît essentiel d’accélérer la transformation structurelle des économies de l’UEMOA. Cependant, les principaux atouts de l’Union avec, entre autres, un capital naturel riche, une position géographique avantageuse, une main-d’œuvre abondante, une intégration en marche, ne sont pas pleinement valorisés dans l’environnement économique actuel.

Le tissu d’acteurs privés, peu dense et principalement constitué de petites entreprises, est fortement contraint par l’environnement des affaires, dont le coût prohibitif et la rareté des facteurs de production. Un choc de compétitivité apparait indispensable pour créer des conditions plus favorables et faire de l’UEMOA un espace régional véritablement attractif pour l’investissement privé. Afin d’assurer cette transition d’un modèle peu créateur de valeur, dominé par l’économie informelle, à un modèle industrialisé et compétitif, tirant le plein potentiel des richesses de la zone, I’UEMOA devra bâtir des chaînes de valeurs régionales intégrées et å forte valeur ajoutée dans les secteurs dans lesquels elle dispose d’atouts concurrentiel. La diminution des exportations de produits bruts et leur transformation locale dans ces chaînes de valeur régionales constitueront un levier important de souveraineté, d’équilibre budgétaire et de création d’emplois. À l’horizon 2030, la Vision de la Commission est d’être Une Institution agile, locomotive de l’approfondissement de l’intégration et de la transformation structurelle des économies de l’UEMOA. ». Afin de pouvoir réaliser sa vision, le Plan Stratégique est conçu autour de 5 axes qui se déclinent en 12 programmes: un axe central avec 3 programmes sectoriels, pour développer les écosystèmes de production qui seront le socle et les moteurs de croissance d’une UEMOA compétitive en 2040.

Le diagnostic stratégique de l’UEMOA a mis en exergue 13 écosystèmes à fort potentiel, couvrant les principaux pans de l’économie en l’occurrence les chaînes de valeur agro-industrielles, les industries légères et extractives ainsi que les services à valeur ajoutée. Pour favoriser le développement de ces 13 écosystèmes, la Commission de l’UEMOA se positionnera comme un catalyseur au niveau régional, rassemblant les principaux acteurs des filières de ces écosystèmes (secteur privé, Administrations nationales et institutions régionales, partenaires internationaux) autour d’une vision partagée, d’un programme régional et d’un dialogue continu pour sa mise en œuvre. Cet axe comprend trois programmes: Agro-industries, Industries légères et extractives et Services à valeur ajoutée. Dans ces écosystèmes, la Commission se positionnera, non plus seulement comme un laboratoire de conception de politiques d’intégration, mais également comme un laboratoire et un modèle avancé de leur mise en œuvre.

Pour cela, 3 axes supports appuieront le développement de ces écosystèmes: un axe « Infrastructures » avec 4 programmes, un axe Développement humain et citoyenneté constitué d’un programme et un axe Fondements de l’intégration de trois 3 programmes. L’axe Infrastructures » permettra de mieux connecter les zones de production et les marchés de l’UEMOA, favorisera une baisse sensible du coût des facteurs de production (énergie, logistique…) et facilitera l’accès au foncier industriel, notamment à travers des zones industrielles dédiées. Dans ce cadre, 18 grands travaux d’infrastructures de I’UEMOA ont été identifiés, dont la Commission appuiera la préparation et la mise en œuvre à travers 4 programmes: Transports, Infrastructures industrielles et agricoles, Énergie et Numérique. L’axe « Développement humain et citoyenneté vise le renforcement du capital humain de l’UEMOA. Articulé en un grand programme, il comprend quatre volets: l’enseignement supérieur et la formation professionnelle, la santé et la protection sociale, la promotion de l’égalité des genres et la jeunesse et la citoyenneté.

Il contribuera en particulier au développement dans l’Union d’un capital humain de qualité pour le développement des écosystèmes de production. L’axe Fondements de l’intégration couvre les missions de base de la Commission, à savoir la mise en place d’un marché commun et l’harmonisation des politiques économiques, auxquelles s’ajoute le nouvel enjeu clé de la Paix et de la Sécurité. Chacune de ces missions fera l’objet d’un programme. Un dernier axe Gouvernance institutionnelle » qui comprend un programme permettra d’aligner l’organisation de la Commission à cette nouvelle stratégie, afin qu’elle soit en mesure de jouer pleinement son rôle de locomotive de l’intégration. En effet, le nouveau Plan Stratégique exige une Commission plus agile. Cet axe constitue ainsi la fondation sans laquelle les autres programmes pourront difficilement être mis en place. Dans ce cadre, la Commission devra se réformer, dans le cadre d’un Plan de transformation. de 24 mois, qui l’aidera à mettre à niveau son système d’information, à dynamiser sa gestion des ressources humaines, à fluidifier son fonctionnement et à se repositionner comme le chef d’orchestre de politiques régionales à fort impact, impliquant étroitement le secteur privé régional.

LE PLAN STRATÉGIQUE, UNE NOUVELLE IMPULSION VERS LA VISION UEMOA 2040

L’un des premiers objectifs du Traité de l’UEMOA est de renforcer la compétitivité des activités économiques et financières des États membres, dans le cadre d’un marché ouvert et concurrentiel, et d’un environnement juridique rationalisé et harmonisé. 30 ans après sa création et malgré les progrès réalisés, ce défi reste constant. Ainsi, la balance commerciale est structurellement déficitaire et la mise en place d’un marché commun n’a pas encore favorisé l’émergence dans l’UEMOA de filières régionales intégrées et compétitives. Développer une UEMOA compétitive demeure donc le défi central des prochaines années, dans un contexte qui présente de nombreuses contraintes: Un contexte géopolitique et sécuritaire instable; des synergies institutionnelles à renforcer, aussi bien au sein de l’UEMOA qu’avec la CEDEAO: Un réseau d’infrastructures régionales de connexion encore faible, Un capital humain dont les capacités doivent être mieux alignées aux besoins des entreprises, notamment pour faire face au chômage endémique des jeunes: Un esprit et une citoyenneté communautaires à renforcer; Des menaces croissantes sur l’environnement et le climat; l’exigence d’une amélioration durable du bien-être social et du niveau de vie des populations.

Notons que le principe de subsidiarité constitue un pilier de ce nouveau Plan Stratégique. Ainsi, n’est traité au niveau régional que ce qui ne peut être traité de façon plus efficace au niveau national ou local. Si les entités institutionnelles nationales considèrent que certaines tâches dépassent leurs capacités, elles peuvent en transférer la réalisation à la Commission de l’UEMOA.  Pour rappel, le Plan Stratégique 2025-2030 de la Commission accorde une importance capitale aux activités pour lesquelles une vision et un plan d’action de niveau régional produiront des impacts supérieurs à une prise en charge au niveau national. L’intégration régionale doit ainsi permettre de tirer le meilleur avantage de la complémentarité entre les économies des États membres de l’Union économique et monétaire Ouest Africaine (UMOA).

Daouda Bakary KONÉ

croissanceafrik
croissanceafrikhttp://croissanceafrique.com
Croissance Afrique (sarl) est un Média multi-support qui propose plusieurs rubriques axées sur l’actualité économique du continent. Le magazine est un journal (en ligne dont un mensuel disponible dans les kiosques à journaux) qui traite spécialement les informations financières dédiées à l’Afrique. Il est également le premier média malien spécialisé dans la production d’Informations Économiques, financières, Stratégiques, et orienté vers le reste du monde. Le Magazine a été fondé en Novembre 2017 à Bamako.

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