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(CROISSANCE AFRIQUE)- Confrontée à la menace grandissante que représente le criquet pèlerin pour la sécurité alimentaire, la Commission de l’Union Économique et Monétaire Ouest-africaine (UEMOA) a octroyé un soutien financier de 100 millions de F CFA au Mali. La cérémonie officielle de remise du chèque s’est déroulée le jeudi 5 février 2026, sous l’égide du ministre de l’Agriculture.

Ainsi, le chèque d’un montant considérable a été remis par Roberto Alexandre Vieira, représentant résident de la Commission de l’UEMOA au Mali, en présence, notamment, de la représentante du Centre national de lutte contre le criquet pèlerin et du représentant résident de la FAO, entre autres dignitaires.
Lors de son allocution, M. Vieira a souligné les principes fondamentaux de la Politique Agricole de l’Union (PAU), dont l’objectif est de répondre de manière durable aux besoins alimentaires des populations, de favoriser le développement économique et social des États membres, et de contribuer à la diminution de la pauvreté.
Néanmoins, il a exprimé ses regrets qu’en dépit de plus de deux décennies de mise en œuvre et de progrès significatifs, cette politique ne parvienne toujours pas à réaliser pleinement ses objectifs. Selon lui, les défis climatiques, l’utilisation inappropriée des intrants agricoles, les crises sécuritaires ainsi que les organismes nuisibles des végétaux, responsables de pertes annuelles estimées à plus de 40 % des récoltes dans la région, en sont les causes.
« Parmi ces organismes nuisibles, le criquet pèlerin représente une menace constante pour la sécurité alimentaire », a souligné le représentant de l’UEMOA. Il a rappelé qu’en 2004, ce fléau avait affecté près de 1,3 million d’hectares, dont 15 % de cultures et 40 % de pâturages, entraînant des pertes évaluées à environ 300 milliards de FCFA. À cette époque, les institutions de l’Union avaient mobilisé 40 milliards de FCFA pour soutenir les États membres face à la crise alimentaire.

Dans cette dynamique, M. Vieira a également abordé la convention signée en 2012 entre la commission de l’UEMOA et le CILSS, portant sur le renforcement des mécanismes d’information concernant la sécurité alimentaire, la lutte contre les acridiens et la gestion des pesticides.
En prévision d’une nouvelle crise d’envergure régionale, et compte tenu de l’évolution qualifiée de « très préoccupante » de la situation acridienne en Afrique de l’Ouest, la Commission de l’UEMOA a décidé de soutenir financièrement les structures nationales de lutte contre les acridiens des pays les plus vulnérables, à savoir le Burkina Faso, le Mali, le Niger et le Sénégal.

Au Mali, cette subvention de 100 millions de FCFA s’inscrit dans le cadre du plan national de riposte contre le criquet pèlerin. Elle vise principalement à soutenir les opérations de surveillance, de prévention et de lutte sur le terrain afin de limiter les dégâts potentiels sur les cultures et les pâturages.
Le ministre de l’Agriculture, quant à lui, a souligné que depuis plusieurs mois, et plus particulièrement au cours de la campagne agricole de 2025, la situation phytosanitaire demeure préoccupante dans plusieurs pays de la sous-région, notamment en Mauritanie, au Niger, au Maroc et dans le Sahara occidental. Cette situation est caractérisée par la présence de groupes de criquets.
« Les opérations de lutte se sont poursuivies à l’aide de moyens terrestres et aériens, couvrant plusieurs centaines de milliers d’hectares dans les zones concernées. Toutefois, une vive inquiétude a pesé sur le bon déroulement de la campagne agricole de 2025, aujourd’hui arrivée à son terme », a-t-il souligné.
En rappelant le contexte, le chef du département chargé de l’Agriculture a précisé que le Mali, dans le cadre de la campagne agricole de 2025, avait sollicité le soutien de l’UEMOA et de la FAO afin de renforcer les efforts du Gouvernement dans la gestion du risque d’expansion de la situation acridienne vers le territoire national. Une telle expansion, a-t-il averti, pourrait avoir des répercussions majeures sur la sécurité alimentaire et nutritionnelle du pays.
C’est dans cette dynamique qu’il a tenu à saluer les réponses favorables apportées par les partenaires techniques et financiers, notamment la FAO, qui a accordé une contribution de 60 000 dollars américains, soit environ 32 millions de FCFA, ainsi que l’UEMOA, dont l’appui s’élève à 100 millions de FCFA.
Par le biais de cette cérémonie de remise officielle de la contribution spéciale de l’UEMOA, il s’agit de mettre en exergue un modèle de réponse efficace et solidaire à l’appel d’un État membre confronté à des défis pressants de développement, notamment le péril acridien et ses conséquences potentielles sur l’agriculture et l’environnement.
Drissa KEITA

