(CROISSANCE AFRIQUE)-Au Mali, la Haute Autorité de la Communication (HAC), institution chargée de réguler le paysage médiatique, a annoncé, lors d’une rencontre significative qui s’est tenue le jeudi 22 janvier dernier, de nouvelles mesures strictes destinées à encadrer les web télévisions ainsi que les créateurs de contenus en ligne de manière plus générale.
Ainsi, ces annonces ont engendré des réactions variées et parfois opposées parmi les membres de la corporation médiatique, certains voyant ces mesures comme nécessaires pour assurer une régulation efficace, tandis que d’autres les perçoivent comme une contrainte rigide qui pourrait étouffer la créativité et la liberté d’expression.
La HAC a précisé que désormais, toutes les web télévisions devront s’acquitter d’une redevance annuelle qui s’élève à un million cinq cent mille (1.500.000 francs CFA), une décision qui soulève des préoccupations concernant la viabilité économique de ces plates-formes dès lors que le coût pourrait s’avérer prohibitifs pour de nombreux opérateurs émergents.
En revanche, les créateurs de contenu vidéo qui réussissent à rassembler plus de 15 000 abonnés, une part croissante de la scène numérique, sont exemptés de cette redevance annuelle, néanmoins, il est important de noter qu’ils restent sous la surveillance rigoureuse de la Haute Autorité de la Communication (HAC) et doivent se conformer aux normes et règlements en vigueur.
En cas de violation de ces règles, des sanctions pourraient être appliquées, renforçant ainsi la portée de l’autorité sur le secteur dynamique mais encore en développement des médias numériques au Mali. Ibrahim, qui est mieux connu sous le nom d’Ibou Sy, est un vidéaste passionné qui se consacre à la création de contenu pour le web, attirant ainsi un public fidèle grâce à sa créativité et à son originalité.
Récemment, il a participé à une rencontre cruciale avec les responsables de la Haute Autorité de la Communication (HAC), une occasion qu’il a considérée comme significative pour l’avenir du secteur. Selon Ibrahim, cette mesure imposée par la HAC pourrait jouer un rôle clé dans l’assainissement du secteur audiovisuel, en garantissant une meilleure régulation et en favorisant un environnement plus professionnel. Cependant, il ne peut s’empêcher de se poser des questions importantes concernant la capacité réelle des acteurs du secteur à se conformer à cette nouvelle exigence financière imposée.
Il souligne avec préoccupation : « Je ne pense pas que les télévisions diffusant uniquement sur Internet disposent de revenus suffisants pour payer cette redevance. Monter une télévision en ligne nécessite des moyens importants : il faut de la connexion Internet, produire des émissions, assurer la diffusion. Je me demande si les producteurs pourront générer assez de revenus pour faire face à cette charge », s’inquiète Ibrahim Sy, mettant en relief les défis financiers que rencontrent les créateurs de contenu dans un paysage médiatique en constante évolution.
Selon l’association des professionnels en ligne, APEL-Mali, les négociations se poursuivent activement avec l’organe de régulation, dans le but d’aboutir à un compromis qui pourrait satisfaire toutes les parties impliquées.
D’où l’élargissement récent de la réunion aux acteurs influents et pertinents des médias sociaux, une étape considérée comme cruciale dans le processus de dialogue. Au Mali, ces dernières années, l’essor des web télévisions ainsi que des créateurs de contenus a connu une croissance exponentielle, tant et si bien que certains de ces nouveaux médias ont réussi à éclipser les médias traditionnels dans le cœur du public.
De nombreux membres de cette nouvelle génération d’entrepreneurs dans le domaine médiatique parviennent également à générer des revenus considérables grâce aux publicités commerciales qui sont diffusées sur leurs plateaux virtuels ou publiées sur leurs pages de réseaux sociaux.
Notons que cette mesure énoncée par le Gouvernement vise donc, en plus de rétablir un certain ordre dans ce secteur en pleine expansion, à inciter les promoteurs de ces chaînes de télévision en ligne à contribuer financièrement et à s’impliquer dans le développement durable de l’écosystème médiatique malien.
Moussa KONÉ

