(CROISSANCE AFRIQUE)-Au Mali, un pays en pleine mutation énergétique, les projets visant à réduire la consommation de diesel dans le secteur des télécommunications prennent de l’ampleur, offrant ainsi de nouvelles opportunités aux fournisseurs de solutions énergétiques décentralisées.
Dans ce contexte, Jinko ESS, une filiale du géant chinois Jinko Solar, a récemment annoncé, le samedi 17 octobre, un accord significatif pour la livraison de 34 systèmes SunGiga G2 Plus, totalisant une capacité impressionnante de 18 MWh, destinés à un projet dans le domaine des télécommunications. Toutefois, le fabricant chinois reste discret sur l’identité de son partenaire, le montant du contrat, ainsi que sur les sites spécifiques qui bénéficieront de cette initiative.
Cette annonce s’inscrit dans une tendance plus large observée au Mali, où plusieurs investissements récents témoignent d’un intérêt croissant pour les solutions solaires et de stockage, particulièrement dans le secteur des télécommunications. En mars 2025, Norfund, en collaboration avec la Facility for Energy Inclusion, a signé un accord de financement ambitieux de 40 millions USD avec CREI (Communication and Renewable Energy Infrastructure). Cette entreprise, spécialisée dans la gestion d’actifs et les solutions d’énergie renouvelable, se concentre principalement sur le développement d’infrastructures de télécommunications en Afrique.
Ce partenariat vise à déployer des systèmes énergétiques durables qui non seulement réduisent la dépendance au diesel, mais favorisent également l’accès à des services de communication fiables dans des régions souvent mal desservies. Ainsi, le Mali se positionne comme un terrain fertile pour l’innovation énergétique, où les initiatives solaires pourraient transformer le paysage des télécommunications et contribuer à un avenir plus durable.
En novembre 2025, un partenariat significatif entre la Société financière internationale (SFI) et la Banque ouest-africaine de développement (BOAD) a été annoncé, marquant une étape importante dans le domaine des infrastructures télécoms en Afrique de l’Ouest. Ce partenariat a pour but d’injecter un montant impressionnant de 80 millions d’euros sous forme de prêts, destiné à moderniser et à étendre le réseau d’Orange Mali, un acteur clé dans le secteur des télécommunications dans la région.
Ce programme ambitieux ne se limite pas seulement à l’expansion des infrastructures, mais inclut également une initiative écologique majeure : le remplacement des groupes électrogènes traditionnels par des équipements solaires. Cette transition vers des sources d’énergie renouvelables est prévue pour entraîner une réduction significative des émissions de dioxyde de carbone, avec une estimation de plus de 8 000 tonnes de CO₂ évitées chaque année, selon les données fournies par la Société financière internationale (IFC).
Cette évolution s’inscrit dans un contexte plus large, répondant à des défis communs rencontrés par de nombreux pays africains. En effet, une analyse approfondie publiée en juillet 2025 par CrossBoundary Energy révèle que près de 70 % des 500 000 tours de télécommunications à travers le continent dépendent encore du diesel pour leur fonctionnement. Cette forte dépendance au combustible fossile entraîne des coûts d’exploitation exorbitants, représentant entre 30 et 60 % des dépenses totales pour les sites isolés, où l’accès à des sources d’énergie alternatives est souvent limité.
Notons qu’en intégrant des solutions combinant l’énergie solaire et des systèmes de batteries, il devient possible de réduire ces coûts opérationnels tout en minimisant les interruptions de service causées par des coupures d’électricité fréquentes ou des difficultés d’approvisionnement en carburant. Ainsi, cette initiative ne vise pas seulement à améliorer l’efficacité économique d’Orange Mali, mais également à contribuer à un avenir énergétique plus durable pour l’ensemble de la région, en favorisant l’accès à des services de télécommunication fiables et écologiques.
Mariam KONE

