(CROISSANCE AFRIQUE)-Au Libéria, le gouvernement, conscient des défis auxquels il fait face en matière de sécurité alimentaire et de développement agricole, souhaite s’inspirer des avancées remarquables réalisées par l’État de Jigawa au Nigeria, qui a su établir une production rizicole à grande échelle tout en développant efficacement la chaîne de valeur de cette céréale essentielle.
C’est dans cette optique prometteuse qu’Alexander Nuetah, le ministre de l’Agriculture, a eu l’honneur d’accueillir le 8 avril dernier à Monrovia, Umar Namadi, le gouverneur de l’État de Jigawa. Cette rencontre bilatérale a été marquée par des échanges fructueux visant à renforcer la coopération agricole entre les deux parties, avec l’ambition de tirer parti des expériences et des succès de Jigawa.
Les discussions, riches et variées, ont principalement porté sur des thèmes cruciaux tels que le renforcement de la sécurité alimentaire, un enjeu majeur pour le Libéria, ainsi que la promotion des investissements du secteur privé, qui sont indispensables pour dynamiser l’économie locale. Les responsables ont également souligné l’importance du partage d’expertise technique, un élément clé pour permettre aux agriculteurs libériens de bénéficier de connaissances et de compétences éprouvées. En outre, la mise en place éventuelle de coentreprises dans la transformation et la distribution du riz a été abordée, soulignant l’intérêt des deux parties à collaborer de manière concrète pour maximiser les ressources disponibles.
« Le Libéria cherche à améliorer sa productivité en adoptant les meilleures pratiques de Jigawa, en particulier dans les domaines de la mécanisation, des systèmes d’irrigation et des programmes structurés d’appui aux agriculteurs », a déclaré le ministre Nuetah, mettant en avant une vision ambitieuse pour l’avenir de l’agriculture libérienne. En intégrant ces innovations et en s’appuyant sur l’expertise de Jigawa, le Libéria espère non seulement accroître sa production de riz, mais également renforcer la résilience de son secteur agricole face aux défis climatiques et économiques. Ce partenariat pourrait ainsi marquer un tournant décisif dans la lutte contre la pauvreté et l’insécurité alimentaire, tout en favorisant un développement durable et inclusif pour l’ensemble de la nation.
Au Nigeria, l’État de Jigawa se distingue par sa contribution significative à la production de riz, représentant environ 3 % des surfaces cultivées dans le pays. Ce territoire, situé dans le nord du Nigeria, a démontré une remarquable stabilité au cours des dernières années, ce qui témoigne de l’engagement des agriculteurs locaux et des initiatives mises en place pour améliorer les rendements. Selon les données compilées par le Service national de vulgarisation agricole et de liaison pour la recherche (NAERLS), la production de riz paddy dans cet État a connu une croissance notable de 7,56 % sur une période de cinq ans, passant de 203 000 tonnes en 2020 à 218 000 tonnes en 2024.
Notons que ce progrès est accompagné d’un rendement moyen évalué à près de 1,67 tonne par hectare, ce qui souligne l’efficacité des pratiques agricoles adoptées par les cultivateurs de la région.
En comparaison, la production de riz au Libéria a atteint une moyenne de 287 400 tonnes durant la même période, selon les données fournies par la FAO. Cependant, il est important de noter que le rendement moyen au Libéria est inférieur, se chiffrant à seulement 1,1 tonne par hectare. Ce contraste met en lumière les défis auxquels le Libéria est confronté dans son secteur rizicole, surtout dans un contexte où Monrovia s’efforce de développer davantage cette industrie afin de réduire sa dépendance croissante aux importations.
En effet, les statistiques de la FAO révèlent que les importations de riz au Libéria ont plus que doublé, passant de 285 756 tonnes en 2019 à un impressionnant 658 192 tonnes en 2023. Cette augmentation alarmante des importations souligne l’urgence pour le Libéria de renforcer sa production nationale de riz et d’adopter des stratégies efficaces pour garantir la sécurité alimentaire de sa population.
Korotoumou Sylla

