(CROISSANCE AFRIQUE)- Bamako accueillera la cérémonie de remise officielle par l’UEMOA de la contribution exceptionnelle de 100 millions FCFA en faveur de la lutte contre le criquet pèlerin au Mali. Cette cérémonie se tiendra le jeudi 5 février 2026 à Bamako, dans la salle de conférence du Cabinet du Ministre de l’Agriculture.
Selon les prévisions des experts de la FAO basés à Rome, qui signalent un risque élevé de propagation de la recrudescence actuelle du Criquet pèlerin du Maghreb vers le Sahel, des incursions acridiennes au Mali sont attendues à partir de la troisième décade de juin 2025.
« De décembre 2025 à aujourd’hui, la résurgence acridienne demeure préoccupante en Mauritanie et au Sahara occidental. Les groupes d’ailés immatures et les petits essaims se sont multipliés le long de la côte mauritanienne, certains atteignant même le Sénégal. Au Maroc, des groupes d’adultes ont été observés à proximité de Tan-Tan », souligne une note de la commission de l’UEMOA.
« À la suite des mues imaginales, les groupes et bandes larvaires observés au Sahara occidental ont évolué en groupes d’ailés et en petits essaims. Cependant, les basses températures ont ralenti la maturation, ce qui a permis de mener des opérations de lutte intensives avant l’essor d’une troisième génération. Quelques ailés isolés ont été signalés en Algérie et au Niger ».
Il est à noter que deux experts maliens du Centre National de Lutte contre le Criquet pèlerin (CNCLP) ont participé aux opérations de lutte terrestre en Mauritanie tout au long du mois de décembre 2025, dans le cadre de la Force d’Intervention en Région Occidentale (FIRO), sous l’égide de la Commission FAO de Lutte contre le Criquet pèlerin en Région Occidentale (FAO-CLCPRO).
Au Mali, aucun Criquet pèlerin n’a encore été signalé par le réseau de brigades de veille chargées de la remontée d’informations, mis en place par le CNLCP dans les zones à risque de départ des invasions, à savoir l’ADRAR DES IFORAS, le TIMETRINE, la VALLÉE DU TILEMSI et le TAMESNA. En perspective, une reproduction à petite échelle pourrait survenir dans l’Adrar des Iforas et le plateau du Tamesna au Mali, ainsi que dans le Timétrine où des pluies sont tombées en décembre 2025. Toutefois, nous espérons que la situation demeurera sous contrôle. À cet effet, le CNCLP a élaboré un plan prévisionnel de riposte avec deux…
Selon une technique de la commission de l’UEMOA, le scénario 1 (10 000 ha) prévoit une organisation comprenant six équipes de prospection, trois équipes de lutte, trois équipes de soutien (suivi environnemental, coordination/suivi-évaluation, maintenance/ravitaillement), l’acquisition de 10 000 litres de pesticides ULV, 120 kg de biopesticides, ainsi que deux formations sur les techniques de prospection et de pulvérisation, y compris le suivi environnemental. Son budget s’élève à 332 743 600 FCFA.
Le scénario 2 (30 000 ha) propose une structure composée de six équipes de prospection, dix équipes de lutte, quatre équipes de soutien (suivi environnemental, coordination/suivi-évaluation, maintenance/ravitaillement), ainsi que 26 000 litres de pesticides ULV et 100 kg de biopesticides. Son budget atteint 809 567 600 FCFA, selon la note technique de l’union.
Il convient de souligner qu’actuellement, le CNCLP est pourvu d’un nombre adéquat d’appareils de traitement, de GPS, ainsi que de kits de prospection et de protection pour contrer cette menace. De plus, il dispose d’une quantité presque suffisante de moyens de communication. Des ressources humaines supplémentaires pourront être mobilisées si nécessaire auprès de l’Office de Protection des Végétaux (OPV) et de la Direction Nationale de l’Agriculture (DNA). Les brigades villageoises pourront également être mises à contribution.
Néanmoins, bien que le CNCLP possède un stock suffisant de biopesticides pour initier les opérations, il souffre d’un manque de pesticides de synthèse et de ressources pour la prise en charge des équipes opérationnelles. Par ailleurs, le parc automobile requiert des réparations urgentes. Les 230 millions FCFA que l’État alloue chaque année au budget du CNLCP se révèlent insuffisants pour subvenir simultanément aux besoins de fonctionnement et aux opérations d’une telle envergure.
À ce stade, aucun traitement aérien n’est envisagé. Toutefois, le dispositif de riposte est déjà en cours d’élaboration avec l’envoi des équipements de traitement et des biopesticides dans les régions concernées, ainsi que la préparation des drones de pulvérisation de l’Office de Protection des Végétaux (OPV), prêts à être déployés si nécessaire. Les besoins en pesticides de synthèse ont été évalués entre 20 000 et 60 000 litres.
« C’est dans ce contexte que le CNLCP a sollicité l’appui de l’UEMOA et de la FAO pour soutenir les efforts du Gouvernement dans la gestion urgente de cette menace acridienne imminente, dont les répercussions pourraient gravement compromettre la sécurité alimentaire, » précise le document de l’UEMOA.
Ainsi, le CNCLP a bénéficié d’un premier soutien de 60 000 USD, soit 32 millions FCFA, dans le cadre du TCP/MLI/4003/CNLCP. Parallèlement, le CNLP a reçu une réponse favorable de l’UEMOA avec un soutien exceptionnel de 100 000 000 FCFA pour la lutte contre le Criquet pèlerin. Cette contribution de la commission de l’UEMOA sera prioritairement allouée à la mise en œuvre du Plan National de Riposte et améliorera, à moyen ou long terme, les capacités nationales d’alerte précoce et de réponse rapide en matière de gestion préventive du Criquet pèlerin. De plus, elle contribuera à renforcer les capacités nationales en matière de lutte antiacridienne et consolidera les efforts déployés par le Gouvernement pour la pérennité des investissements. Cette contribution s’inscrit parfaitement dans la vision de l’UEMOA selon laquelle le secteur agricole occupe une place prépondérante dans les économies.
L’objectif est de « Sensibiliser les populations sur la problématique du Criquet pèlerin, suite à la contribution spéciale de la Commission de l’Union Economique et Monétaire Ouest Africaine (UEMOA) au Gouvernement du Mali, par la remise du chèque géant de 100 000 000 FCFA dans le cadre de la mise en œuvre du Plan national de riposte contre les occurrences du Criquet pèlerin au Mali »
Éveiller la conscience collective sur la nécessité impérieuse de combattre les nuisibles transfrontaliers d’une importance économique capitale,
Rendre accessible au public un modèle de réponse efficace face aux sollicitations des États membres de l’UEMOA confrontés à des enjeux urgents de développement, tels que le risque acridien et ses répercussions potentielles sur l’agriculture et l’environnement. Diffuser auprès de la presse nationale et internationale cette information afin de sensibiliser les citoyens et de propager les courants de pensée et d’opinion, Mobiliser les parties prenantes pour assurer une gestion adéquate des fonds alloués.
Parmi les résultats escomptés, l’UEMOA prévoit la remise d’un chèque symbolique au Ministre de l’Agriculture par son représentant au Mali. L’engagement conjoint de l’UEMOA et du Gouvernement malien dans la lutte contre les ravageurs transfrontaliers est dévoilé au grand public. Un soutien déterminant est octroyé pour la mise en œuvre du Plan National de Riposte face au Risque acridien. Les populations sont sensibilisées aux enjeux liés au Criquet pèlerin, et l’appui de l’UEMOA aux efforts déployés par le Gouvernement malien est communiqué, garantissant ainsi la bonne gouvernance des fonds.
Notons que le Fonds d’appui de l’UEMOA se consacre à la prise en charge des organes de presse nationale, tant privés que publics, ainsi qu’à la confection de banderoles et au soutien forfaitaire du comité d’organisation. La Commission de l’UEMOA se penche sur les organes de presse internationale.
Abdoulaye KONÉ

