(CROISSANCE AFRIQUE)-Au Mali, la cérémonie d’ouverture des travaux de la 27ᵉ Réunion statutaire annuelle des Présidents des Cours des comptes des États membres de l’UEMOA (Union économique et monétaire ouest-africaine) s’est tenue le lundi 05 octobre 2026, dans un cadre empreint de solennité et d’engagement envers la coopération régionale. Cet événement revêt une importance particulière, car il s’inscrit dans le cadre des missions essentielles de la Cour des comptes de l’UEMOA, qui incluent l’évaluation rigoureuse des systèmes de contrôle des comptes ainsi que l’harmonisation des pratiques d’audit au sein de l’espace communautaire.
Dans son discours d’ouverture, Alousséni Sanou, ministre d’État, ministre de l’économie et des Finances, a souligné avec conviction que « Le Mali s’inscrit pleinement dans cette dynamique de coopération communautaire et apporte son soutien constant à la mise en œuvre des réformes relatives au cadre harmonisé des finances publiques ainsi qu’au renforcement de la transparence et de la qualité de la gestion des ressources publiques. » Ses paroles résonnaient comme un appel à l’action collective, mettant en lumière l’importance de la transparence dans la gestion des finances publiques, un enjeu crucial pour le développement durable de la région.

« Dans ce contexte, la Constitution du 22 juillet 2023, élaborée suivant les hautes instructions de Son Excellence Général Assimi Goïta a-t-il poursuivi, évoquant les réformes fondamentales qui visent à renforcer les institutions et à promouvoir une gouvernance plus responsable et efficace. Cette réunion, en rassemblant des représentants de divers États membres, constitue une plateforme précieuse pour échanger des idées, partager des expériences et élaborer des stratégies communes afin de relever les défis financiers et économiques auxquels la région est confrontée. Les participants, animés par un esprit de collaboration, s’engagent à travailler ensemble pour garantir une gestion saine et transparente des ressources publiques, essentielle pour le bien-être des citoyens de l’UEMOA ».
« Cette consécration constitutionnelle traduit une conviction forte des Autorités maliennes, à savoir qu’il ne saurait y avoir de gestion publique moderne, responsable et performante sans un contrôle externe indépendant, professionnel et efficace », a laissé entendre, le ministre d’État Malien, ministre de l’économie et des Finances. Ainsi, la réunion se tient « conformément aux dispositions de l’article 68, modifié, du traité de l’UEMOA », un article fondamental qui confère à la Cour des comptes de l’Union la mission cruciale de contrôle des comptes des États membres ainsi que des organes de l’Union. Ce cadre juridique est essentiel, car il impose une réunion statutaire annuelle, un moment clé où les représentants des États se rassemblent pour évaluer les systèmes de contrôle en place et analyser les résultats des vérifications effectuées. Cette évaluation ne se limite pas à une simple formalité, mais constitue un véritable audit des pratiques financières, garantissant la transparence et la responsabilité au sein des institutions.
Analyse approfondie des systèmes de contrôle des comptes
L’objectif de cette session est multiple et revêt une importance particulière dans le contexte actuel. Tout d’abord, l’évaluation statutaire est primordiale : elle vise à procéder à une analyse approfondie des systèmes de contrôle des comptes et à une synthèse des résultats des contrôles réalisés au cours des exercices concernés. Ce processus d’évaluation permet non seulement de détecter d’éventuelles anomalies, mais aussi d’identifier les meilleures pratiques à partager entre les États membres.
En ce qui concerne l’harmonisation des pratiques, le ministre Sanou souligne l’importance de faire un point d’étape sur l’internalisation et la mise en œuvre par les États membres des directives d’harmonisation des finances publiques de l’UEMOA. Cette étape est cruciale pour garantir que tous les États avancent dans la même direction, avec une échéance visée en décembre 2025. Ce délai n’est pas anodin, car il représente un engagement collectif vers une gestion financière plus rigoureuse et cohérente, essentielle pour le développement durable de la région. Ainsi, cette réunion ne se contente pas d’être un rendez-vous administratif, mais elle incarne une volonté politique forte d’améliorer la gouvernance financière au sein de l’Union, en renforçant la coopération et en assurant une meilleure utilisation des ressources publiques.
Contrôle de la dette publique des Etats Membres de l’UEMOA
Quant aux questions axées sur le Contrôle de la dette publique, il est essentiel d’explorer les meilleures approches méthodologiques pour auditer l’encours de la dette, le service de la dette et les stratégies d’endettement des États. Ce sujet revêt une importance capitale, car il touche directement à la santé économique des nations et à leur capacité à gérer efficacement leurs obligations financières. Dans ce cadre, le partage d’expériences devient un outil précieux pour examiner le rôle des institutions supérieures de contrôle (ISC) dans l’évaluation de la situation des finances publiques, surtout après des alternances brutales qui peuvent perturber la continuité et la stabilité des politiques économiques. À cet égard, un retour d’expérience de la Cour des comptes du Sénégal sur l’audit de gestion mené en application du code de transparence pourrait offrir des enseignements significatifs sur les meilleures pratiques à adopter.
De plus, le ministre Sanou a évoqué l’évaluation des systèmes de contrôle des institutions publiques, soulignant l’importance des résultats des missions de contrôle réalisées au sein de l’espace communautaire. Cette évaluation est cruciale pour assurer la transparence et la responsabilité dans la gestion des ressources publiques. Elle offre également un espace d’échanges et de réflexion visant à renforcer la performance des institutions, tout en favorisant l’harmonisation et la modernisation des pratiques des juridictions financières de l’UEMOA. En effet, dans un contexte où les défis économiques sont de plus en plus complexes, il est impératif que les institutions financières collaborent et partagent leurs expériences pour améliorer leur efficacité et leur impact sur le développement économique régional.
Examiner les enjeux, les approches méthodologiques et les bonnes pratiques de l’examen, par les juridictions financières de l’UEMOA
Dans son allocution, Sègnon Yves -Marie ADISSIN, Président de la cour de justice de l’UEMOA, a expliqué que l’objectif de cette 27 ème édition « Cette 27eme édition vise notamment à évaluer les systèmes de contrôle des comptes en vigueur dans les États membres de l’UEMOA, ainsi que les résultats des contrôles effectués par les juridictions financières nationales et par la Cour des comptes de l’UEMOA au titre de l’exercice 2025: apprécier l’état d’exécution, au 31 décembre 2025, des suggestions formulées à l’occasion de la 26ème réunion tenue à Ouagadougou (Burkina Faso), examiner les enjeux, les approches méthodologiques et les bonnes pratiques de l’examen, par les juridictions financières, de l’encours et des échéances du service de la dette publique ainsi que de la stratégie d’endettement de l’État, à travers une communication d’AFRITAC; partager le retour d’expérience de la Cour des comptes du Sénégal sur le rôle et la valeur ajoutée de l’audit des Cours des comptes dans l’appréciation de la situation des finances publiques à l’issue des alternances politiques », a-t-il souligné.
Quant au suivi des recommandations, il s’agit d’un processus essentiel qui consiste à évaluer minutieusement la mise en œuvre des recommandations et suggestions formulées lors de la 26ᵉ réunion annuelle qui s’est tenue à Ouagadougou. Cette réunion a été marquée par une ambition claire : celle de consolider un système de contrôle financier non seulement plus robuste, mais également harmonisé et professionnel au sein de l’espace UEMOA. L’objectif est de créer un cadre capable de protéger les intérêts publics tout en renforçant la confiance des citoyens et des gouvernements dans la gouvernance financière. Dans ce contexte, le discours a souligné l’importance cruciale d’une technicité accrue, d’une rigueur sans faille, d’une adaptabilité face aux défis en constante évolution des finances publiques, et d’un professionnalisme exemplaire.

Il est également important de noter que la Cour des comptes de l’UEMOA joue un rôle central et déterminant dans ce processus. En tant qu’institution clé, elle est chargée du contrôle de régularité, de l’audit de performance et de la certification des comptes des organes de l’Union, conformément au Protocole additionnel n°1 et au Règlement financier de l’UEMOA. La réunion annuelle des Présidents des Cours des comptes nationales et de la Cour de l’Union constitue un moment privilégié pour échanger sur les meilleures pratiques, évaluer les progrès réalisés et discuter des défis à surmonter. C’est un espace où se dessinent les lignes directrices pour l’avenir, renforçant ainsi la coopération entre les différentes entités et assurant une gouvernance financière transparente et efficace au sein de l’UEMOA.

Roberto Vierra, représentant résident de la Commission de l’UEMOA à Bamako, a salué les autorités maliennes
« En organisant cette rencontre, nous célébrons plus d’un quart de siècle de concertation, de solidarité institutionnelle et d’engagement partagé. Elle constitue également une marque forte de la détermination du Mali à jouer pleinement sa partition au sein de l’espace communautaire », a-t-il précisé, Roberto Vierra, représentant résident de la commission de l’UEMOA au Mali. Ce moment n’est pas seulement une célébration des années de coopération, mais aussi un symbole de l’avenir prometteur que le Mali envisage au sein de l’UEMOA, un espace où les pays membres s’efforcent de travailler ensemble pour le développement économique et social de la région.
« Je voudrais, à ce stade, exprimer ma profonde gratitude au Président de la Cour des comptes de l’UEMOA ainsi qu’aux Présidents des Cours des comptes des États membres, pour la confiance placée en la Cour des comptes du Mali à la suite de la 26ᵉ réunion statutaire annuelle tenue à Ouagadougou en juillet 2025. Cette confiance nous honore et nous engage à redoubler d’efforts afin d’assurer la pleine réussite de la présente rencontre », a-t-il dit, Roberto Vierra, représentant résident de la Commission de l’UEMOA au Mali, en soulignant l’importance de la responsabilité qui accompagne cette reconnaissance. Il est essentiel de maintenir des standards élevés et de garantir que les attentes placées dans la Cour des comptes du Mali soient non seulement satisfaites, mais dépassées.
Il a tenu également à saluer, dit-il, « les efforts constants du Gouvernement du Mali, dont l’engagement indéfectible envers la transparence et la bonne gouvernance est un modèle à suivre pour tous les États membres. » Cette reconnaissance des efforts du gouvernement souligne l’importance d’une collaboration étroite entre les institutions nationales et régionales pour renforcer la confiance des citoyens et des partenaires internationaux. En mettant en avant ces initiatives, Vierra appelle à une continuité dans l’engagement collectif pour faire avancer les objectifs communs de l’UEMOA, tout en renforçant les capacités institutionnelles et en favorisant un climat de coopération durable.
« La présente cérémonie intervient à un moment charnière de l’histoire de la juridiction financière de notre pays. Elle est porteuse d’espoir et constitue une occasion de rendre hommage à nos aînés et à nos prédécesseurs qui, avec abnégation et persévérance, se sont battus pour l’édification de cette institution. Leur engagement et leurs sacrifices constituent le socle sur lequel nous nous appuyons aujourd’hui pour envisager l’avenir avec sérénité et détermination », a conclu, Roberto Vierra, représentant résident de la commission de l’UEMOA à Bamako. Pour rappel, cette réunion se tiendra du 05 au 09 octobre 2026.
Daouda Bakary KONÉ

