(CROISSANCE AFRIQUE)-La première réunion ordinaire du Conseil des ministres de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (Uemoa) au titre de l’année 2026 s’est ouverte ce vendredi, 27 mars, dans les locaux modernes et accueillants de la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (Bceao) à Dakar, une ville vibrante au bord de l’océan Atlantique.
En décembre 2025, l’Union Économique et Monétaire Ouest-Africaine (UEMOA) a enregistré une augmentation de 5,6 % des crédits bancaires. Cette hausse reflète une dynamique positive dans le secteur bancaire de la région, indiquant une augmentation de la demande de financement par les entreprises et les particuliers. Cette tendance peut être attribuée à divers facteurs, tels que l’amélioration des conditions économiques, des politiques monétaires favorables, ou une confiance accrue dans le système bancaire. Il serait intéressant d’examiner les secteurs qui ont le plus bénéficié de cette augmentation de crédits pour mieux comprendre les moteurs de cette croissance.
Cette session cruciale a été présidée par le ministre en charge de l’économie et des finances du Burkina Faso, Aboubakar Nacanabo, qui, en tant qu’actuel président du Conseil, a su instaurer une atmosphère de collaboration et de détermination parmi les ministres présents.
Cette rencontre représente une occasion précieuse pour les ministres de passer en revue la situation économique de l’année 2025, dans un contexte international qui, bien que marqué par une relative accalmie de l’inflation et un apaisement des tensions commerciales, continue de faire face à des incertitudes persistantes. À l’échelle mondiale, Aboubakar Nacanabo a rappelé que la croissance économique est restée stable à 3,3% en 2025, un chiffre qui reflète une continuité par rapport à l’année précédente, 2024, tandis que l’inflation a connu un recul significatif, tombant à 4,1%, contre 5,8% l’année précédente, ce qui témoigne d’une gestion prudente des politiques économiques.
Au sein de l’Union, les performances économiques apparaissent encore plus robustes et prometteuses.
L’activité s’est consolidée avec un taux de croissance impressionnant de 6,7% en 2025, ce qui souligne les efforts collectifs des États membres pour stimuler le développement économique et renforcer l’intégration régionale. Les ministres ont également discuté des initiatives visant à promouvoir l’investissement, à améliorer les infrastructures et à soutenir les secteurs clés tels que l’agriculture et les technologies numériques, qui sont essentiels pour assurer un avenir prospère à l’Uemoa. Cette réunion, riche en échanges et en perspectives, marque un tournant dans la coopération économique régionale, avec des engagements renouvelés pour faire face aux défis communs et saisir les opportunités de croissance.
Autre fait marquant, l’inflation a été totalement maîtrisée dans l’espace communautaire, ressortant à 0% sur l’ensemble de l’année 2025, contre 3,5% en 2024. Cette évolution remarquable, selon le président du conseil des ministres, s’explique par la baisse significative des prix mondiaux des produits alimentaires et énergétiques, ainsi que par l’amélioration de l’offre céréalière sur les marchés locaux, permettant ainsi aux consommateurs de bénéficier de prix plus stables et prévisibles. Les familles, qui avaient été durement touchées par la hausse des coûts de la vie, ont enfin pu respirer, redécouvrant un certain pouvoir d’achat.
Le financement de l’économie a également connu une progression notable, marquant un tournant positif dans le climat économique. Les crédits bancaires ont augmenté de 5,6% à fin décembre 2025, contre 4,5% un an auparavant, traduisant un soutien accru et plus solide du système financier à l’activité économique. Cette dynamique a favorisé des investissements dans divers secteurs, allant de la technologie à l’agriculture, stimulant ainsi la création d’emplois et l’innovation.
Cependant, il a souligné que malgré ces résultats encourageants, les perspectives pour 2026 restent exposées à des risques baissiers. M. Nacanabo a notamment évoqué la persistance des tensions géopolitiques, en particulier au Moyen-Orient, qui continuent de créer une incertitude sur les marchés mondiaux, ainsi que les défis sécuritaires au sein de l’Union, qui pourraient entraver la coopération économique.
De plus, les effets du changement climatique, avec des événements météorologiques extrêmes de plus en plus fréquents, représentent une menace sérieuse pour la stabilité économique et la sécurité alimentaire, incitant les gouvernements à adopter des mesures proactives pour atténuer ces risques et garantir un avenir plus résilient pour leurs citoyens.
Face à ces enjeux cruciaux qui menacent l’équilibre économique et social de la région, le Conseil des ministres a fermement souligné la nécessité impérieuse de renforcer la solidarité et la coordination entre les États membres. Dans un contexte où les défis sont de plus en plus complexes et interconnectés, il a déclaré avec conviction : « Aucun de nos États ne peut, seul, relever ce défi avec efficacité durable. » Cette affirmation résonne comme un appel à l’unité, incitant chaque nation à dépasser ses intérêts individuels pour embrasser une vision collective.
Notons que le Conseil a ainsi plaidé pour une action concertée, visant non seulement à préserver la stabilité dans l’espace Uemoa, mais aussi à soutenir une croissance inclusive et durable, capable de bénéficier à tous les citoyens. En mettant l’accent sur l’importance de la coopération, il a évoqué des initiatives communes, telles que des programmes de développement économique, des projets d’infrastructure partagés, et des stratégies de réponse aux crises, qui pourraient renforcer les liens entre les pays et favoriser un avenir prospère pour la région.
Daouda Bakary KONÉ

