(CROISSANCE AFRIQUE)-Au Nigeria, le Ministère du Développement de l’Élevage a inauguré le 9 avril dernier un groupe de travail technique, une initiative cruciale qui vise à définir des mesures concrètes et efficaces dans la lutte contre la péripneumonie contagieuse bovine (CBPP), une maladie qui menace gravement le cheptel national.
Cette maladie bactérienne contagieuse, redoutée par les éleveurs, se manifeste par une série de symptômes alarmants, notamment une perte d’appétit marquée, de la fièvre intense, une augmentation de la fréquence respiratoire, une toux persistante, ainsi qu’un écoulement nasal. Les animaux atteints souffrent également d’une respiration difficile et douloureuse, ce qui peut entraîner une détérioration rapide de leur état de santé.
D’après l’Organisation mondiale de la santé animale (OMSA), cette maladie, dont les signes cliniques ne sont pas toujours évidents, est particulièrement insidieuse, car elle peut être associée à un taux de mortalité alarmant pouvant atteindre 50 %.
Selon un communiqué publié sur le site officiel du ministère, la nouvelle task force mise en place servira de guide stratégique pour l’élaboration d’un cadre national de contrôle, cohérent et applicable, qui vise à renforcer le système de surveillance existant. Ce cadre a pour objectif d’améliorer l’efficacité des programmes de vaccination contre la CBPP, en s’assurant que les éleveurs disposent des outils et des connaissances nécessaires pour protéger leur bétail. Cette initiative intervient à un moment critique, alors que le pays fait face à des défis croissants liés à la santé animale, exacerbés par des conditions climatiques changeantes et des pratiques d’élevage parfois inadéquates. En mobilisant des experts et en favorisant une approche collaborative, le ministère espère non seulement réduire l’incidence de cette maladie dévastatrice, mais aussi promouvoir un élevage durable et responsable à travers le pays, garantissant ainsi la sécurité alimentaire et le bien-être des communautés rurales.
Les données minutieusement compilées par la NAERLS révèlent une situation alarmante concernant la santé du bétail dans l’État de Taraba, où la maladie a touché un total de 3 500 bovins au cours de l’année 2024. Cette épidémie a entraîné la mort tragique de 700 animaux, tandis que 138 têtes ont dû être abattues dans le but urgent de limiter la propagation de cette maladie. Ces pertes considérables ont des répercussions directes sur la disponibilité des produits animaux, notamment le lait et la viande, à un moment où le gouvernement nigérian aspire à accroître la production de ces ressources vitales pour la population.
Cette situation devient d’autant plus préoccupante lorsque l’on considère que le Nigeria est également confronté à d’autres maladies endémiques qui affectent gravement les bovins, telles que la fièvre aphteuse (FMD) et l’anthrax. Ces maladies pèsent lourdement sur les performances du bétail, aggravant ainsi les défis auxquels font face les éleveurs. De plus, il est important de noter que la majorité des bovins au Nigeria sont élevés dans un système pastoral, géré par des éleveurs nomades et semi-nomades.
Ce mode d’élevage, bien qu’ancré dans la tradition, présente une productivité relativement faible par rapport aux pratiques de gestion intensive qui pourraient optimiser la santé et la production du bétail.
En 2024, la taille du cheptel bovin au Nigeria était estimée à environ 64,8 millions de têtes, selon les évaluations de la NAERLS. Cette vaste population de bovins représente non seulement une source essentielle de revenus pour de nombreuses familles, mais également un élément crucial de la sécurité alimentaire du pays.
Notons que face à ces défis sanitaires, il est impératif que des mesures efficaces soient mises en place pour protéger la santé du bétail, améliorer les conditions d’élevage et garantir un approvisionnement stable en produits animaux pour répondre aux besoins croissants de la population.
Abdoulaye KONÉ

