(CROISSANCE AFRIQUE)- Les activités de la Société africaine de plantation d’hévéas (SAPH), dont le siège social est stratégiquement situé à Abidjan, ont connu un premier semestre 2026 particulièrement difficile, marquant un contraste frappant avec les performances du premier semestre 2025.
En effet, le résultat net a enregistré une chute alarmante de 88%, suscitant des inquiétudes parmi les investisseurs et les parties prenantes. Selon le rapport d’activité détaillé établi par la direction de l’entreprise, ce résultat net s’élève à seulement 2,206 milliards de FCFA, une somme dérisoire comparée aux 18,125 milliards de FCFA réalisés au 30 juin 2025. Cette chute drastique a conduit les responsables de la SAPH à signaler une diminution significative du taux de marge nette, qui est tombé à 2%, contre 11% au cours du même semestre l’année précédente, une situation qui soulève des questions sur la viabilité à long terme de l’entreprise.
En parallèle, le chiffre d’affaires de la SAPH a également subi une dégringolade, passant de 171,364 milliards de FCFA au premier semestre 2025 à 138,173 milliards de FCFA un an plus tard, ce qui représente une baisse de 19%. Ce repli est attribué à une combinaison de facteurs, notamment une baisse conjoncturelle des volumes vendus de 10% et une érosion du prix moyen de vente de 12%. La direction de la SAPH a expliqué que cette situation est exacerbée par le décalage de facturation des contrats négociés lors des phases de baisse du marché, ce qui complique davantage la gestion financière de l’entreprise. Les implications de ces résultats sont préoccupantes, non seulement pour la SAPH, mais aussi pour l’ensemble du secteur de l’hévéa en Afrique, où la compétitivité et la rentabilité sont mises à l’épreuve dans un environnement économique de plus en plus difficile. En ce qui le concerne, le résultat des activités ordinaires affiche un solde de 3,111 milliards de FCFA, une chute significative par rapport aux 24,622 milliards de FCFA enregistrés au 30 juin 2025, soit une diminution impressionnante de 87%. Ce chiffre, qui témoigne d’une période difficile pour l’entreprise, soulève des questions sur la résilience et la stratégie à long terme de la SAPH dans un environnement économique en constante évolution.
Sur les perspectives qui se dessinent pour leur entreprise, les responsables de la SAPH avancent avec une certaine détermination que, malgré les facteurs d’incertitude qui pèsent sur le marché international, désormais considérés comme structurels, ainsi que la concurrence nationale de plus en plus féroce, leur entreprise entend « tirer parti des prix plus soutenus et de volumes en hausse pour améliorer son niveau de profitabilité sur le second semestre. » Cette déclaration met en lumière une volonté de transformation et d’adaptation face aux défis, tout en soulignant l’importance de la flexibilité stratégique dans un contexte économique volatile.
Selon eux, la société demeure focalisée sur la maîtrise de ses coûts de production, un aspect crucial pour maintenir sa compétitivité, et la poursuite de ses investissements stratégiques prioritaires. Ces investissements sont marqués notamment par la finalisation de l’extension de son usine de Soubré, un projet qui promet d’augmenter la capacité de production et d’améliorer l’efficacité opérationnelle. De plus, le déploiement de nouveaux sites d’approvisionnement et de production de matière première est envisagé comme une étape essentielle pour garantir la durabilité et la qualité des ressources nécessaires à leurs opérations.
« L’application au 30 décembre 2026 de la norme EUDR devrait également valider l’orientation claire et continue de SAPH pour la fourniture… » Cette norme, qui vise à renforcer la durabilité et la traçabilité des chaînes d’approvisionnement, représente un enjeu majeur pour l’entreprise, lui permettant non seulement de répondre aux exigences réglementaires, mais aussi de se positionner comme un acteur responsable et engagé dans la préservation de l’environnement.
Notons que la SAPH semble déterminée à naviguer à travers ces défis avec une stratégie bien définie, tout en restant attentive aux évolutions du marché et aux attentes croissantes des consommateurs en matière de durabilité.
Mariam KONE

