(CROISSANCE AFRIQUE)-À l’issue de l’exercice 2025, le groupe Compagnie d’Assurances et de Réassurances Tuniso-Européenne (CARTE), qui regroupe une vingtaine d’entreprises opérant dans divers secteurs d’activité en Tunisie, a annoncé une baisse significative de 30% de son résultat net consolidé par rapport à l’exercice précédent, 2024.
Cette annonce a suscité des réactions variées au sein du secteur, soulignant les défis auxquels font face les entreprises d’assurance dans un environnement économique en constante évolution.
Les états financiers consolidés, soigneusement établis par la direction de ce groupe, révèlent un résultat net de 32,124 millions de dinars (MD), en nette diminution par rapport aux 45,730 MD enregistrés en 2024, ce qui représente un repli de 13,606 MD. Cette baisse a été attribuée à plusieurs facteurs, notamment des conditions de marché difficiles et une concurrence accrue, ce qui a conduit la direction à réévaluer certaines de ses stratégies opérationnelles. De plus, il est important de noter que la part du groupe dans le résultat consolidé s’élève à 30,660 MD, en baisse par rapport aux 44,049 MD de l’année précédente, ce qui témoigne d’une pression accrue sur les marges bénéficiaires.
D’autre part, les primes acquises ont été comptabilisées à 122 MD, marquant une augmentation par rapport aux 110,120 MD de 2024, soit une évolution de 11%. Cette hausse des primes acquises pourrait être interprétée comme un signe positif, indiquant une demande croissante pour les produits d’assurance offerts par le groupe, malgré les défis financiers globaux. En ce qui concerne les primes de placements alloués, elles ont également montré une tendance à la hausse, atteignant 14 MD contre 10,199 MD un an auparavant. Cela pourrait refléter une stratégie proactive de la part de la direction pour diversifier ses investissements et renforcer sa position sur le marché, même en période d’incertitude économique. Durant la période sous revue, les charges de sinistres ont enregistré un léger repli de 0,13%, s’élevant à 79,646 millions de dinars (MD) contre 79,755 MD en 2024. Cette légère diminution, bien que marginale, a suscité des réflexions parmi les responsables de CARTE, qui ont noté que les montants effectivement payés ont atteint 78,077 MD, marquant ainsi une augmentation significative par rapport aux 74,739 MD de l’année précédente, soit une hausse de 3,338 MD. Ce phénomène pourrait être interprété comme un signe de résilience face aux défis du marché.
Parallèlement, les frais d’exploitation du groupe ont connu une augmentation substantielle de 78,32%, atteignant 36,331 MD contre 20,374 MD un an auparavant. Cette hausse des coûts d’exploitation soulève des questions sur l’efficacité opérationnelle et la gestion des ressources au sein du groupe. À la fin de l’exercice 2025, le Groupe Carte a également reçu des commissions de réassurance s’élevant à 7,399 MD, en hausse par rapport aux 6,648 MD enregistrés à la fin de l’exercice antérieur, ce qui pourrait indiquer une amélioration des relations avec les réassureurs et une meilleure gestion des risques.
En ce qui concerne les produits des placements en assurances et/ou réassurances non vie, ceux-ci se sont élevés à 17 MD, marquant une hausse notable de 6 MD par rapport aux 11 MD de 2024. Cette augmentation pourrait être le reflet d’une stratégie d’investissement plus agressive ou d’une diversification réussie des portefeuilles. De plus, le groupe a réussi à réduire ses charges des placements de 17,35%, qui se sont établies à 12,127 MD contre 15 MD en 2024, ce qui témoigne d’une gestion prudente et efficace de ses actifs.
Cependant, le résultat provenant des activités ordinaires a connu une baisse de 20%, se chiffrant à 39,318 MD contre 49 MD en 2024. Cette diminution soulève des préoccupations quant à la rentabilité des opérations courantes du groupe et pourrait nécessiter une réévaluation des stratégies commerciales en place.
Notons que le résultat provenant des activités opérationnelles, bien qu’impacté par divers facteurs, reste un indicateur clé de la santé financière du groupe, et son évolution future sera scrutée de près par les investisseurs et les analystes du secteur.
Abdoulaye KONE

