(CROISSANCE AFRIQUE)-En Côte d’Ivoire, la filière du manioc prend de l’ampleur et gagne en importance au sein du paysage agricole national. En effet, lors du lancement officiel de l’Interprofession de la filière manioc, connu sous le nom d’OIA manioc, qui s’est tenu dans la métropole d’Abidjan, les différents acteurs impliqués dans cette filière ont eu l’occasion de révéler des chiffres significatifs qui consacrent le manioc comme un levier stratégique incontestable de l’économie agricole du pays.
Selon le dernier bilan présenté par cette interprofession, il a été établi que la filière manioc représente une contribution de 2,8 % du produit intérieur brut national, tout en jouant un rôle crucial en termes de 12,4 % du PIB agricole. Il est également important de noter que « cette filière couvre l’ensemble des 31 régions du pays, fédérant au total 950 organisations qui incluent différents acteurs économiques, allant des producteurs aux commerçants, en passant par les transformateurs, » comme le souligne une note gouvernementale riche en informations, publiée le 27 janvier 2026.
De plus, la production nationale de manioc a atteint un impressionnant volume de 8,4 millions de tonnes, confirmant ainsi son rôle central dans la promotion de la sécurité alimentaire et la souveraineté alimentaire du pays. Entre 2010 et 2022, la production ivoirienne de cette culture stratégique avait enregistré une augmentation spectaculaire de 173 %, faisant passer la production de 2,3 millions de tonnes à 6,3 millions, selon les analyses fournies par Afrika Forward, un cabinet de conseil à l’investissement qui met en lumière les dynamiques de ce secteur florissant. Cette évolution témoigne non seulement de l’engagement des acteurs de la filière dans l’amélioration des pratiques agricoles, mais aussi de la prise de conscience croissante des gouvernements et des communautés locales quant à l’importance vitale de cette culture pour l’économie ivoirienne dans son ensemble.
Au total, 54 produits dérivés du manioc ont été recensés, et qui sont également connu sous son nom scientifique de Manihot esculenta. Parmi ces produits, on trouve l’attiéké, qui est une semoule à base de manioc, et qui a été inscrit depuis décembre 2024 au patrimoine culturel immatériel de l’UNESCO en tant que produit phare, ce qui témoigne de son importance culturelle et gastronomique.
En plus de l’attiéké, on peut citer d’autres produits tels que le placali, le tapioca, le gari, l’amidon, et la farine, qui illustrent la diversité et la richesse des utilisations de cette plante. Ces différents segments de marché représentent une forte valeur ajoutée, plaçant ainsi le manioc non seulement comme un aliment de base dans de nombreuses cultures, mais également comme une matière première industrielle à part entière, capable de générer des innovations et des opportunités économiques.
Sur le front de l’employabilité, les nouvelles sont tout aussi encourageantes et significatives. En effet, la filière du manioc revendique actuellement la création de 48 200 emplois,ce qui montre l’impact de cette culture sur le développement économique local. De plus, 2 milliards de boutures certifiées ont été mobilisées avec pour objectif d’améliorer la productivité des plantations et de sécuriser l’approvisionnement pour les acteurs de la filière. Tout ceci contribue à renforcer la durabilité du secteur.
Notons que « Le lancement de l’OIA manioc, Organisation Interprofessionnelle Agricole du manioc, marque un changement de paradigme : il représente le passage d’une filière fragmentée à une filière organisée et ambitieuse, » a souligné Yedoh Kévin Nomel, qui occupe le poste de Président du conseil d’administration de l’OIA manioc. Cette transition vers une industrie mieux structurée est cruciale pour l’avenir de la culture du manioc et pour l’amélioration des conditions de vie des producteurs.
Zangouna KONÉ

