Microfinances :  À la fin décembre 2025, Baobab Côte d’Ivoire affiche un encours de crédits atteignant 209 milliards FCFA

Date:

(CROISSANCE AFRIQUE)-Baobab Côte d’Ivoire se prépare à franchir une nouvelle étape significative dans son développement, marquant ainsi un tournant dans son histoire. Lors d’une conférence de presse qui s’est tenue le vendredi 23 octobre à Abidjan, l’institution a célébré avec fierté ses quinze années d’activité sur le marché de la microfinance.

Ce moment a été l’occasion de présenter ses performances financières impressionnantes, tout en dévoilant ses ambitions audacieuses pour l’avenir, tant à moyen qu’à long terme. L’objectif affiché de Baobab Côte d’Ivoire est ambitieux : devenir la première institution de microfinance d’Afrique d’ici 2027. Cette vision ne s’arrête pas là, puisque l’institution aspire également à se positionner parmi les cinq premières institutions financières du continent d’ici 2035. Pour atteindre ces objectifs, Baobab prévoit de se mesurer non seulement aux autres acteurs de la microfinance, mais aussi aux banques traditionnelles et aux établissements de monnaie électronique, témoignant ainsi de sa volonté de rivaliser sur un marché en pleine évolution.

Cette ambition repose sur une croissance soutenue et stratégique de ses activités. À la fin décembre 2025, Baobab Côte d’Ivoire a affiché un encours de crédits atteignant 209 milliards FCFA, soit environ 356,3 millions de dollars. De plus, l’institution prévoit un portefeuille d’épargne de 103 milliards FCFA et des fonds propres s’élevant à 37 milliards FCFA. Ces chiffres témoignent d’une solide performance financière, renforcée par un bénéfice net de 10,7 milliards FCFA, en hausse par rapport aux 8 milliards FCFA réalisés en 2023. Sur les huit premiers mois de l’année, l’institution a démontré une résilience et une capacité d’adaptation remarquables, consolidant ainsi sa position sur le marché et préparant le terrain pour ses ambitions futures.

La clientèle de Baobab Côte d’Ivoire a connu une évolution significative, passant de 324 000 clients à la fin de l’année 2025 à près de 350 000 clients à la fin du mois d’août 2026, témoignant d’une dynamique de croissance impressionnante. Pendant cette même période, les effectifs de l’institution ont franchi le cap symbolique du millier de collaborateurs, atteignant un total de 1 000 employés, contre 929 à la clôture de l’exercice précédent. Ces chiffres, présentés avec fierté par la direction, soulignent non seulement l’expansion de la clientèle, mais aussi l’engagement croissant de l’institution envers ses employés. 

En effet, Baobab Côte d’Ivoire représente à elle seule 28 % des encours de crédits du secteur ivoirien de la microfinance, ce qui en fait un acteur incontournable. De plus, elle détient 20 % de son total de bilan et 11 % de son épargne, des parts qui illustrent son poids dans l’économie locale. À l’échelle de l’Union monétaire ouest-africaine (UMOA), les parts de Baobab Côte d’Ivoire se chiffrent respectivement à 8 %, 5 % et 4 %, renforçant ainsi son statut de leader dans la région.

Ces performances remarquables placent l’institution au premier rang des établissements de microfinance de l’Union en matière de total de bilan, surpassant ainsi Baobab Sénégal, comme l’ont montré les comparaisons présentées lors de la conférence. La direction revendique également la première place en matière de rentabilité, se basant sur les dernières données institutionnelles comparables publiées par la BCEAO, qui remontent à 2023. Cette progression impressionnante intervient dans un contexte où le secteur de la microfinance est en pleine mutation, avec des défis à relever et des opportunités à saisir, ce qui souligne l’importance stratégique de Baobab Côte d’Ivoire dans le paysage financier ouest-africain.

Pour Ruben Dieudonné, directeur général de Baobab Côte d’Ivoire, la performance de l’institution ne se limite pas seulement à la croissance de ses activités, mais s’évalue également à travers des critères plus subtils et révélateurs. En effet, la qualité du portefeuille de crédits est, selon lui, un indicateur déterminant de la santé financière de l’établissement. À ce titre, Baobab affiche un portefeuille à risque à 90 jours (PAR90) de 1,3 % à la fin de l’année 2025, un chiffre qui a légèrement augmenté pour atteindre 2,2 % à la fin du mois d’août 2026. 

Bien que cette hausse puisse sembler préoccupante, il est important de noter que ce ratio reste en deçà du seuil de référence de 3 % établi par la Banque Centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) pour les systèmes financiers décentralisés, ce qui témoigne d’une gestion prudente et efficace des risques.

Cette maîtrise du risque revêt une importance particulière pour Baobab, surtout en considérant les défis que l’institution a dû surmonter lors d’une période difficile en 2017. À cette époque, le PAR90 frôlait les 9 %, un chiffre alarmant qui révélait des failles dans le contrôle interne et des incidents de fraude, comme l’a souligné Ruben Dieudonné. En réponse à cette situation critique, la direction avait pris des mesures drastiques, engageant une réorganisation complète des procédures internes et renforçant les mécanismes de surveillance et de recouvrement. Ces efforts ont permis à l’institution de redresser sa situation et de se repositionner sur le marché, tout en maintenant un engagement fort envers la qualité de son portefeuille de crédits et la satisfaction de ses clients.

Créée sous le nom de Microcred Côte d’Ivoire en octobre 2010, l’institution a évolué pour devenir Baobab en 2019, marquant ainsi une étape significative dans son développement. Depuis sa création, Baobab s’est engagée à soutenir les microentrepreneurs et les petites entreprises, qui souvent peinent à accéder aux services bancaires traditionnels. 

Cette institution financière innovante a pour mission de répondre aux besoins spécifiques de ces entrepreneurs en leur offrant des solutions de financement adaptées. Aujourd’hui, elle propose une gamme de crédits allant de 100 000 à 700 millions FCFA, conçus pour financer divers besoins, notamment le renforcement de la trésorerie, les investissements dans des projets d’envergure, les activités agricoles vitales pour l’économie locale, ainsi que le soutien aux jeunes entreprises en phase de démarrage.

La répartition de son portefeuille de prêts est cependant influencée par la définition adoptée pour les petites et moyennes entreprises (PME). Selon les informations fournies par la direction de Baobab, les financements qui dépassent 60 millions FCFA constituent environ 20 à 25 % de l’encours total, ce qui témoigne d’une volonté de soutenir des projets de plus grande envergure. En revanche, si l’on abaisse le seuil à 20 millions FCFA, la part des financements alloués à cette catégorie de PME grimpe à près de la moitié du portefeuille, illustrant ainsi l’engagement de l’institution à répondre aux besoins variés de ses clients.

Lors d’une récente interview, Ruben Dieudonné, un des responsables de l’institution, a été interrogé sur l’accompagnement des entrepreneurs du secteur informel vers la formalisation de leurs activités. Il a expliqué que Baobab privilégie un soutien personnalisé et adapté, visant à guider ces entrepreneurs à travers les différentes étapes nécessaires pour formaliser leurs opérations. Cette approche est essentielle pour aider les entrepreneurs à naviguer dans le paysage complexe des exigences administratives et réglementaires, tout en leur offrant les outils nécessaires pour réussir dans un environnement économique en constante évolution.

Pour renforcer sa couverture territoriale et assurer un meilleur accès à ses services, Baobab a établi un réseau impressionnant de 38 agences et points de service, stratégiquement situés dans diverses régions du pays. Ce maillage dense permet à l’institution de se rapprocher de ses clients, facilitant ainsi les interactions et les transactions. En outre, Baobab a su s’entourer de près de 300 correspondants, des partenaires locaux qui jouent un rôle crucial dans la diffusion de ses services et l’accompagnement des clients dans leurs démarches. Dans un monde en constante évolution, l’institution ne se contente pas de cette expansion physique, mais développe également ses services numériques pour répondre aux attentes croissantes des utilisateurs. Parmi ces innovations, on trouve une application mobile conviviale qui permet aux clients de gérer leurs comptes et d’effectuer des transactions en toute simplicité.

Notons que Baobab a intégré ses services à la plateforme de paiement instantané interopérable de l’Union Monétaire Ouest Africaine (UMOA), un projet ambitieux lancé en septembre 2025, qui vise à faciliter les paiements entre différentes institutions financières dans la région. Cette initiative témoigne de l’engagement de Baobab à moderniser ses offres et à s’adapter aux nouvelles technologies, tout en renforçant sa position sur le marché financier.

croissanceafrik
croissanceafrikhttp://croissanceafrique.com
Croissance Afrique (sarl) est un Média multi-support qui propose plusieurs rubriques axées sur l’actualité économique du continent. Le magazine est un journal (en ligne dont un mensuel disponible dans les kiosques à journaux) qui traite spécialement les informations financières dédiées à l’Afrique. Il est également le premier média malien spécialisé dans la production d’Informations Économiques, financières, Stratégiques, et orienté vers le reste du monde. Le Magazine a été fondé en Novembre 2017 à Bamako.

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

Partager:

Populaires

Lire aussi
RELATIFS

Gabon:  une Médiation financière nationale » pour faciliter le règlement amiable des litiges

(CROISSANCE AFRIQUE)-Au Gabon, un événement marquant s'est déroulé le...

Banques: la BOA Niger affiche un bénéfice net de 6,29 milliards FCFA en 9 mois

(CROISSANCE AFRIQUE)-Au Niger, la Bank Of Africa (BOA) est...

Au Bénin, le FIGPME obtient son agrément d’établissement financier à caractère bancaire, délivré par la BCEAO

(CROISSANCE AFRIQUE)-Au Bénin, une étape significative a été franchie...